Le président libanais Joseph Aoun participant à une conférence de presse conjointe avec le président français Emmanuel Macron au palais de l'Élysée à Paris, le 28 mars 2025. Photo Sarah Meyssonnier/Reuters
Le président libanais Joseph Aoun a affirmé lundi que « la main qui portera atteinte à la paix civile sera tranchée », ajoutant que « les services de sécurité prennent des mesures fermes pour empêcher toute faille sécuritaire à travers des arrestations et la confiscation d’armes ».
Le chef de l’État a assuré que « personne au Liban ne souhaite le déclenchement d’une guerre civile ». Il a indiqué que « la situation dans le Sud est tragique en raison des graves violations commises par Israël », soulignant « la poursuite des contacts internationaux pour aboutir à des négociations avec la partie israélienne ». Ses propos interviennent à l'heure où le Liban connaît un regain d'inquiétude en raison du plan prévu de désarmement du Hezbollah réclamé par le gouvernement, et des vagues de déplacement massifs d'habitants majoritairement chiites du Liban-Sud, de la Békaa et de la banlieue sud de Beyrouth.
Selon des chiffres officiels, les attaques israéliennes contre le Liban ont fait plus de 1 240 morts, plus de 3 540 blessés et déplacé plus d’un million de personnes depuis le 2 mars. Pour tenter de mettre un terme à la guerre, Joseph Aoun propose des négociations directes avec l’État hébreu, à l'heure où le Hezbollah accorde la priorité aux combats sur le terrain.
« Des calculs qui dépassent les intérêts du Liban »
En recevant, lundi, une délégation du village de Borgholiyé (caza de Tyr), conduite par le président de la municipalité Mohammad Khodr al-Daoud, le Premier ministre Nawaf Salam a déclaré que « le sort des Libanais ne doit pas rester soumis à des calculs qui dépassent les intérêts du Liban et de son peuple ». Il a salué la résilience des habitants des localités du Sud, qui refusent de quitter leurs maisons malgré les menaces et avertissements israéliens. « La résilience de ces villages du Sud représente celle de tous les Libanais », a-t-il affirmé, assurant que l’État se tient aux côtés des populations du Liban-Sud et s’emploie à garantir l’acheminement de l’aide.
Le même jour, des ministres se sont réunis au Grand Sérail pour passer en revue la situation générale, en mettant l’accent sur les développements militaires et sécuritaires ainsi que sur les besoins des déplacés. À l’issue de la réunion, le ministre de l’Information, Paul Morcos, a indiqué que les participants ont jugé le niveau actuel de l’aide très insuffisant au regard de l’ampleur croissante des besoins. Il a également mis en garde contre la montée de discours sectaires et incendiaires, notamment sur les réseaux sociaux. M. Morcos a en outre évoqué les attaques répétées contre les journalistes, deux jours après la mort de quatre d’entre eux dans une frappe israélienne ayant visé leur véhicule à Jezzine. Il a précisé que le ministère de l’Information suit ce dossier de près et que le gouvernement, en coordination avec le ministère des Affaires étrangères, est appelé à agir.
S’agissant du carburant, les participants ont assuré que le diesel serait acheminé vers ses bénéficiaires, avec des mesures strictes pour lutter contre les fraudes dans sa distribution. Le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a fait état d’arrestations liées à des détournements de diesel, ainsi que des efforts déployés pour lutter contre les vols à la tire. Il a par ailleurs démenti, selon des propos rapportés par la chaîne al-Jadeed, toute présence d'armes dans les centres d'accueil des déplacés. De son côté, la ministre du Développement social, Hanine el-Sayyed, a indiqué que le niveau de l’aide dans le cadre de la guerre actuelle reste inférieur à celui des conflits précédents, soulignant la nécessité de renforcer le soutien international pour faire face à des besoins en constante augmentation.



Serieux????!!!!
22 h 13, le 31 mars 2026