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Nos lecteurs ont la parole

Le silence qui me répond

Je ne pense pas que la mort se limite à une simple disparition d’existence. Je pense que c’est une mutation du lien.

On dit qu’une personne nous quitte lorsqu’elle décède.

Cependant, j’ai du mal à accepter cette notion de séparation complète. Elle me semble trop basique, presque brutale. Comme si tout pouvait disparaître d’un instant à l’autre.

Parce que moi, je ressens encore quelque chose.

Une présence qui ne se manifeste plus par le regard, la parole ou les gestes. Une présence qui demeure invisible, mais constante. Comme une résonance qui ne veut pas s’évanouir.

Il m’arrive parfois de me surprendre à appeler cette personne.

Pas à haute voix, mais intérieurement. Il n’y a pas de réponse, du moins pas dans le sens traditionnel. Aucun mot ne se répète.

Cependant, le silence n’est pas dépourvu de contenu.

Ce silence contient, en lui, une sorte de réponse. Subtile, presque délicate. Comme si quelque chose me parvenait d’un autre lieu, d’une autre dimension, impossible à identifier.

On dirait que la relation a changé de langage.

Autrefois, tout était facile. Un mot, un regard, une présence. À présent, tout semble plus flou et plus lent. La présence a été déplacée. Elle existe dans les souvenirs, dans les actions que je reproduis sans être conscient, dans ces moments où tout s’apaise sans explication.

Ce n’est pas un vide total. C’est un vide peuplé. Un vide spirituel où l’autre n’est plus présent, sans pour autant être complètement absent. Un vide spirituel où l’autre n’est plus présent, mais pas complètement disparu non plus. Il ne me répond plus par des mots, mais avec une tranquillité étrange. Un silence qui s’exprime, mais qu’il est nécessaire d’apprendre à entendre.

Donc, je ne perçois plus la mort comme une conclusion.

Je l’envisage comme une métamorphose de la conversation.

Un passage vers un univers muet, où l’existence ne peut plus être démontrée, mais seulement perçue.

Et peut-être, au cœur de ce silence, quelqu’un me répond toujours.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Je ne pense pas que la mort se limite à une simple disparition d’existence. Je pense que c’est une mutation du lien. On dit qu’une personne nous quitte lorsqu’elle décède. Cependant, j’ai du mal à accepter cette notion de séparation complète. Elle me semble trop basique, presque brutale. Comme si tout pouvait disparaître d’un instant à l’autre. Parce que moi, je ressens encore quelque chose. Une présence qui ne se manifeste plus par le regard, la parole ou les gestes. Une présence qui demeure invisible, mais constante. Comme une résonance qui ne veut pas s’évanouir. Il m’arrive parfois de me surprendre à appeler cette personne. Pas à haute voix, mais intérieurement. Il n’y a pas de réponse, du moins pas dans le sens traditionnel. Aucun mot ne se répète. Cependant, le silence n’est pas dépourvu de...
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