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Nos lecteurs ont la parole

Le monde entre ordre et désordre

L’apparente régulation du monde tombe dans le désordre et la dérégulation. Notre monde est en état de sidération, de consternation. L’Amérique, le guide du monde libre, agit en gendarme loin de toute règle. Les grands principes de démocratie, de liberté, du respect des lois sont bafoués. Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, est enlevé militairement avec sa femme pour être jugé aux États-Unis. Quand on dit l’Amérique, c’est plus exactement le président Donald Trump, et autour de lui un groupe de l’ultradroite américaine. C’est le président, une personnalité provocante, proactive, qui bouscule toutes les règles existantes. Il parle, il négocie, il décide et il agit, avec toujours la menace d’un gros bâton à la main. Il est performatif, c’est-à-dire, il fait ce qu’il dit en le disant. Son simple énoncé réalise l’acte qu’il décrit. Il peut aussi facilement se rétracter ou changer.

Déjà en son temps, Henry

Kissinger professait le même principe en diplomatie en disant : « Un porte-avions, c’est 100 000 tonnes de diplomatie. »

Malgré tous ses agissements, le président Trump ne parle que de paix, de ses réalisations pour la paix dans le monde. Il a fait aboutir plusieurs cessez-le-feu en attendant de voir venir la paix. On se demande comment tourne l’histoire, comment va le monde ! Les États vivent dans une incertitude permanente. Surtout les petits États et les petits groupes humains bousculés et agressés (Tibétains, Kurdes, Ouïgours, Tchétchènes, Palestiniens, en Ouganda, au Congo, à titre d’exemple).

Les groupes humains et les États se bousculent, s’entendent ou se déchirent, soit entre pays soit à l’intérieur de chaque pays. Le monde hésite d’un côté entre la fin de l’histoire de Francis

Fukuyama avec une victoire de la démocratie et du libéralisme croyait-il, et de l’autre, le choc des civilisations de Samuel Huntington et la division du monde en plusieurs civilisations (occidentale, slave orthodoxe, islamique, africaine, hindoue, confucéenne, japonaise et latino-américaine). C’est l’ère de la post-vérité et l’interférence entre la politique et les médias. C’est le poids des émotions entre les individus et leurs dérèglements. Les interactions entre les groupes sociaux sont dominées par la peur, les besoins, les désirs et surtout l’agressivité. Dans ce désarroi que deviennent les grands principes, les grands idéaux et la paix dans le monde. Après la Seconde Guerre mondiale, on se croyait à l’abri de dévoiements par les structures comme les Nations unies, la Cour pénale internationale, la Cour internationale de justice. Ces institutions étaient comme des digues pour calmer les déviances des responsables. Elles sont actuellement en état de déroute et d’incapacité à pouvoir agir.

Dans cette tourmente mondiale, notre région ne peut échapper aux remous et à tous les mouvements confus et agités. Tous les liens sociaux se disloquent par le fait de responsables et de moins responsables. Des chefs d’État ne tiennent en place que par la force ou par le trucage électoral. Une rhétorique orientale s’éloigne du réel et plonge dans les fantasmes, les illusions. L’inconscience guide les peuples. Le Liban qui faisait notre orgueil semblait échapper à ce marasme. On pouvait glorifier la liberté d’expression, la tolérance et le jeu démocratique par le respect des échéances électorales.

Le groupe de refus et ses alliés ont bousculé cette stabilité fragile. Les échéances électorales au niveau municipal, parlementaire et présidentiel se figent. Cela a relâché toutes les connexions sociales, fracturé le pays, favorisé la corruption de l’administration. Et l’infrastructure tombe en désuétude. Nos gouvernants balancent entre le confort de dire et les moyens de faire, c’est une politique de l’attente, de voir venir faute de pouvoir agir. Nous savons que notre pays n’est pas capable à lui seul ni de faire la paix ni de faire la guerre. Même s’il existe un groupe armé qui tient à faire la résistance par idéologie, il semble aussi incapable de faire la paix ou de résister efficacement. Ce groupe semble chercher des compensations dans la structure de l’État en modifiant le consensus existant et en jouant les intérêts de l’Iran. Il est victime de ses fantasmes, ses croyances et ses convictions religieuses. C’est un ensemble endoctriné par l’idée du martyre. Il arrive à déduire que le sens de la vie est plus important que la vie elle-même.

Cette fracture du pays tétanise nos responsables qui n’arrivent plus à se décider. L’État est en faillite et ne fait qu’attendre des miettes tantôt en prêts tantôt en subventions pour soi-disant reconstruire le pays. Que faut-il faire ?

Beaucoup de sujets restent en suspens, surtout les prétendues solutions pour rendre leurs biens aux épargnants. Les causes de cette faillite sont multiples : corruption, jeu des influences, esprit clientéliste de nombreux profiteurs. Qui osera poursuivre les responsables ?

Cela ressemble à la légende du « serpent de mer » : un sujet qui revient sans cesse, tout le monde en parle, mais sans finalité précise et sans aboutissement ; un problème récurrent qu’on aborde sans cesse, sans trouver de solution.

Dans cette tourmente régionale, le Liban subit tous les coups. Nous sommes ballottés entre la dictature des mollahs iraniens et l’expansionnisme israélien. Les deux s’inspirant d’un au-delà divin, mais avec des lectures opposées et contradictoires. C’est la nature humaine dirions-nous qui est noyée dans ses visions, ses convoitises et ses haines. Nos responsables se rendent-ils compte que quand les géants bougent, ils font trembler la terre ? C’est une interconnexion planétaire.

La santé de notre État n’a pas résisté au repos de la paix ni à la tourmente de la guerre. Il nous faut une équipe de responsables qui respecte les grands principes, qui vient balayer la plupart des profiteurs et des incapables. Il nous faut des guides visionnaires pour restaurer l’État de droit et s’éloigner du désordre et de la corruption. Il nous faut retrouver l’esprit national qui apaise la société loin de toutes les déviances, et surtout sortir le peuple de son indigence et de sa misère.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

L’apparente régulation du monde tombe dans le désordre et la dérégulation. Notre monde est en état de sidération, de consternation. L’Amérique, le guide du monde libre, agit en gendarme loin de toute règle. Les grands principes de démocratie, de liberté, du respect des lois sont bafoués. Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, est enlevé militairement avec sa femme pour être jugé aux États-Unis. Quand on dit l’Amérique, c’est plus exactement le président Donald Trump, et autour de lui un groupe de l’ultradroite américaine. C’est le président, une personnalité provocante, proactive, qui bouscule toutes les règles existantes. Il parle, il négocie, il décide et il agit, avec toujours la menace d’un gros bâton à la main. Il est performatif, c’est-à-dire, il fait ce qu’il dit en le disant. Son...
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