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Société - guerre au liban 2026

Villages chrétiens du Sud : les habitants quittent Alma el-Chaab, des déplacés évacués de Rmeich

Au lendemain de la mort d'un curé tué par des frappes israéliennes inédites sur Qlayaa, Mgr Béchara Raï et les FL lui ont rendu hommage et ont dénoncé une guerre menée par les « hors-la-loi » du Hezbollah.

Villages chrétiens du Sud : les habitants quittent Alma el-Chaab, des déplacés évacués de Rmeich

Des enfants cueillent des olives à Rmeich, dans le sud du Liban, le 23 octobre 2024, tandis qu'une frappe israélienne est visible dans l'arrière-plan. Photo d'archives Vincenzo Circosta/AFP

La pression monte sur les villages chrétiens du Liban-Sud, dont les habitants refusaient jusqu'à présent de quitter leurs maisons, au lendemain de frappes israéliennes inédites sur Qlayaa (Marjeyoun), qui ont tué le curé Pierre el-Raï. Sous la supervision et la protection de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), les résidents d'Alma el-Chaab (Tyr) ont finalement dû quitter leur village partir vers le nord, tandis qu'à Rmeich, un appel menaçant d'un individu se présentant comme issu de l'armée israélienne, a poussé les autorités locales à évacuer des déplacés venus de villages voisins vers Tyr.

Selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah, un moukhtar de Rmeich, Hassane el-Hage, a ainsi été appelé lundi soir par un individu qui s'est identifié comme un militaire israélien. Celui-ci dénonçait la présence dans le village de personnes venant des localités voisines de Aïtaroun, Yaroun et Bint Jbeil. L'interlocuteur a menacé Rmeich et affirmé que l'armée israélienne frapperait le village si ces déplacés venaient à entrer en contact avec le Hezbollah. « Nous ne voulons pas que votre village soit évacué. Mais si les déplacés sont en contact avec le Hezbollah, nous allons frapper et vous devrez quitter la ville », a déclaré l'interlocuteur au téléphone, selon un enregistrement de cet appel. À la suite de cet avertissement, M. el-Hage a indiqué que des mesures avaient été prises pour évacuer une cinquantaine de déplacés venant des villages voisins, notamment en leur trouvant des hébergements à Tyr.

Un autre moukhtar aurait également reçu un appel du même ordre. « Compte tenu des menaces, et sachant que la localité compte 6 500 habitants, nous ferons tout pour protéger notre population et nous ne laisserons pas nos propres habitants être déplacés eux aussi », a indiqué Hassane el-Hage. Selon une source présente dans le village, seuls les déplacés de confession chiite sont appelés à quitter les lieux. Des chrétiens venus d'autres villages de la région peuvent rester sur place.

« Personne ne restera » à Alma el-Chaab

Jusque-là, les villages chrétiens de l'extrême sud refusent de quitter les lieux, malgré les frappes et les appels à quitter toute la région du sud du Litani, où l'armée israélienne poursuit ses avancées terrestres. Toutefois, ceux d'Alma el-Chaab (caza de Tyr), ont été obligés de quitter les lieux sous la supervision de la Finul ce matin. Des images parvenues à L'Orient-Le Jour montrent une colonne de plusieurs dizaines de voitures prêts à suivre un véhicule des Casques bleus. Le président de la municipalité du village, Chadi Sayah, a affirmé à notre publication que la situation « est actuellement très chaotique. Nous évacuons complètement le village et tout le monde part, personne ne restera au village ». Dimanche, un septuagénaire avait été tué par un frappe israélienne de drone alors qu'il arrosait son potager dans cette localité.

