Des soldats libanais devant un bâtiment pulvérisé par les bombardements israéliens, sur un route de Aïta el-Chaab au Liban-Sud, le 26 janvier 2025. Photo d'archives Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Des avions israéliens ont pulvérisé dimanche des matières qui pourraient être des pesticides toxiques sur nombre de villages du Liban-Sud, dont Aïta el-Chaab, Marwahine et Ramiyé, dans le caza de Bint Jbeil, selon plusieurs témoignages récoltés par L’Orient-Le Jour. La Force intérimaire des Nations unies au Liban a pour sa part dénoncé « une activité inacceptable et contraire à la résolution 1701 ».
Réagissant à ces informations, le ministère de l’Environnement a annoncé lundi dans un communiqué que « la ministre Tamara Elzein a demandé au commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, des échantillons en vue d’effectuer des analyses pour connaître la nature de ces matières et effectuer un suivi ». Selon la ministre, « ce comportement de l’ennemi israélien, si tant est que la toxicité de ces matières est prouvée, ne serait pas étonnant sachant que ce même ennemi n’a pas hésité à brûler près de 9 000 hectares au Liban durant le dernier conflit, utilisant du phosphore blanc et des obus incendiaires, dans le cadre d’un écocide délibéré, visant à limiter la capacité des habitants du Sud à demeurer chez eux et à assurer les conditions de vie minimales ». Selon une source au sein du ministère de l’Environnement, celui-ci n’a pas plus d’informations pour l’instant, ajoutant qu’il prendra les dispositions nécessaires une fois que les analyses seront faites.
« Activité inacceptable et contraire à la résolution 1701 »
La Finul a de son côté expliqué lundi dans un communiqué « avoir été informée par l’armée israélienne hier matin du fait qu’elle allait lancer ce qu’elle dit être une matière chimique non toxique au-dessus de zones proches de la ligne bleue », la frontière temporaire entre le Liban et Israël. « L’armée israélienne a demandé aux soldats de la paix de rester loin et dans le cadre d’endroits fermés, ce qui les a obligés à annuler des dizaines d’activités », poursuit le texte.
Précisant que ses membres « n’ont pas pu retrouver leurs activités sur un tiers de la ligne bleue durant neuf heures d’affilée », la Finul souligne avoir « aidé l’armée libanaise à collecter des échantillons en vue d’analyses qui montreront le degré de toxicité de cette matière ». Les Casques bleus rappellent ensuite que « ce n’est pas la première fois que l’aviation israélienne pulvérise des matières chimiques non identifiées au-dessus du Liban. Cette opération est inacceptable et contraire à la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Elle n’a pas seulement limité les activités de la Finul, mais a mis potentiellement la santé des soldats de la paix et des civils en danger. Sans compter les craintes liées aux conséquences sur les cultures et sur la possibilité d’un retour des citoyens à leurs villages à plus ou moins long terme. » La résolution 1701 a mis fin au conflit entre Israël et le Hezbollah durant l’été 2006, et a de nouveau servi de base à l’accord de cessez-le-feu ayant marqué la fin d’un autre conflit entre ces belligérants, en novembre 2024.
« Crime écologique »
Pour sa part, le Mouvement agricole, une ONG qui se spécialise dans le suivi de l’agriculture au Liban, affirme dans un communiqué que « deux avions agricoles de l’ennemi israélien, spécialisés dans la pulvérisation de pesticides depuis les airs, ont lancé une matière liquide qui pourrait être un herbicide toxique, sur des terrains agricoles et forestiers dans une région de ‘‘hima’’ face à la position al-Raheb dans le village de Ramiyé et dans les environs du village de Marwahine, dans le secteur ouest » du Liban-Sud frontalier avec Israël. Les « hima » sont des régions protégées par les communautés locales.
« Cette attaque constitue une violation grave de la souveraineté libanaise et un crime écologique en bonne et due forme, qui représente un danger direct sur la santé humaine, sur la biodiversité, sur le sol, sur les eaux souterraines, sur les récoltes, avec des répercussions à long terme sur la sécurité alimentaire et environnementale dans la région », dénonce l'ONG. Elle note « des comportements israéliens passés similaires dans la région de Qouneïtra en Syrie en janvier 2026, où des pesticides ont été épandus sur des terrains agricoles et des oliveraies situés dans des zones montagneuses limitrophes, ce qui a requis la collecte d’échantillons de sols et d’analyses, de peur de conséquences sanitaires et écologiques majeures ».
Dans un rapport publié le 11 avril 2025, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait évalué à plus de 700 millions de dollars les dommages et pertes occasionnées au secteur agricole libanais par la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël, principalement dans le Sud et la vallée de la Békaa. Des estimations réalisées à distance, « préliminaires et partielles », précisait le rapport, ajoutant que les dégâts réels devraient être supérieurs.




Il faut établir un rapport complet sur le cas et l'envoyer a la court international de la Haye pour juger Israël sur ce méfait. Notre actuel premier ministre y était et en connait tous les rouages. Israël fait ce qui lui convient et c'est a nous de défendre nos intérêts politiquement.
09 h 24, le 04 février 2026