Les étoiles et la Voie lactée visibles dans le ciel au-dessus de la forêt des « cèdres de Dieu » à Becharré, au Liban-Nord, le 10 juillet 2021. Photo Ibrahim Chalhoub/AFP
Les amateurs d’astronomie ont rendez-vous avec le ciel dans la nuit de mercredi à jeudi : il leur suffira de lever les yeux. La pluie annuelle des Perséides, qui se déroule cette année du 17 juillet au 24 août, doit atteindre son pic dans la nuit du 12 au 13 août, offrant l’un des spectacles célestes les plus attendus de l’année. Et les conditions s’annoncent particulièrement favorables cette année au Liban : le phénomène coïncide avec une nouvelle lune, qui laissera le ciel plongé dans l’obscurité et permettra de distinguer davantage de météores.
Le meilleur moment pour lever les yeux se situera entre minuit et l’aube de jeudi, l’activité devant s’intensifier à mesure que le lever du soleil approche. Selon la NASA, les Perséides figurent parmi les pluies de météores les plus importantes et les plus populaires de l’année. Sous un ciel parfaitement sombre et dans des conditions idéales, leur activité peut atteindre autour d’une centaine de météores par heure lors du pic. Pas besoin, surtout, de télescope ni de jumelles : le spectacle est à observer à l’œil nu.
Mais d’où viennent ces « étoiles filantes » ? Les Perséides sont produites par les débris laissés dans l’espace par la comète 109P/Swift-Tuttle. Chaque année, lorsque la Terre traverse ce nuage de poussières et de petits fragments, ceux-ci pénètrent à très grande vitesse dans l’atmosphère terrestre et se consument, produisant les traînées lumineuses visibles depuis le sol. Les particules à l’origine des Perséides pénètrent dans l’atmosphère à environ 59 kilomètres par seconde.
Où les observer au Liban ?
Pour profiter au mieux du spectacle, il faut avant tout fuir la pollution lumineuse. Interrogé par L’Orient-Le Jour les années précédentes, Jean-Pierre Saghbini, président de l’association UniversCiel et ancien coordinateur national de l’enseignement de l’astronomie pour l’Union astronomique internationale, recommandait de privilégier les zones situées en altitude, où l’humidité et la pollution lumineuse sont faibles. « Éteignez les lampes pour allumer les étoiles », conseillait-il. Des régions montagneuses comme Tannourine, Denniyé, Zaarour ou Faraya offrent ainsi de bonnes conditions d’observation lorsque le ciel est particulièrement sombre et dégagé. L’idéal est de choisir « toute zone située à 1 000 mètres au-dessus du niveau de la mer », avec un endroit ouvert, offrant le champ de vision le plus large possible et éloigné des lumières des habitations et des routes.
Cette année, la nouvelle lune constitue un atout supplémentaire. Contrairement à une lune brillante, susceptible de masquer les météores les moins lumineux, l’absence de clair de lune offrira un ciel particulièrement sombre au moment du pic des Perséides.
Le ciel de ce 12 août offre donc une succession inhabituelle de phénomènes astronomiques : une nouvelle lune, les Perséides et une éclipse solaire dans certaines régions du globe – totale notamment en Espagne, en Islande et au Groenland, mais non visible depuis le Liban. Pour les astronomes, en herbe ou aguerris, qui auront la chance d’observer ce dernier phénomène rare hors du Liban, soit totalement dans le nord de l’Espagne, soit partiellement en France, au Canada, dans le nord de l’Afrique de l’Ouest et aux États-Unis, n’oubliez pas de chausser sur votre nez les lunettes adéquates avant de regarder directement en direction du soleil... même s’il se cache.


