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Nos lecteurs ont la parole

Celui qui frappe par l’épée périra par l’épée

Les États-Unis et Israël ont déclaré trois objectifs pour justifier le guerre contre l’Iran : se débarrasser d’un régime qui prône la disparition de l’État d’Israël, empêcher ce pays de se doter de l’arme nucléaire et détruire l’ensemble des installations qui y contribuent, et enfin détruire les capacités militaires de l’Iran et notamment ses missiles balistiques.

Le refus d’Israël de permettre au peuple palestinien de disposer d’un État et le massacre passé et présent de milliers de Palestiniens ont constitué un poison dans les relations entre l’Iran et Israël et nourri une haine réciproque. Mais la volonté des mollahs de tenter de se doter de l’arme nucléaire et, dans le même temps, de vouloir la destruction de l’État d’Israël est une idée insensée. Cette théocratie tyrannique porte une lourde responsabilité dans le déclenchement de cette guerre décidée par les États-Unis et Israël.

Le risque de la guerre a été pris et la guerre a commencé. Personne ne sait où elle nous conduira, pas même messieurs Trump et Netanyahu.

L’ayatollah Ali Khamenei a été tué le 28 février 2026, le premier jour des bombardements menés par les États-Unis et Israël. Assassiner le dirigeant d’un pays est la négation de tout le droit international. Certes, « le guide suprême iranien » était le symbole du régime répressif de la République islamique d’Iran, mais ce sont les gardiens de la révolution, les pasdaran, pilier de l’État iranien, qui contrôlent la société, l’appareil policier, et qui ont la mainmise sur l’économie du pays. Les missiles et autres bombes ne viendront pas à bout de l’appareil répressif iranien. Le plus souvent, quand un pays est attaqué, le peuple fait corps contre l’ennemi extérieur. Les opposants, la jeunesse, hommes et femmes qui exècrent ce régime ne seront pas en mesure d’affronter le pouvoir en place, et s’ils le faisaient, se feraient sans doute massacrer avec les armes qui sont entre les mains des pasdaran. Aujourd’hui, après l’entrée en guerre des États-Unis et d’Israël, les opposants sont considérés comme des traîtres à la nation et l’argument pour les éliminer est offert sur un plateau aux oppresseurs. Les 20 000 ou 30 000 Iraniens qui ont été tués lors des manifestations de rue de ces dernières semaines pourraient être bien plus nombreux à perdre la vie si une guerre civile devait arriver. Trump est bien gentil de leur dire de prendre le pouvoir, mais ce conseil est un leurre, une tromperie. Les Iraniens qui se réjouissent de la situation nouvelle risquent de ne pas s’en réjouir très longtemps. Malheureusement, ce scénario est à craindre car il est le plus probable.

Le deuxième objectif de cette guerre est d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. En 1970, l’Iran avait ratifié le traité de non-prolifération de l’arme nucléaire. Néanmoins tout laissait à penser que ce pays cherchait à s’en doter malgré ses engagements. Pourtant, un accord sur le nucléaire iranien avait été signé en 2015 en échange de la levée progressive des sanctions commerciales. Cet accord a été dénoncé unilatéralement par Donald Trump en 2018, probablement parce qu’il avait été signé par son prédécesseur Barack Obama. Le plus désespérant est que trois jours avant la guerre, grâce à la médiation du sultanat d’Oman, Téhéran avait accepté de ne plus stocker d’uranium enrichi. C’est alors qu’instantanément, les exigences de Washington se sont durcies au point de devenir inacceptables pour Téhéran et ressembler à un ordre de capitulation. La décision de frappes militaires avait été prise par Washington et il fallait que ces négociations échouent. Si cette guerre permettra sans doute de donner un coup d’arrêt à la fabrication de la bombe nucléaire sur le sol iranien, elle n’empêchera pas l’Iran de se procurer ces armes par un autre moyen ou de fabriquer « une bombe sale » avec quelques déchets radioactifs ou avec l’uranium enrichi dont elle dispose.

Le troisième objectif de cette guerre est de détruire le potentiel militaire de l’Iran. Celui-ci sera notablement amoindri mais ne sera pas détruit. Combien de semaines de bombardements seront nécessaires pour arriver à ce résultat ? Combien de victimes civiles ? Jusqu’où à cette guerre s’étendra-t-elle ? Aujourd’hui la guerre est en Iran, en Irak, au Liban, dans les pays du Golfe, et elle revient en Israël comme un boomerang. Quelles en seront les conséquences économiques si elle se prolongeait et si le détroit d’Ormuz était bloqué ? Quelle sera la réaction de la Russie, de la Chine et de la Turquie ? Comment réagiront les populations des pays arabes et musulmans ?

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne participeront-ils aux bombardements américano-

israéliens ? Ce serait une énorme faute historique si, d’aventure, ces pays le décidaient. L’ensemble des pays occidentaux perdraient alors immédiatement leur crédibilité et le droit international perdrait son sens. Nous serions alors mal placés pour donner des leçons d’humanité et de morale à Poutine ou à Xi Jinping.

En tant que Français, je veux dire au président Macron de ne pas se mêler de cette guerre de manière offensive par respect du droit international et pour préserver notre pays de toute action de représailles de nature terroriste.

Une chose est certaine : Trump et Netanyahu jouent avec le feu et mettent la paix du monde en danger. Par leur guerre d’agression, ils ont bafoué le droit international. L’Iran risque d’entrer dans le chaos économique et la guerre civile. Ce pays, aux multiples ethnies, pourrait imploser et accroître encore l’instabilité régionale.

Sans respect du droit international, ce serait la loi du plus fort et tout serait permis. Nous entrerions alors dans un monde de guerre généralisée et nous nous approcherions sans doute de la fin de l’humanité. La phrase prononcée dernièrement par le président Macron est terriblement angoissante. Je le cite : « Le demi-siècle qui vient sera un âge d’armes nucléaires. » Plus aucun chef d’État ne parle de bâtir un monde pacifique, tous parlent de s’armer pour se préparer à la guerre. Ils ont oublié les leçons des guerres passées.

Et ceux de nos dirigeants qui se revendiquent du Jésus de Nazareth feraient mieux d’écouter sa parole : « Celui qui frappe par l’épée périra par l’épée. »

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes. 

Les États-Unis et Israël ont déclaré trois objectifs pour justifier le guerre contre l’Iran : se débarrasser d’un régime qui prône la disparition de l’État d’Israël, empêcher ce pays de se doter de l’arme nucléaire et détruire l’ensemble des installations qui y contribuent, et enfin détruire les capacités militaires de l’Iran et notamment ses missiles balistiques.Le refus d’Israël de permettre au peuple palestinien de disposer d’un État et le massacre passé et présent de milliers de Palestiniens ont constitué un poison dans les relations entre l’Iran et Israël et nourri une haine réciproque. Mais la volonté des mollahs de tenter de se doter de l’arme nucléaire et, dans le même temps, de vouloir la destruction de l’État d’Israël est une idée insensée. Cette théocratie tyrannique...
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