Des fruits et des légumes dans un supermarché à Broummana (Metn). Photo d'illustration Philippe Hage Boutros/L'Orient-Le Jour
Pour la deuxième année d’affilée, l’inflation diminue au Liban, enregistrant en 2025 son taux annuel le plus bas depuis le début de la crise économique en 2019, équivalent à 14,8 % en 2025 selon les calculs de l’Administration centrale des statistiques (ACS), contre 45,24 % en 2024.
Enclenchée en 2024, cette tendance baissière tranche avec les quatre importantes hausses successives de l’indice des prix à la consommation (IPC) enregistrées depuis le début de la crise : 84,9 % en 2020 ; 154,8 % en 2021 ; 171,21 % en 2022 ; et 221,3 % en 2023. Cela, dans un contexte où la livre libanaise s’est progressivement effondrée, perdant 98 % de sa valeur et propulsant l’IPC à de tels niveaux.
Par conséquent, depuis que le taux de change a été stabilisé courant 2023, et que l’économie libanaise s’est de facto dollarisée, l’inflation se porte relativement mieux. Cette tendance devrait d’ailleurs être maintenue à court terme. Dans son dernier rapport concernant le Liban publié en octobre dernier, la Banque mondiale estimait que l’inflation serait équivalente à 15,2 % en 2025, et qu’elle atteindra 8,7 % en 2026, toujours grâce à la stabilisation du taux de change. Un niveau qui reste toutefois « nettement supérieur à l’inflation mondiale », notamment « en raison d’une concurrence limitée » et « des structures de marché oligopolistiques », indiquait-elle.
Ralentissement de l'inflation
Si l’ACS n’a toujours pas publié les détails de l’intégralité de l’exercice 2025, elle a en revanche diffusé ceux de décembre. Les chiffres disponibles indiquent un fort ralentissement de la croissance des prix durant ce mois. La variation mensuelle a ainsi été quasiment nulle en décembre (0,01 %, contre 0,82 % en novembre), les plus fortes augmentations étant enregistrées au niveau des secteurs des biens et services divers (4,06 %), des boissons alcoolisées et du tabac (1,15 %) et des loisirs (0,57 %). Les plus fortes baissent ont, elles, concerné les prix de l’habillement (-2,98 %), des transports (-0,70 %) et des restaurants et des hôtels (-0,24 %).
En rythme annuel, l’évolution des prix en décembre a également connu un ralentissement. Elle a ainsi enregistré un niveau équivalent à 12,23 %, inférieur à la moyenne annuelle de 14,8 %. Dans le détail, dix et douze sous-catégories ont vu leurs prix augmenter, les plus fortes hausses ayant été relevées au niveau de l’éducation (35,94%), des loisirs (31,56 %) et des biens et services divers (21,57 %). Seuls les prix de l’ameublement (-1,61 %) et des télécommunications (-0,70 %) ont baissé en un an à décembre.
En ce qui concerne enfin l’évolution des prix en fonction des régions libanaises, l’ACS indique qu’en rythme mensuel, la plus forte hausse a été enregistrée au Liban-Sud (1,62 %), suivi de Nabatiyé (1,19 %), du Mont-Liban (0,41 %), de Beyrouth (0,40 %), de la Békaa (0,29 %), en enfin du Liban-Nord (0,26%).




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