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Société - Justice Au Liban

Amnistie générale suspendue : des détenus entament une grève de la faim à Roumieh

Les prisonniers dénoncent un « marchandage politique » et ont appelé les habitants de Beyrouth, Saïda, Tripoli, Akkar, Ersal, la Békaa et d’autres régions libanaises à participer à des manifestations en leur faveur.

Amnistie générale suspendue : des détenus entament une grève de la faim à Roumieh

Des détenus de la prison de Roumieh organisent une manifestation le 14 septembre 2026. (Capture d’écran d’une vidéo envoyée à L’Orient Today par le Comité des familles de prisonniers au Liban)

Des détenus de la prison de Roumieh, la plus grande du Liban, parmi lesquels des islamistes détenus depuis plusieurs années, ont annoncé lundi entamer une grève de la faim pour protester contre la suspension de la loi d'amnistie générale, qui aurait permis à nombre d'entre eux d'être prochainement libérés. Dans un communiqué diffusé par le Comité des familles de prisonniers au Liban, un groupe de détenus annonce qu'ils vont arrêter de se nourrir et de boire. Ils ont également annoncé refuser tout traitement médical, y compris pour ceux souffrant de maladies chroniques telles que les affections cardiaques, le diabète ou l’hypertension.

L'amnistie générale avait été adoptée par le Parlement mi-août et promulguée la semaine dernière, après des années d'attente pour les prisonniers libanais, et surtout les détenus islamistes qui estiment leurs affaires politisées en raison de leur opposition au Hezbollah et à l'ancien régime syrien de Bachar el-Assad. Son application a toutefois été suspendue jeudi après le dépôt d'un recours en invalidation devant le Conseil constitutionnel, par le Courant patriotique libre.

« Marchandages politiques »

Dans une vidéo transmise également par le Comité, des dizaines de détenus apparaissent rassemblés dans la cour de Roumieh. L'un d'entre eux y décrit l'impact personnel de ses années d'incarcération et sa volonté de retrouver sa famille et de se « réintégrer » dans la société. « J'ai laissé mon fils alors qu'il avait un an. Il en a maintenant 15 », déplore-t-il. Les détenus accusent dans un communiqué les acteurs politiques d'avoir transformé le dossier de l'amnistie générale en levier de « marchandages politiques » et d’intérêts partisans, et tiennent le chef du CPL, Gebran Bassil, responsable de « l’obstruction à la loi et de leurs vies. » Après avoir déposé le recours, M. Bassil avait déclaré qu'il contestait la loi pour « la justice, les victimes, qu'il s'agisse de militaires ou de victimes de crimes, et (...) les détenus islamistes qui n'ont pas été jugés ».

Les prisonniers ont également remercié les responsables qui ont œuvré à leur offrir « une chance de cohabiter et de sortir », tout en condamnant ceux qu'ils accusent d'empêcher l’application de la loi. Ils refusent d’être utilisés comme « boucs émissaires » ou comme prétexte à des agendas politiques au détriment de leur souffrance et de la vie de leurs enfants. Ils appellent les habitants de Beyrouth, Saïda, Tripoli, Akkar, Ersal, la Békaa et d’autres régions libanaises à participer à des manifestations en leur faveur. Certains détenus sont allés jusqu'à se coudre la bouche dans le cadre de cette grève, selon des photos obtenues par le quotidien an-Nahar.

Il y a deux jours, après l'annonce de la suspension de l'amnistie, des troubles avaient déjà été signalés parmi les détenus de Roumieh.

Par ailleurs, L'Orient-Le Jour a eu confirmation qu'une réunion s'est tenue vendredi entre le procureur général près la Cour de cassation, Rami el-Hajj, d'autres procureurs, le commandant de la gendarmerie et le directeur général des prisons, afin d'examiner les mesures à mettre en oeuvre pour appliquer l'amnistie et les réductions de peine qu'elle prévoit, malgré la suspension de la loi, selon des informations obtenues.

Des détenus de la prison de Roumieh, la plus grande du Liban, parmi lesquels des islamistes détenus depuis plusieurs années, ont annoncé lundi entamer une grève de la faim pour protester contre la suspension de la loi d'amnistie générale, qui aurait permis à nombre d'entre eux d'être prochainement libérés. Dans un communiqué diffusé par le Comité des familles de prisonniers au Liban, un groupe de détenus annonce qu'ils vont arrêter de se nourrir et de boire. Ils ont également annoncé refuser tout traitement médical, y compris pour ceux souffrant de maladies chroniques telles que les affections cardiaques, le diabète ou l’hypertension.L'amnistie générale avait été adoptée par le Parlement mi-août et promulguée la semaine dernière, après des années d'attente pour les prisonniers...
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