Le président libanais Joseph Aoun (à droite) avec Charles Arbid, président du Conseil économique, social et environnemental (à gauche), le 20 mars 2026 au Palais présidentiel de Baabda. Photo X/@LBpresidency
Le président Joseph Aoun a affirmé mercredi que la réforme au Liban « doit commencer de l’intérieur et non de l’extérieur », insistant sur la nécessité de « rouvrir les marchés arabes, notamment ceux du Golfe », aux produits libanais, ainsi que de « restaurer la confiance » entre l’État, les citoyens et la communauté internationale, selon la présidence libanaise sur X.
« La réforme commence de l’intérieur et non de l’extérieur, et le Liban est riche en ressources humaines, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, et il est important de mobiliser ses ressources et de leur donner les opportunités appropriées », a déclaré M. Aoun. « Je poursuis mes efforts pour rouvrir les marchés arabes, notamment ceux du Golfe, aux produits libanais, et nous travaillons également à restaurer la confiance qui a été fragilisée par plusieurs facteurs durant la période », a-t-il également assuré.
Le Liban reste engagé dans un processus de réouverture progressive des marchés du Golfe, après plusieurs années de fortes restrictions commerciales, notamment depuis la crise diplomatique et les tensions régionales de 2021. Depuis cette période, plusieurs pays du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, avaient gelé ou fortement limité les importations de produits libanais, notamment agricoles, après des saisies de drogue dissimulée dans des cargaisons exportées vers le royaume.
S’exprimant devant l'Assemblée générale du Conseil économique, social et environnemental au palais présidentiel de Baabda, il a affirmé que la crise du Liban « ne peut pas être résumée comme une simple crise économique », mais constitue également « une crise de confiance entre l’État et le peuple, et entre le Liban et le monde extérieur ». « Par les capacités que vous représentez, au niveau du Conseil et individuellement, constituez un pont pour reconstruire cette confiance, et nous comptons sur vous pour cela et nous vous soutenons dans vos missions, à partir de l’importance de renforcer votre rôle dans ce contexte en plus de vos missions », a-t-il déclaré aux membres du Conseil.
Joseph Aoun a également exhorté les membres du Conseil à rester activement impliqués dans le processus législatif, affirmant : « Vous devez jouer votre rôle même dans les lois qui sont émises au Parlement, ne le négligez pas et ne laissez personne prendre votre place ».
Abordant la situation générale du pays, le chef de l’État a estimé qu’aucun pays n’est intrinsèquement pauvre ou en faillite, mais que les États échouent lorsque leurs ressources sont mal gérées. « Même si toutes les richesses du monde se trouvaient sous notre sol, il serait impossible d’y investir sans une bonne gouvernance », a-t-il déclaré.
Le président a enfin exprimé l’espoir que la crise actuelle et les souffrances des Libanais, « en particulier de nos compatriotes du Sud », prennent bientôt fin afin que le Liban puisse « retrouver le bon chemin ». Selon le ministère libanais de la Santé, les attaques israéliennes depuis le 2 mars ont fait 3 073 morts dans le pays.


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