Un convoi de véhicules de l'ONU traverse un village du sud du Liban près de la frontière avec Israël, vu depuis le côté israélien, le 2 novembre 2025. Photo Ayal Margolin / REUTERS
Dans un article publié mercredi, le Guardian révèle, sur la base d’analyse d’images, qu’Israël a « utilisé des armes à sous-munitions largement prohibée » durant sa guerre de 13 mois avec le Hezbollah au Liban-Sud. Le conflit avait débuté le 8 octobre 2023 par l'ouverture d'un « front de soutien à Gaza » par le parti chiite depuis le Liban-Sud, au lendemain de l'opération « Déluge d'al-Aqsa » du Hamas en Israël, avant la conclusion d'un accord de cessez-le-feu le 27 novembre 2024, quasi quotidiennement violé depuis par l’État hébreu.
Le quotidien britannique s’appuie ainsi sur des photos de restes de munitions au Liban-Sud, analysées par six différents experts en armement. Les armes à sous-munitions dispersent des petites bombes de manière aléatoire sur plusieurs dizaines de mètres ; certaines n’explosent pas lors de l’impact et deviennent ainsi des mines terrestres. Leur utilisation, production, transfert et stockage sont interdits par la Convention sur les armes à sous-munitions des Nations unies de 2008. Israël n’est pas signataire de cette convention, contrairement au Liban. L’État hébreu avait malgré tout condamné l’utilisation par l’Iran d’armes à sous-munitions en Israël durant la guerre de 12 jours en juin dernier.
Les images analysées montrent des restes de deux types d’armes à sous-munitions israéliennes, trouvés au sud du fleuve Litani, à Wadi Zebqine, Wadi Berghoz et Wadi Deir Siryane, des régions boisées qu’Israël a accusé le Hezbollah d’avoir exploitées durant le conflit pour se protéger des bombardements et mener des opérations de surveillance.
Dans un communiqué du 14 octobre 2024, le Hezbollah accusait l'armée israélienne d'avoir bombardé les localités de Hanine et Tiri, dans le caza de Bint Jbeil au Liban-Sud, avec des « missiles chargés de bombes à sous-munitions ». Un autre texte publié par le parti chiite le lendemain affirmait que ces bombes avaient visé les localités du Liban-Sud de Wadi al-Khanazir, dans la région de Wadi Hojeir, de Khellat Raj entre Almane et Deir Seriane (caza de Marjeyoun), et à Almane. Israël avait employé ces mêmes armes lors de la guerre de juillet 2006 au Liban, ayant largué quatre millions de bombes à sous-munitions dans les derniers jours du conflit, dont un million n’ont pas explosé. Ces munitions non explosées ont coûté la vie à plus de 400 personnes depuis 2006 au Liban-Sud.
Deux nouveaux types d'armes à sous-munitions
Il s’agirait de la première fois que l’État hébreu utilise ces armes en presque vingt ans, avec deux nouveaux types d’armes à sous-munitions : les missiles guidés M999 Barak Eitan de 155 mm et Ra’am Eitan de 227 mm, tous deux produits par le sous-traitant de défense israélien Elbit Systems, respectivement en 2019 et 2017. Chaque obus du Barak Eitan libère neuf sous-munitions qui explosent en 1 200 éclats de tungstène, un métal chimique. La deuxième arme est une bombe à fragmentation ; l'un des experts en armement affirme qu’il s’agit d’un missile guidé Ra'am Eitan de 227 mm, un nouveau type de munition à fragmentation.
Selon le Guardian, les médias israéliens décrivent les Ra’am Eitan comme des missiles contenant chacun 64 bombes, se dispersant « dans un large rayon » et « tuant toutes les personnes présentes. » Un communiqué de presse de l’armée israélienne de février 2024 indique que les troupes opérant à la frontière nord du pays étaient équipées de ce missile en prévision de combats avec le Hezbollah. En octobre 2024, selon des sources citées par notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, ces bombes avaient été larguées en plusieurs endroits, généralement en des points où les combats faisaient rage entre le parti chiite et l’armée israélienne, comme Labbouné et Hamoul, aux abords de la ville de Naqoura (caza de Tyr), ainsi que du côté de Jibbein (Tyr) et Aïta el-Chaab (Bint Jbeil), tout comme à Hanine et Tiré (Bint Jbeil). Il était toutefois à l'époque impossible de documenter l'emploi de ces armes compte tenu de la violence des combats dans ces zones.
Le Guardian rapporte que l’armée israélienne n’a ni confirmé ni infirmé son utilisation d’armes à sous-munitions. Elle a en revanche assuré qu’elle « n’utilisait que des armes légales, conformément au droit international et en atténuant les dommages causés aux civils. » Le quotidien indique ne disposer d’aucune information sur les frappes au cours desquelles ces armes ont été utilisées, les morceaux de munitions ayant été retrouvées a posteriori. Selon les médias israéliens, poursuit l'article, les deux armes retrouvées ont été développées ces dernières années dans le but de réduire le nombre de munitions non explosées, le Ra’am Eitan affichant un taux de ratés de 0,01%. Israël a développé ces munitions après que leur utilisation lors de la guerre du Liban en 2006 ait suscité l'indignation à l'étranger et dans le pays.




Espérons qu'un jour tout cela leur explosera à la figure : un vœu pieux à l'occasion de l'anniversaire, aujourd'hui 20 novembre, du procès de Nuremberg. Ils n'ont rien à envier à ceux qui furent jugés lors de ce procès !
13 h 59, le 20 novembre 2025