La rapporteure spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens Francesca Albanese lors d'une conférence à Rome, le 6 octobre 2025. Photo Remo Casilli/Reuters
L’Organisation des Nations unies s’est dite vendredi « très préoccupée » par les attaques visant certains de ses experts, après que des responsables européens ont réclamé la démission de la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens Francesca Albanese, a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.
Intervenant en visioconférence lors d'un forum organisé à Doha par la chaîne qatarie Al Jazeera, l'avocate italienne avait évoqué un « ennemi commun » qui a permis, selon elle, un « génocide » à Gaza. « Le fait qu'au lieu d’arrêter Israël, la plupart des pays du monde l'aient armé, lui aient fourni des excuses politiques, un parapluie politique ainsi qu’un soutien économique et financier, est un défi », a-t-elle affirmé. « Nous qui ne contrôlons pas de vastes capitaux financiers, ni les algorithmes, ni les armes, constatons désormais qu'en tant qu'humanité, nous avons un ennemi commun », a-t-elle ajouté.
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a écrit sur X que « les positions de Francesca Albanese dans l’exercice de son mandat de rapporteuse spéciale de l’ONU ne reflètent pas celles du gouvernement italien », ajoutant que « ses comportements, déclarations et initiatives ne sont pas appropriés à la fonction qu’elle occupe au sein d’une institution de paix et de garanties comme les Nations unies ».
Pour sa part, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a déclaré devant les députés que « la France condamne sans aucune réserve les propos outranciers et coupables de Mme Francesca Albanese qui visent, non pas le gouvernement israélien dont il est permis de critiquer la politique, mais Israël en tant que peuple et en tant que nation, ce qui est absolument inacceptable ». Pour le ministre français, les propos de Mme Albanese « s'ajoutent à une longue liste de prises de position scandaleuses, justifiant le 7-Octobre, pire massacre antisémite de notre histoire depuis la Shoah, évoquant le lobby juif ou encore comparant Israël au Troisième Reich ».
Au mois de juin, Francesca Albanese avait rédigé un rapport à l’intention du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, épinglant une soixantaine d’entreprises étrangères appartenant à divers secteurs, dont des fabricants d’armes en majorité américains et les géants de la tech Google, Amazon ou encore Microsoft, pour leur rôle dans la « campagne militaire qui a pulvérisé Gaza et déplacé le plus grand nombre de Palestiniens en Cisjordanie depuis (le début de l’occupation israélienne des territoire palestiniens en) 1967 ».


