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Culture - Spectacle

« El-Beit baytak » un musical libanais plein de bonnes intentions…

Signée Samer Hanna, cette petite comédie musicale laisse une impression globalement sympathique, mais peine à atteindre une réelle cohésion, malgré la présence de comédiens vedettes.

« El-Beit baytak » un musical libanais plein de bonnes intentions…

Aline Lahoud et Samer Hanna dans "El-Beit Baytak" présentée au théâtre Monnot. Photo Charbel Sammour

Dans un village de montagne, niché entre collines et cascades, une petite maison de famille abandonnée se réveille brusquement de sa longue léthargie.

Joumana (Maya Yammine), qui en a hérité, a décidé de s’en séparer. Cette veuve, propriétaire d’un four à manakich à Beyrouth, veut assurer à son fils unique Jad (Samer Hanna), doux rêveur et réalisateur désargenté, un petit pécule pour l’aider à se lancer. Elle a trouvé acquéreur en la personne de Marwan (Tony Abou Jaoudé), l’ancien voisin et premier amour de Dalia (Aline Lahoud), sa jeune sœur devenue une vedette de la chanson.

L’espace d’un week-end vont s’y retrouver l’ex-couple d’amoureux, la sœur, le neveu et l’assistante de la chanteuse (Maria Béchara) : cinq protagonistes pour un chœur de mémoires. Celui d’un temps heureux, avant les migrations en ville et les grands départs à l’étranger de ses habitants et voisins.

Ayant chacun tracé sa trajectoire dans la vie, avec plus ou moins de bonheur, plus ou moins de succès, les trois aînés vont se confronter à la nostalgie des lieux, tandis que les plus jeunes vont, sans s’en rendre compte, reproduire les schémas de leurs prédécesseurs. Les souvenirs fusent, les reproches et les remords aussi. Et les voix s’élèvent à nouveau dans cette maisonnette où les souvenirs de l’enfance, parfois tendres, d’autres fois dissonants, s’entrechoquent entre rires, larmes et silence.

Dans cette maison de village, où le temps semble avoir retenu son souffle, chacun mesure ce qu’il a construit, ce qu’il a gagné et ce qu’il a perdu…

Maya Yammine, Tony Abou Jaoudé et Samer Hanna, dans une scène du musical « el-Beit baytak ». Photo Charbel Sammour
Maya Yammine, Tony Abou Jaoudé et Samer Hanna, dans une scène du musical « el-Beit baytak ». Photo Charbel Sammour

L’attachement aux origines se chante aussi

Sur des airs composés spécifiquement pour el-Beit baytak, signés Joanna Toubya et Mounir Halabi, se déploie ainsi l’histoire d’un premier amour, fragile, maladroit, incandescent. Certaines chansons racontent l’absence, les départs nécessaires et les retours espérés. D’autres sont des aveux et des promesses de bonheur. Et dans cette bande-son qui accompagne… en playback, plutôt efficacement, les différentes séquences, l’attachement aux origines se chante également comme une évidence retrouvée.

Portée par l’énergie des interprètes – avec mentions spéciales à Maria Béchara et à Maya Yammine – , cette petite comédie musicale, écrite et mise en scène par Samer Hanna, séduit par les valeurs qu’elle défend, simples et bienveillantes. Les retrouvailles amoureuses et familiales, le retour aux sources, y sont abordées avec une sincérité touchante, et certaines scènes parviennent à faire naître de jolis moments d’émotion ainsi que des rires francs.

Maria Béchara et Tony Abou Jaoudé sur la scène du Monnot dans le musical de Samer Hanna. Photo Charbel Sammour
Maria Béchara et Tony Abou Jaoudé sur la scène du Monnot dans le musical de Samer Hanna. Photo Charbel Sammour

Sauf qu’en dépit d’une impression globalement sympathique, ce spectacle à l’affiche du théâtre Le Monnot* souffre de dissonances – notamment au niveau chorégraphique – qui l’empêchent de transformer ses bonnes intentions en véritable réussite. Dommage pour Samer Hanna dont la passion pour les comédies musicales n’est pourtant plus à prouver !

*« El-Beit baytak » au théâtre Le Monnot, rue de l’église St-Joseph. Jusqu’au 8 février.

Dans un village de montagne, niché entre collines et cascades, une petite maison de famille abandonnée se réveille brusquement de sa longue léthargie.Joumana (Maya Yammine), qui en a hérité, a décidé de s’en séparer. Cette veuve, propriétaire d’un four à manakich à Beyrouth, veut assurer à son fils unique Jad (Samer Hanna), doux rêveur et réalisateur désargenté, un petit pécule pour l’aider à se lancer. Elle a trouvé acquéreur en la personne de Marwan (Tony Abou Jaoudé), l’ancien voisin et premier amour de Dalia (Aline Lahoud), sa jeune sœur devenue une vedette de la chanson.L’espace d’un week-end vont s’y retrouver l’ex-couple d’amoureux, la sœur, le neveu et l’assistante de la chanteuse (Maria Béchara) : cinq protagonistes pour un chœur de mémoires. Celui d’un temps heureux, avant les...
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