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Nos lecteurs ont la parole

Le Liban pris au piège entre deux négations

Des morts et des ruines par l’affrontement entre les Iraniens et les Israéliens. Deux négations qui s’opposent, se battent sur notre sol et aussi entre elles sur leurs terrains respectifs. Les responsables des deux pays se réclament d’un même Dieu mais avec deux lectures différentes. Sur ce théâtre l’Amérique joue un grand rôle de façon apparente du côté d’Israël. La Russie et la Chine en font autant en coulisses en soutien à l’Iran.

Rappelons-nous la prédiction de Napoléon : « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera. » Et le livre d’Alain Peyrefitte en 1973, Quand la Chine s’éveillera. La Chine plus perfide poursuit l’enseignement du stratège Sun Tzu : « Le bon général est celui qui sait vaincre sans combattre. »

Dans le tourbillon régional et le désordre global, nous touchons à l’éclosion d’une guerre mondiale qui ne dit pas son nom à ce jour. Habitués à dire « les événements du Liban », on se voit noyés dans un grand conflit qui nous dépasse et qui fait éclater le pays. C’est le jeu des grandes puissances et le déchaînement des passions de tous bords. C’est le duel des volontés par une violence extrême jusqu’à la capitulation. Face à cet Orient compliqué, les idées simples ne suffisent plus ni pour le comprendre ni pour agir. C’est le « choc des civilisations » de Samuel Huntington. Une opposition culturelle qu’il appelle « civilisationnelle » où la religion prend une place dominante avec des relations conflictuelles.

Le Liban, jeune pays tant souhaité, s’est bâti grâce à une double abnégation.

D’un côté les musulmans renonçaient à se fondre dans les pays arabes musulmans, et les chrétiens à demander la protection de la France. Cela n’a pas empêché l’Égypte, l’Arabie saoudite, les Palestiniens, les Libyens, les Syriens et enfin l’Iran et d’autres grands pays aussi à intervenir au Liban. Les accords de Taëf ont apporté quelques arrangements qui n’ont pas trouvé application pour stabiliser le contrat social. Le choc actuel Iran-Israël ne fait que perturber ce contrat social et semer la discorde et les malheurs dans tout le pays. Les responsables devaient par une bonne gouvernance prêcher et appliquer le principe du vivre-ensemble. Certains politiciens pratiquent l’opposition malsaine et le vivre face à face au lieu de prêcher le vivre côte à côte. Dans l’arène des réseaux sociaux, il y a souvent plus de violence, d’agressivité et de haine. Une radicalité s’exprime pour étouffer la vérité et se détourner de la voie de la réconciliation et de la tolérance. C’est le monde de la « logocratie » où dominent le mensonge, la manipulation et des slogans qui déforment la réalité. Ici va dominer la haine qui embrume l’intelligence et entraîne la masse populaire vers des dérives mortifères. Dans un monde aussi violent, les personnes vont glisser vers l’extrémisme et le confort en noyant leurs convictions dans le moule rigide de leurs croyances. Face à cet embrasement régional, certains responsables libanais ravivent leur esprit milicien. Quelle paix sortira de ce déchaînement ? Le pays est en faillite, la corruption gouverne l’administration, la justice en veilleuse, la misère s’étend, le déplacement de la population s’ajoute aux morts et aux destructions. Le pays risque une fracture qui s’avance à grands pas.

Pour réorganiser le pays après la paix, plusieurs options sont offertes. Soit le fédéralisme, soit les cantons, soit la décentralisation. Pour l’avenir, il faut espérer l’avènement d’une nouvelle élite, des personnes de bonne volonté ayant le respect des grands principes. Des personnes qui cultivent la volonté du vivre-ensemble, loin des déviants et des extrémistes. Les penseurs, des hommes d’action peuvent bâtir le pays sur les principes du droit, de la liberté, du dialogue et de la tolérance. La guerre asymétrique que nous subissons semble difficile à soutenir longtemps. On peut transformer la souffrance en fierté mais au prix de beaucoup de morts, de pertes, de destructions et de traumatismes. Qui protégera nos frontières si ce n’est par la politique et le dialogue mené par les Libanais ?

Qui va discuter la cause palestinienne mondialement reconnue et qui mérite solution ? Rappelons notre situation où ce qui nous sépare est important, mais ce qui peut nous unir est possible et vital. On peut s’entendre sur la manière de défendre le pays en harmonie avec les pays arabes. Toujours et toujours, il faut raviver l’élan national et nous affranchir de la domination iranienne et de l’agression et la sauvagerie israéliennes. Leur guerre est une guerre idéologique qui cherche à vaincre l’adversaire jusqu’à son éradication. Les deux veulent déchirer le Liban et détruire l’État et nous éloignent des principes civilisationnels. Rester dans l’état de guerre nous éloigne de la raison et du bon sens. On doit espérer l’application des grands idéaux, des lois pour nous sortir de la folie et de la haine des agresseurs. L’État libanais a choisi d’être sur la table en tant que négociateur au lieu d’être sur la carte du menu. C’est la voie de la raison, de l’humanisme et de la liberté dont l’humain est capable. En sachant qu’il est capable du meilleur et du pire.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Des morts et des ruines par l’affrontement entre les Iraniens et les Israéliens. Deux négations qui s’opposent, se battent sur notre sol et aussi entre elles sur leurs terrains respectifs. Les responsables des deux pays se réclament d’un même Dieu mais avec deux lectures différentes. Sur ce théâtre l’Amérique joue un grand rôle de façon apparente du côté d’Israël. La Russie et la Chine en font autant en coulisses en soutien à l’Iran. Rappelons-nous la prédiction de Napoléon : « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera. » Et le livre d’Alain Peyrefitte en 1973, Quand la Chine s’éveillera. La Chine plus perfide poursuit l’enseignement du stratège Sun Tzu : « Le bon général est celui qui sait vaincre sans combattre. »Dans le tourbillon régional et le désordre...
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