Le ministre britannique du Commerce, Chris Bryant et le secrétaire général du CCG, Jassem Mohammad Albudaiwi, lors de la signature d'un accord à Downing Street, à Londres, le 20 mai 2026. Photo Adrian DENNIS / POOL / AFP
La Grande-Bretagne a annoncé mercredi avoir conclu un accord commercial avec le Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont la valeur s’élèverait à cinq milliards de dollars par an sur le long terme, renforçant les liens économiques avec ses alliés dans une région marquée par les retombées de la guerre en Iran.
L’accord avec le CCG, composé de Bahreïn, du Koweït, d’Oman, du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, intervient après les frappes américano-israéliennes contre l’Iran en février, qui ont déclenché des attaques iraniennes sur d’autres pays de la région, mettant sous pression l’approvisionnement mondial en énergie et en denrées alimentaires.
« Dans un contexte marqué par une instabilité croissante, l’annonce d’aujourd’hui envoie un signal clair de confiance – elle offre aux exportateurs britanniques la certitude nécessaire pour se projeter dans l’avenir », a déclaré le ministre britannique du Commerce, Peter Kyle. Le gouvernement britannique a indiqué que la valeur de l’accord atteindrait 3,7 milliards de livres sterling (4,96 milliards de dollars US) par an à long terme, soit plus du double de l’estimation précédente de 1,6 milliard de livres sterling, dans la mesure où l’accord final va plus loin que prévu en matière de libéralisation des échanges et d’engagements sur les services. L’accord supprimera 93 % des droits de douane du CCG sur les produits britanniques, ce qui équivaut à la suppression de 580 millions de livres de droits de douane d’ici la dixième année, les deux tiers des droits étant éliminés dès l’entrée en vigueur de l’accord. Le gouvernement a précisé que les secteurs de l’automobile, de l’aérospatiale, de l’électronique, de l’alimentation et des boissons seraient parmi les principaux bénéficiaires, avec des céréales, du cheddar, du chocolat et du beurre qui deviendront exempts de droits de douane.
En contrepartie, la Grande-Bretagne a également réduit ses droits de douane pour le CCG, même si les principales exportations des pays du Golfe vers la Grande-Bretagne, le pétrole et le gaz, sont déjà exemptes de droits.
En matière de services, le Royaume-Uni a sécurisé l’accès actuel au CCG afin de permettre aux entreprises de se développer sans faire face à de nouveaux obstacles, tandis que les États du Golfe pourront également accroître leur propre secteur des services grâce à l’accord.
Jassem Mohammad Albudaiwi, secrétaire général du CCG, a affirmé après la signature que l’accord comportait un cadre conçu pour obtenir des avantages économiques « tangibles et mesurables » pour les entreprises, les investisseurs et les citoyens des sept pays signataires, selon un communiqué du CCG. Il a précisé que l’accord couvrait le commerce de biens et de services, les services financiers, le commerce numérique, la protection des investissements, les télécommunications et d’autres domaines. Selon le gouvernement britannique, l’accord ne modifie ni n’affaiblit les normes environnementales ou de protection des données du Royaume-Uni, et il ne contient aucune disposition sur les droits de l’homme. Certains défenseurs avaient mis en garde le gouvernement contre la tentation d’ignorer les droits de l’homme dans tout accord avec le CCG.
Tom Wills, directeur du Trade Justice Movement, a estimé qu’en « ne négociant aucune protection contraignante des droits de l’homme dans le cadre de l’accord, le Royaume-Uni a fait un pas en arrière sur le plan moral ». L’accord comprend toutefois un chapitre sur la protection des investisseurs afin d’étendre les dispositions aux trois États du CCG qui n’étaient pas encore couverts par de tels traités, et il prévoit également un mécanisme de Règlement des différends entre investisseurs et États, dispositif que Wills critique aussi car il permettrait aux investisseurs du Golfe de poursuivre le gouvernement britannique.
Cette dépêche est une traduction, par L'Orient-Le Jour, d'un article publié en anglais par l'agence Reuters.


Désarmement du Hezbollah : négocier avec l’Iran est-il réaliste ?