Et lundi, des tirs d'artillerie inédits sur le village chrétien de Qlayaa, dans le caza de Marjeyoun, ont tué le curé de la paroisse du village, le père Pierre Miled el-Raï, et blessé cinq autres personnes. Dans ce contexte, le chef de l'État libanais Joseph Aoun s'est entretenu au téléphone avec le patriarche Béchara Raï et l’évêque maronite de Tyr, Charbel Abdallah, et leur a présenté ses condoléances à la suite du « martyre du prêtre de la paroisse » de Qlayaa, rapporte la présidence. Il a exprimé sa peine face à la perte du curé, qui « était un exemple de résilience et d’attachement des habitants du Sud à rester dans leurs villages et leurs villes ».

De son côté, Mgr Béchara Raï a exhorté mardi les autorités à agir sans tarder pour désarmer le Hezbollah, conformément aux décisions prises en ce sens par le gouvernement libanais. De son côté, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a dénoncé la présence d' « éléments infiltrés » du Hezbollah, contre lesquels étaient dirigés ces tirs. Un narratif qui recoupe celui de l'armée israélienne, qui avait dit avoir bombardé « une cellule du Hezbollah qui entrait sur un site situé dans un village chrétien » du Sud, qu'elle n'avait pas nommé. « Une version des faits démentie auprès de notre correspondant dans le Sud par le président de la municipalité, Hanna Daher, qui a dénoncé des « mensonges ». Aucune autre frappe n'avait visé de village chrétien lundi.

Les bombardements israéliens sur le Liban ont fait, selon le dernier bilan publié lundi par le ministère de la Santé, 486 morts et 1.313 blessés.

La pression monte sur les villages chrétiens du Liban-Sud, dont les habitants refusaient jusqu'à présent de quitter leurs maisons, au lendemain de frappes israéliennes inédites sur Qlayaa (Marjeyoun), qui ont tué le curé Pierre el-Raï. Sous la supervision et la protection de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), les résidents d'Alma el-Chaab (Tyr) ont finalement dû quitter leur village partir vers le nord, tandis qu'à Rmeich, un appel menaçant d'un individu se présentant comme issu de l'armée israélienne, a poussé les autorités locales à évacuer des déplacés venus de villages voisins vers Tyr.Selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah, un moukhtar de Rmeich, Hassane el-Hage, a ainsi été appelé lundi soir par un individu qui s'est identifié comme un...
commentaires (3)

Le Liban a signé un cessez le feu avec Israël en 1949 reconnaissant de facto ses frontières au sud dite aujourd'hui la ligne bleue. Le Liban n'avait, n'a et n'aura jamais de visée territoriale envers ses voisins que ce soit avec la Syrie, la Turquie ou Israël. Nous sommes heureux de garder nos 10.452Km2, si nous parvenons a le faire après la traîtrise du hezbollah. Le Liban se doit de faire la paix avec ses voisins Syriens comme Israéliens et même avec les poissons dans la méditerranée. Plus de guerre se doit d’être notre slogan et rien d'autre!

Pierre Christo Hadjigeorgiou

09 h 35, le 11 mars 2026

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Commentaires (3)

  • Le Liban a signé un cessez le feu avec Israël en 1949 reconnaissant de facto ses frontières au sud dite aujourd'hui la ligne bleue. Le Liban n'avait, n'a et n'aura jamais de visée territoriale envers ses voisins que ce soit avec la Syrie, la Turquie ou Israël. Nous sommes heureux de garder nos 10.452Km2, si nous parvenons a le faire après la traîtrise du hezbollah. Le Liban se doit de faire la paix avec ses voisins Syriens comme Israéliens et même avec les poissons dans la méditerranée. Plus de guerre se doit d’être notre slogan et rien d'autre!

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    09 h 35, le 11 mars 2026

  • L’israélien n’a aucun argument historique, biblique ou autre sur cette terre du Sud Liban. C’est à nous. Historiquement parlant, la Galilée entière fait naturellement partie de l’orbite de Tyr. Ou que vous creusez en Galilée, vous trouverez des statuettes de Baal et Ashtart et nous la revendiquons.

    Mago1

    16 h 42, le 10 mars 2026

  • Le Hezbollah detruit tout ce qu'il touche. Pire que la peste.

    Liban Libre

    16 h 17, le 10 mars 2026

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