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Sous-développement durable


Incroyable mais vrai, Istiz Nabeuh a eu une idée ! Dans le prolongement de sa petite bisbille avec le Châtelain de Baabda, il s’est creusé le bulbe pour torpiller le document tripartite griffonné dernièrement à Washington, afin de complaire à ses petits frères barbus. Faut dire que ces derniers n’ont plus grand-chose à libérer, au rythme avec lequel Bibi le Nataniais démolit les villages du Sud et concasse régulièrement la banlieue chiite de la capitale.

Qu’a donc inventé notre ami, calfeutré dans son clapier de Aïn el-Tiné, dont il a fait depuis lulure une extension du Parlement ? Lui, faut pas lui demander si dans tel ou tel dossier l’impact des charges financières et amortissements sur le PIB est inversement proportionnel à la racine carrée des dividendes non privilégiés. Ce n’est pas son genre de beauté. Alors il a pondu des phrases qui ne mangent pas de pain, du genre : « Seuls un cessez-le-feu et un retrait simultané permettront de voir le bout du tunnel » ; « Le Liban ne peut voler qu’avec ses deux ailes » ;

« Ni vainqueur ni vaincu »… Sauf que les niaiseux qui y croient encore n’ont jamais été informés de la longueur exacte du tunnel afin d’en voir le bout, que le truc des deux ailes n’explique pas pourquoi dans ce pays de bouffons les communautés se sont allègrement massacrées pendant des siècles. Quant à la farce du « ni vainqueur ni vaincu », tous les Libanais savent que les vainqueurs sont généralement sans cœur, et les vaincus bien au-delà de vingt.

Mais le procédé continue d’impressionner l’idolâtre de base du vieux barbon. Rien ne changera dans son existence pourrie, son électricité prostatique, son niveau de vie minable, sa fiche de paie misérable, mais il suffit que le patron soit content pour que le nirvana diffuse dans son caleçon.

En face, il n’y a pas de quoi jubiler non plus, et l’on poursuit la bonne vieille praxis de la politique arabe basée sur des réflexes pavloviens. Qui donc a-t-on envoyé à Islamabad pour mariner dans la tambouille libano-iranienne ? Un ambassadeur chevronné ? Un diplomate de carrière avec deux ou trois ronds de finesse dans le caberlot, un émissaire spécial qui a aiguisé son mental et élimé son futal au gré des missions qui lui ont été confiées ? Que nenni, on n’a pas trouvé mieux qu’un militaire pour le plonger dans le cambouis. Un bidasse dans la mélasse ! Et quel militaire ! Le béret le plus étoilé de l’armée, théoriquement tenu à un strict devoir de réserve ! Celui-là même qui nous avait vendu le désarmement du Parti barbu au sud du Litani. Si le Liban n’était pas déjà dans un état pitoyable, on aurait eu des craintes pour son image.

Au-dessus de cette mêlée baroque, plane enfin l’inénarrable Trumpinator qui oscille entre Néron et Mère Theresa. Le tout est de deviner à partir de combien de swings au juste sur son terrain de golf il optera pour l’âge de pierre au Moyen-Orient ou pour sa « vision » d’Arabes, de Juifs et de Perses main dans la main, gambadant nus sur la plage en regardant dans la même direction ?

Allez savoir !

Voilà de quoi gamberger pour les médias qui ont du temps à perdre…

gabynasr@lorientlejour.com

Incroyable mais vrai, Istiz Nabeuh a eu une idée ! Dans le prolongement de sa petite bisbille avec le Châtelain de Baabda, il s’est creusé le bulbe pour torpiller le document tripartite griffonné dernièrement à Washington, afin de complaire à ses petits frères barbus. Faut dire que ces derniers n’ont plus grand-chose à libérer, au rythme avec lequel Bibi le Nataniais démolit les villages du Sud et concasse régulièrement la banlieue chiite de la capitale. Qu’a donc inventé notre ami, calfeutré dans son clapier de Aïn el-Tiné, dont il a fait depuis lulure une extension du Parlement ? Lui, faut pas lui demander si dans tel ou tel dossier l’impact des charges financières et amortissements sur le PIB est inversement proportionnel à la racine carrée des dividendes non privilégiés. Ce n’est pas son genre de...
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