Le ministre Barrot entouré des « gilets rouges » de l’ordre de Malte, devant la cuisine communautaire mobile. Photo fournie par l’OML
Dans un Liban éprouvé par la guerre et ses répercussions multiples, la visite du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, revêt une portée à la fois diplomatique et profondément symbolique. Au-delà des rencontres politiques, un geste à dimension humanitaire a marqué cette visite avec la découverte de l’action de l’ordre de Malte Liban (OML).
À Aïn el-Remmané, au cœur d’un centre médico-social devenu pilier de la réponse aux crises, M. Barrot, accompagné de la ministre de Développement social Hanine Sayyed et de l’ambassadeur de France au Liban Hervé Magro, a pu mesurer concrètement l’ampleur des besoins et l’efficacité des dispositifs déployés. La visite de l’entrepôt de médicaments, récemment approvisionné grâce au soutien de la France via notamment l’association Tulipe, a illustré une chaîne de solidarité internationale au service des plus vulnérables.
Dans une école voisine transformée en abri, desservie par l’OML en coordination avec les autorités, le ministre a découvert la réalité quotidienne des familles déplacées. Conditions d’accueil, accès aux soins, distribution alimentaire : autant de services essentiels assurés dans un contexte d’urgence permanente. La présence d’une cuisine communautaire mobile et de bénévoles de l’association –
que le ministre a baptisés « les gilets rouges » en raison de leurs dossards carmin arborant la croix de l’ordre de Malte –, distribuant le repas de l’iftar que le ministre a lui-même partagé, a ajouté une dimension humaine à cette immersion de terrain.
Cette visite a permis de mettre en lumière l’ampleur de l’engagement de l’ordre de Malte Liban, présent depuis 1957 dans les domaines de la santé et de l’action sociale, et actif depuis 2020 dans l’agro-
humanitaire. Il déploie aujourd’hui un réseau de 60 programmes couvrant l’ensemble du territoire, des zones frontalières du nord au sud, en passant par la Békaa. L’institution, apolitique et neutre, participe actuellement à la réponse de crise dans 88 abris et 17 communautés de déplacés internes, et adapte en permanence ses interventions pour répondre à l’évolution rapide des besoins.
Sur le terrain, la réponse humanitaire s’organise de manière intégrée : évaluations rapides, consultations médicales, distribution de médicaments, sensibilisation, soutien psychosocial pour les enfants, ainsi que distribution de repas et de kits essentiels. Les unités mobiles, qu’elles soient médicales ou alimentaires, garantissent une présence continue dans les zones les plus touchées.
Jean-Noël Barrot écoutant le témoignage d’une personne déplacée. Photo fournie par l’OML
Les chiffres des 16 derniers jours témoignent de cette mobilisation exceptionnelle : 3 610 services médicaux, 2 680 prestations pharmaceutiques, plus de 17 000 repas distribués et près de 500 kits de soutien psychosocial et éducatif fournis aux enfants. Autant d’actions qui traduisent une réponse à la fois massive et ciblée.
La visite de Jean-Noël Barrot a également rappelé le soutien constant de la France aux œuvres de l’ordre de Malte, notamment à travers des partenariats structurants avec l’Agence française de développement (AFD), King Salman Humanitarian Aid and Relief Center (KSrelief) et la Fondation Pierre Fabre, entre autres.
En choisissant de mettre en avant l’initiative humanitaire de l’OML, la diplomatie française envoie un message clair : dans les périodes de guerre, l’action humanitaire crédible, enracinée et impartiale est plus que jamais essentielle. Elle constitue non seulement un rempart contre l’effondrement social, mais aussi un vecteur d’espoir et de dignité.
Face à l’ampleur de la crise, l’OML réaffirme ainsi son engagement indéfectible : agir avec urgence, humanité et respect, pour que chaque personne affectée retrouve, au-delà de l’aide matérielle, une part essentielle de son humanité.

