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Culture - Concert

En attendant Mozart

À l’église évangélique arménienne de Kantari, l’Orchestre national des jeunes du Liban a présenté un programme allant de la Renaissance à Mendelssohn.

En attendant Mozart

L’Orchestre national des jeunes du Liban, dirigé par Karim Saïd, lors de son concert du 17 juin à l’église évangélique arménienne de Kantari. Photo Nabil Ismaīl

L’Orchestre national des jeunes du Liban (The National Youth Orchestra of Lebanon), sous la baguette (peu inspirée) de Karim Saïd à l’église évangélique arménienne de Kantari, a entamé son concert par une excellente interprétation de l’hymne national libanais. C’était le morceau le plus réussi de la soirée.

Cette entrée en matière laissait espérer le meilleur. La suite du programme s’est pourtant révélée moins convaincante. D’abord avec des œuvres de trois compositeurs de l’époque de la Renaissance, des madrigaux transcrits pour les instruments à cuivre. Entre chaque morceau, certains instrumentistes changeaient de place et de chaise, comme dans ce jeu auquel nous jouions quand nous étions enfants : les chaises musicales. Quant à la Petite Musique de nuit de Mozart, elle était si petite qu’on se demandait parfois si Mozart n’avait pas composé une esquisse plutôt qu’un chef-d’œuvre.

Mais pour jouer Mozart, même le plus simple en apparence — et Dieu sait que c’est le plus périlleux pour les interprètes —, il faut encore autre chose. Il faut la grâce, la transparence et une sensualité frémissante.

Bref, cet esprit mozartien, on ne l’a pas senti vibrer dans cette interprétation d’une bonne santé sans problème. Cet ensemble, corps de l’orchestre de jeunes musiciens doués sans doute, a eu le tort de s’attaquer à Mozart un peu trop tôt dans sa jeune et sans doute brillante carrière.

C’est durant son séjour à Rome, Venise, Florence et Naples que Mendelssohn rapporta avec lui cette carte postale musicale qu’est sa Quatrième Symphonie.

Le maestro Karim Saïd attaque l’Italienne avec fougue. Mais l’essentiel n’est pourtant pas la vitesse, mais le dosage des effets, le dosage des timbres et l’articulation, particulièrement dans les mouvements extrêmes qui ont tendance à être bavards. Le nombre d’instrumentistes à cordes était trop important par rapport aux bois, c’est-à-dire aux flûtes, aux hautbois, aux clarinettes et aux bassons. Il ne suffit pas d’en restituer la beauté mélodique, encore faut-il faire respirer la lumière et éviter de manquer de spontanéité.

Le célèbre thème initial avançait avec correction plutôt qu’avec enthousiasme. L’Andante con moto, souvent considéré comme le cœur poétique de l’œuvre, souffrait d’un excès de sérieux. Le troisième mouvement retrouvait une certaine élégance, mais sans véritable relief : tout était bien à sa place.

Quant au Saltarello final, il manquait précisément ce caractère dansant et presque sauvage qui fait son irrésistible attrait. L’énergie était là, mais davantage mécanique que festive. L’Italie de Mendelssohn y perdait ses couleurs, son soleil et une part de son sourire.

En final, c’était un tintamarre éblouissant du maestro Karim Saïd qui terminait son concert avec Dans le hall du roi de la montagne, extrait de Peer Gynt d’Edvard Grieg.

L’Orchestre national des jeunes du Liban (The National Youth Orchestra of Lebanon), sous la baguette (peu inspirée) de Karim Saïd à l’église évangélique arménienne de Kantari, a entamé son concert par une excellente interprétation de l’hymne national libanais. C’était le morceau le plus réussi de la soirée.Cette entrée en matière laissait espérer le meilleur. La suite du programme s’est pourtant révélée moins convaincante. D’abord avec des œuvres de trois compositeurs de l’époque de la Renaissance, des madrigaux transcrits pour les instruments à cuivre. Entre chaque morceau, certains instrumentistes changeaient de place et de chaise, comme dans ce jeu auquel nous jouions quand nous étions enfants : les chaises musicales. Quant à la Petite Musique de nuit de Mozart, elle était si petite qu’on se...
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