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Nos lecteurs ont la parole

Le Liban, ce phare que la France refuse de voir s’éteindre

Il est des fidélités qui traversent les siècles sans jamais se démentir. Celle qui lie la France au Liban appartient à cette catégorie… rare, presque sacrée, où l’histoire se mêle à la mémoire et la politique à l’âme. Aujourd’hui encore, alors que le Liban vacille sous les bombes et ploie sous les roquettes, Paris demeure fidèle au poste, refusant que ce pays ne sombre dans l’oubli ou la disparition. La France ne prétend pas arrêter la guerre, mais elle agit là où elle le peut : dans la protection des civils et la préservation de ce qui peut être préservé. À Beyrouth, autour de l’aéroport, le long de cette route vitale qui relie le Liban au monde, la diplomatie française s’emploie, sans relâche, à contenir le pire. Ce sont des interventions discrètes, des pressions constantes, des négociations silencieuses et des incessants allers-retours… une présence, mais surtout, une volonté.

« Tant qu’il s’agira du Liban, les yeux de la France ne se fermeront pas. »

La formule d’Emmanuel Macron n’est pas qu’un mot, c’est un engagement. C’est l’Élysée qui parle par sa voix. La protection de ce territoire est un legs que les rois ont transmis aux présidents. Depuis le début de la crise, il n’a cessé de mobiliser les réseaux diplomatiques de la France, d’appeler, de convaincre, de rappeler aux puissants que le Liban ne peut être traité comme une variable d’ajustement. Paris joue un véritable ballet complexe, où chaque geste vise à maintenir le Liban à flot. Pour la France, le Liban n’est pas un pays comme un autre. Il n’est pas seulement ces 10 452 kilomètres carrés, ni ces millions d’habitants dispersés entre montagnes et littoral. Le Liban est un symbole. Un héritage. Depuis saint Louis jusqu’à Napoléon III, une même idée s’est transmise : celle d’un Orient où la France reconnaît une part d’elle-même.

Ce lien s’est incarné dans la protection des chrétiens du Mont-Liban, dans les premières imprimeries, dans les écoles, dans l’Université

Saint-Joseph de Beyrouth, dans la langue française qui a façonné des générations. Il s’est prolongé sous la République, avec Henri Gouraud, qui, de sa seule main valide, traça les frontières du Grand Liban, avec Charles de Gaulle et Georges Catroux, avec François de Grossouvre, proche du président Gemayel, et Jacques Chirac – dont l’amitié avec le Liban relevait presque de l’intime –, jusqu’à aujourd’hui.

Pour la France, le Liban est un phare. Un phare de culture, de liberté, de raffinement. Une terre où l’on parle en français, où l’on écrit en français… où l’on pense en français. Le Liban, c’est Amin Maalouf adoubé sous la voûte des Immortels, c’est Alexandre Najjar, le francophone enraciné au Levant, et toute cette multitude d’artistes, de juristes, de penseurs, de professeurs, de médecins qui ont fait de la France une terre d’écho et de rayonnement.

C’est pourquoi la France refuse que le Liban soit avalé, écrasé ou relégué aux oubliettes des intérêts internationaux. Là où d’autres puissances hésitent, calculent ou se retirent, Paris insiste.

Protéger le Liban aujourd’hui, ce n’est pas seulement défendre un territoire, c’est préserver une certaine idée de la France. Une idée faite de culture, de dialogue, de dignité.

Et tant que cette vigilance demeurera, le Liban ne sera jamais totalement seul.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Il est des fidélités qui traversent les siècles sans jamais se démentir. Celle qui lie la France au Liban appartient à cette catégorie… rare, presque sacrée, où l’histoire se mêle à la mémoire et la politique à l’âme. Aujourd’hui encore, alors que le Liban vacille sous les bombes et ploie sous les roquettes, Paris demeure fidèle au poste, refusant que ce pays ne sombre dans l’oubli ou la disparition. La France ne prétend pas arrêter la guerre, mais elle agit là où elle le peut : dans la protection des civils et la préservation de ce qui peut être préservé. À Beyrouth, autour de l’aéroport, le long de cette route vitale qui relie le Liban au monde, la diplomatie française s’emploie, sans relâche, à contenir le pire. Ce sont des interventions discrètes, des pressions constantes, des...
commentaires (2)

L'auteur évoque Henri Gouraud. Ce général s'était rendu, après la bataille de Khan Maysaloun (24 juillet 1920) sur la tombe de Saladin, où il avait dit : "Saladin, nous [les Croisés] sommes de retour !". Malheureusement, certains Libanais préfèrent glorifier le colonialisme - qui place le Liban et toute la région dans une situation d'infériorité - plutôt que de le combattre.

GA

19 h 22, le 30 mars 2026

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Commentaires (2)

  • L'auteur évoque Henri Gouraud. Ce général s'était rendu, après la bataille de Khan Maysaloun (24 juillet 1920) sur la tombe de Saladin, où il avait dit : "Saladin, nous [les Croisés] sommes de retour !". Malheureusement, certains Libanais préfèrent glorifier le colonialisme - qui place le Liban et toute la région dans une situation d'infériorité - plutôt que de le combattre.

    GA

    19 h 22, le 30 mars 2026

  • La France a eu deux grands présidents qui ont adoré le Liban de Gaulle et Jacques Chirac

    Eleni Caridopoulou

    01 h 54, le 27 mars 2026

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