L’un des sentiers de la magnifique cédraie de Maasser el-Chouf, l’une des trois que compte la réserve des Cèdres du Chouf. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Avec les fléaux, les sécheresses successives et les incendies annuels aggravés par le changement climatique, ou encore les attaques israéliennes au cours de ces trois dernières années, les forêts libanaises perdent leur santé. Pour tenter de la leur restaurer, une campagne nationale a été lancée mercredi par le ministre de l’Agriculture Nizar Hani, se fondant sur une approche plus globale et scientifique de ces milieux naturels qui font la richesse du Liban. Son slogan : « Nous n’avons pas d’autre Liban… protégeons ce qu’il en reste. »
« Le ministère de l’Agriculture adopte une méthodologie scientifique et préventive dans la gestion des forêts, par le biais d’un comité d’experts qui surveille les maladies et les fléaux, évalue l’état des forêts et met en place les plans scientifiques d’intervention pour leur protection », a déclaré M. Hani au cours d’une conférence de presse à son bureau. Une stratégie, ajoute-t-il, qui se fonde sur une meilleure surveillance, l’utilisation de techniques modernes comme les drones, le renforcement de la coopération entre différents acteurs (notamment entre municipalités et administrations publiques) et des réformes législatives. « Il existe un nouveau projet de loi élaboré par le ministère de l’Agriculture, actuellement en cours d’examen dans les commissions parlementaires mixtes », a indiqué celui qui a longtemps été directeur de la réserve naturelle des Cèdres du Chouf, sans donner plus de détails.
Dans ce contexte, la nouvelle campagne nationale sur la santé des forêts, selon le communiqué officiel, vise à sensibiliser sur les menaces contre les espaces verts, à l’instar des maladies, des bouleversements climatiques ou encore des pressions liées aux activités humaines. Elle est conçue pour renforcer le concept de gestion durable des forêts, celles-ci étant des havres de biodiversité, essentielles pour empêcher la dégradation des ressources naturelles. La campagne comprendra une série d’activités de sensibilisation, dans les médias ou à caractère culturel, durant les mois à venir. Elle permettra également de publier des papiers scientifiques vulgarisés sur les moyens de protéger les espaces verts.
Cette campagne repose sur une collaboration entre l’administration publique, représentée par le ministère de l’Agriculture, la société civile, notamment l’ONG « Lebanon Reforestation Initiative » (LRI), le secteur académique avec l’Université de Balamand, et le secteur privé avec l’opérateur de téléphonie mobile Touch.
Le Liban est connu pour ses forêts méditerranéennes, et a classé plusieurs sites en tant que réserves naturelles depuis la fin des années 90. Les mauvaises pratiques comme l'abattage illégal, les abus menant aux incendies ou encore les conflits de ces dernières années, lui font perdre des hectares précieux chaque saison. Les aléas climatiques ont un effet grandissant sur les forêts : la sécheresse exceptionnelle de l'hiver 2024-2025 s'est traduite par une mortalité excessive dans plusieurs espaces verts au Liban.



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