Y-IMPACT est conçu comme une plateforme nationale réunissant jeunes et autorités locales.
Conçu comme une plateforme nationale réunissant jeunes et autorités locales, Y-IMPACT (Youth Involvement in Multi-Level Policy and Community Transformation) vise à relier le savoir académique aux politiques publiques, dans la perspective des efforts déployés en matière de réformes. Initié par le ministère d’État pour le développement administratif (OMSAR), l’Université américaine de Beyrouth (AUB) − à travers son Business Practice and Policy Initiative (Initiative sur les pratiques commerciales et les politiques) au sein de la Suliman S. Olayan School of Business − ainsi que par le bureau régional de l’Unesco à Beyrouth, Y-IMPACT a pour mission l’engagement des jeunes dans l’élaboration de politiques publiques réactives, inclusives et durables et dans la transformation des communautés. « Y-IMPACT est une plateforme où les jeunes, les décideurs publics, la société civile, les universitaires et les chercheurs se réunissent pour créer ensemble des solutions fondées sur la recherche, le dialogue et les besoins réels des communautés », affirme Raghda Kawass, spécialiste en gestion des connaissances et des politiques publiques au sein du Business Practice and Policy Initiative, avant de souligner que l’impact passe tout d’abord par les jeunes. « Le slogan du projet est : Du dialogue à l’action, de la jeunesse à l’impact. Ils sont appelés à devenir de futurs leaders. Si on ne les engage pas dans le dialogue et la prise de décision, leurs voix ne seront pas entendues. Y-IMPACT constitue une plateforme leur permettant de faire entendre leurs préoccupations », souligne-t-elle. En parallèle, cette initiative vise non seulement à combler le fossé entre jeunes et décideurs, mais aussi « à renforcer leur sentiment d’appartenance et de citoyenneté », d’une part, et de l’autre, « à rétablir leur confiance dans les institutions publiques ». « Sans les jeunes, il n’y a pas de renouvellement au niveau des idées ni d’inclusivité dans la prise de décision », ajoute Raghda Kawass.
Les thématiques reflèteront les défis des gouvernorats. Photos Y-IMPACT
Les thématiques reflèteront les défis des gouvernorats
Quant au pilotage du programme, il sera mené par le Business Practice and Policy Initiative qui en assurera la coordination, la mise en relation des acteurs, ainsi que l’encadrement académique, notamment au niveau de la recherche. « Nous allons former les jeunes à la rédaction de politiques publiques et à l’élaboration de recommandations. Nous faciliterons également un dialogue politique avec les principaux acteurs du secteur public, ainsi qu’avec des universitaires issus de notre corps professoral », poursuit-elle.Déployé jusqu’en juin, Y-IMPACT se déroulera successivement dans les huit gouvernorats du Liban, à raison d’un atelier organisé dans chacun d’eux. Le coup d’envoi a été donné le 17 février, lors du lancement de l’initiative au Grand Sérail, avec la tenue du premier atelier consacré au gouvernorat de Beyrouth. Quant à la participation des jeunes, sélectionnés suite à l’appel diffusé par les gouverneurs, chaque atelier peut en accueillir quinze, âgés entre 18 et 25 ans, toutes disciplines confondues. « Cette diversité est essentielle afin d’analyser les politiques publiques sous différents angles et non à partir d’une seule perspective », assure Raghda Kawass. Par ailleurs, les participants sélectionnés travailleront sur des thématiques spécifiques liées aux réalités de leurs régions. « Les thématiques sont définies en coordination avec les gouvernorats et l’OMSAR. À Beyrouth, la priorité identifiée par l’OMSAR porte sur la centralisation versus la décentralisation, ainsi que sur la question de la séparation des municipalités du ministère de l’Intérieur. Les jeunes travaillent actuellement sur ces notes de politiques publiques », poursuit-elle.
Raghda Kawass. Photo Hassan Nis
Intégration des recommandations dans la prise de décision
Se déroulant sur une journée, chaque atelier s’articule en trois temps. Tout d’abord, un panel réunit jeunes participants, décideurs publics, représentants de la société civile et universitaires, au cours d’un dialogue politique. Dans le cadre de cet espace d’échange direct, les jeunes exposent leurs préoccupations et les défis propres à leur gouvernorat, tandis que les représentants institutionnels en présentent les priorités. Ce dialogue permet d’identifier les enjeux-clés qui seront approfondis par la suite. La deuxième partie de l’atelier est consacrée à une formation en politiques publiques, assurée par le Business Practice and Policy Initiative à l’OSB. Les participants y acquièrent les outils méthodologiques nécessaires à la formulation de recommandations structurées.Enfin, la journée se conclut par un laboratoire de politiques publiques, dirigé par les jeunes. Répartis en groupes, ces derniers travaillent sur les thématiques choisies et élaborent, en fin d’atelier, un plan d’action, ainsi qu’une feuille de route en vue de la rédaction de leur note de politiques publiques. « En participant à la rédaction de notes de politiques publiques, les jeunes développent un sentiment d’appropriation. Par exemple, s’ils souhaitent agir sur la problématique des déchets dans leur communauté, cette plateforme leur permet de transformer leurs préoccupations en propositions concrètes », explique Raghda Kawass.En juin, les responsables du programme à l’AUB compileront l’ensemble des recommandations et des notes de politiques publiques qu’ils auront validées. Une cérémonie nationale sera organisée afin de soumettre ces recommandations aux principales parties du secteur public. L’engagement entre l’université et le gouvernement s’inscrit d’ailleurs dans la stratégie de l’AUB visant à soutenir l’agenda national de réforme du Liban et dans le cadre d’un protocole d’accord (MOU) avec l’OMSAR.À l’issue des ateliers, les participants auront développé des compétences collaboratives et en recherche. Ils auront également renforcé leurs capacités d’analyse et de réflexion critique. Le programme met par ailleurs l’accent sur une meilleure compréhension des mécanismes de renforcement des politiques publiques.Raghda Kawass note ainsi que « les jeunes sont équipés de manière à structurer leurs réflexions autour de trois questions fondamentales : quoi, pourquoi et comment. Cela leur permet de transformer leurs idées en des recommandations concrètes, prêtes à être traduites en politiques publiques ».À la fin du programme, les jeunes seront ainsi capables de proposer des solutions issues de leur propre analyse. « L’objectif majeur est le renforcement des compétences en recherche et en rédaction de politiques publiques. Les jeunes, issus de parcours divers, ne disposent pas tous de ces compétences au départ », rappelle la spécialiste en gestion des connaissances et des politiques publiques, ajoutant que la notion de politique publique ne se limite pas uniquement au secteur public, mais s’étend également au secteur privé et à la planification stratégique. « D’où la nécessité de l’élaboration de politiques fondées sur une recherche solide », indispensable lorsque l’on souhaite « générer un changement », conclut-elle en soulignant qu’il s’agit de la première étape du programme. « En fonction des résultats, nous pourrions envisager une deuxième phase afin d’élargir la participation à davantage de jeunes et, à terme, créer un cercle ou un laboratoire permanent de politiques publiques pour les jeunes ».


pardon d'etre aussi sceptique, "" impliquer les jeunes ? "" par exemple ceux aounistes ? ceux du duo infernal ? ceux des divers groupes sunnites aux noms REVELATEURS?
10 h 57, le 05 mars 2026