Il est navrant de constater que peu de voix persistent au pays du Cèdre. Bien avant 1975 et jusqu’à ce jour, les drames non résolus appartiennent aux répliques fatalistes. Malgré les meilleures intentions et les engagements novateurs de certains personnages, la consistance de la cohérence démocratique signifie davantage la défense de principes énoncés. Néanmoins beaucoup souhaitent que leurs élus les visitent pour se rendre compte de leurs conditions de vie et saisir la misère, bien au-delà des propositions et des options ajustées. Cependant, que reste-t-il de la marge citoyenne crédible ?
Malgré une faim persistante, la malnutrition et l’épuisement psychologique, le pouvoir des mots prévaut sur les actes directs. La santé physique et mentale des enfants et des familles est-elle évaluée avant l’écroulement d’un immeuble et la découverte des victimes ? Qui donc explore sensiblement une population démunie avant qu’il ne soit trop tard ?
L’intelligence émotionnelle est le partenaire essentiel du pragmatisme. Il ne s’agit pas de se limiter aux délais ultimes mais à la vérification de graves constats. Que de personnes qu’on dit représenter sont essoufflées de survivre à chaque situation avec des moyens matériels et immatériels extrêmement réduits. Les conséquences nutritionnelles néfastes impliquent autant la régression physiologique que l’isolement mental. Le serrage permanent n’est pas seulement énoncé verbalement. La personne a besoin d’être rencontrée pour être comprise. La déperdition et les stratégies insolvables en famille influencent négativement les intégrations sociétales et la performance professionnelle. Le rétablissement des normes demeure indissociable du sens éthique des rôles. En confirmant le libre arbitre de sa citoyenneté, l’élu défend-il vraiment sa propre voix afin de ménager le citoyen des palabres, des jugements arbitraires et des normes aberrantes ?
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