Un bulldozer de l'armée libanaise construit des digues de sable pour bloquer un point de passage illégal entre le Liban et la Syrie. Photo X/Armée libanaise)
L'armée syrienne a déployé lundi des renforts à la frontière avec le Liban, notamment des chars, des véhicules blindés et de l'armement moyen, ont affirmé des sources sécuritaires et des habitants à notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah. Contactée par L'Orient-Le Jour, une autre source sécuritaire a indiqué que l'armée libanaise vérifiait toujours l'exactitude des informations qui circulent à ce sujet.
Suite à la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël le 2 mars dernier, la Syrie a renforcé son dispositif de sécurité le long de la frontière libanaise, avec des unités de lance-roquettes et des milliers de soldats. Selon les autorités syriennes, cette opération vise à empêcher le trafic d'armes et de drogue, ainsi qu'à bloquer l'entrée en Syrie du Hezbollah et d'autres groupes armés.
Les renforts envoyés lundi ont été positionnés derrière des digues de terre nouvellement construites, s'étendant du village syrien de Rablah à Hoch el-Sayed Ali, dans le caza du Hermel, rapporte notre correspondante. Les forces syriennes ont également interdit l'entrée et la sortie du territoire syrien à pied, alors que des points de passage illégaux étaient auparavant ouverts aux ressortissants syriens et libanais, précisent les mêmes sources.
Lundi, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) avait rapporté que les renforts comprenaient des lance-roquettes, des unités de combattants étrangers, des missiles et des drones « Shaheen ». D'après les sources de l'OSDH, ces renforts, en provenance de Qousseir, en Syrie, visent à « renforcer le déploiement de l'armée syrienne le long de la frontière et à contrer toute menace potentielle, dans un contexte de tensions croissantes dans la région ».L'OSDH ajoutait que la zone est le théâtre d'une « mobilisation tribale des clans fidèles au Hezbollah », afin de « sécuriser la frontière et de suivre les mouvements des forces syriennes ». Les sources de notre correspondant n'ont pas confirmé ces affirmations. En février et mars 2025, des affrontements entre des clans libanais alliés au Hezbollah et l'armée syrienne ont éclaté le long de la frontière, faisant au moins sept morts et des dizaines de blessés.
Plus tôt en mars, l'agence Reuters avait rapporté que les États-Unis avaient encouragé la Syrie à envisager l'envoi de forces dans l'est du Liban pour contribuer au désarmement du Hezbollah, ajoutant que Damas hésitait à s'engager dans une telle mission par crainte d'être entraîné dans le conflit régional et d'exacerber les tensions sectaires. Par la suite, l'envoyé américain pour la Syrie, Tom Barrack, a publié ce qui suit sur X : « Les informations selon lesquelles les États-Unis encourageraient la Syrie à envoyer des forces au Liban sont fausses et inexactes ».
Début mars, l'armée syrienne a accusé le Hezbollah d'avoir tiré des obus d'artillerie depuis le Liban sur le territoire syrien. Suite à cet incident, le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel téléphonique du président syrien Ahmad el-Chareh afin de discuter du renforcement de la frontière entre les deux pays.
Les voies d'approvisionnement du Hezbollah en provenance de Syrie sont coupées depuis la destitution de l'ancien président Bachar el-Assad en décembre 2024 par une coalition de miliciens islamistes. Les autorités libanaises et syriennes s'efforcent depuis des années d'endiguer la contrebande à travers cette frontière poreuse.


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