Des invités écoutant les explications d’un membre de l’APJM dans la réserve, dont les ministres Laura el-Khazen Lahoud et Ghassan Salamé, au cours de la cérémonie, le 26 septembre. Photo envoyée par l’APJM
L’Association de protection de Jabal Moussa (APJM) a célébré samedi 18 ans d’engagement en faveur de cette zone classée réserve de biosphère de l’Unesco, dans une cérémonie qui a mis l’accent sur la protection environnementale, les découvertes archéologiques et les anciens et nouveaux projets de développement. Jabal Moussa, cette région du Kesrouan, est un véritable sanctuaire de biodiversité et d’histoire, haut lieu de l’écotourisme au Liban.
La cérémonie du 26 septembre 2026 a eu lieu au niveau de l’entrée de Kehmez, l’un des sept villages bordant la forêt (les autres étant Yahchouch, Jouret el-Thermos, Nahr el-Dahab, Ghbalé, Aabri et Chouwan), en présence, notamment, des ministres de la Culture, Ghassan Salamé, et du Tourisme, Laura el-Khazen Lahoud.
L’accent a été mis sur les importantes découvertes archéologiques dans la zone depuis 2009, d’autant plus que celles-ci sont au cœur du nouveau numéro de la revue Baal, dans son numéro XXI, publiée par la Direction générale des antiquités (DGA), relevant du ministère de la Culture. Des découvertes réalisées grâce à la coopération de plus d’une vingtaine d’experts libanais et étrangers.
L’archéologue Claude Doumit Serhal, qui a effectué des fouilles dans ce vaste territoire, en a parlé dans son intervention. Elle a reconnu que les découvertes dans ces lieux « ont dépassé de loin (ses) attentes ». « Nous avons compris le potentiel archéologique exceptionnel de Jabal Moussa, et, plus important encore, nous avons modifié notre vision des montagnes », a-t-elle dit. Elle a expliqué que les vestiges retrouvés couvraient une période énorme allant de l’âge de pierre à la période ottomane, dévoilant une réalité méconnue : que les montagnes sont loin d’être une zone dénuée d’habitants et isolée de son entourage, mais qu’elles ont été toujours une région vibrante et active, une partie intégrante de la vie durant les époques passées.
Entre Jabal Moussa et le LMT
Parmi les projets de l’APJM, le président de l’association, Pierre Doumet, a évoqué l’ouverture d’un nouveau sentier de randonnée qui relie Jabal Moussa aux sentiers mis au point par l’association « Lebanon Mountain Trail » (LMT), qui parcourt les cimes libanaises.
Quant à la directrice de l’APJM, Joëlle Barakat, elle a exposé les résultats d’un projet qui touche à sa fin, RES-MAB, qui a traité le domaine de la protection environnementale et du développement durable, dans le respect du lien eau-énergie-alimentation-écosystèmes. Ce projet aura permis de réhabiliter cinq points d’eau qui permettent d’irriguer près de 200 hectares de terres agricoles, de former des apiculteurs et leur distribuer des ruches, et d’apporter du soutien aux méthodes agricoles durables. Dans son mot, Joëlle Barakat a évoqué un projet qui permet de limiter les risques d’incendie par l’utilisation de la biomasse végétale pour le chauffage.