Une manifestante brûle un portrait d'Ali Khamenei lors d'un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Londres, le 12 janvier 2026. REUTERS/Toby Melville

Chère lectrice, cher lecteur,
Nous sommes dans une région qui va de révoltes en crises, de crises en guerres et de tournants en recompositions. Mais les évènements pouvant être des moments charnières à l’échelle de tout le Moyen-Orient sont assez rares : la fin du wahhabisme politique en est un ; la création d’un Etat palestinien en serait un autre.
La chute du régime iranien entrerait sans aucun doute dans cette catégorie. Voilà ce qui se joue en ce moment. Le régime peut survivre, il l’a déjà fait par le passé, même s’il n’a jamais été aussi affaibli. Il peut tenter de se réinventer même si, cela, il n’a jamais réussi à le faire. Et enfin, il peut s’écrouler, ce qui nécessite toutefois des conditions spécifiques dont on ne sait pas encore si elles sont réunies.
Toute la région suit ce moment avec énormément d’attente et d’angoisse. Une éventuelle chute du régime iranien fermerait définitivement une séquence de 47 ans qui a transformé le Moyen-Orient et, bien entendu, le Liban.
Pour en comprendre tous les enjeux, voici une sélection d’articles publiés dans le cadre de notre couverture spéciale du soulèvement iranien.
Anthony Samrani
Corédacteur en chef


- La question d'une intervention américaine contre l'Iran
Les Etats-unis vont-ils intervenir en Iran ? C'est la grande question qui a ouvert la semaine du 12 janvier. Programme nucléaire iranien, sites de missiles balistique : Donald Trump étudie un « éventail plus large d’options de frappes » contre l'Iran, rapportait lundi le New York Times.
La fièvre montait d'un cran dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 janvier. Pour retomber. Selon Mounir Rabih, c'est l'intervention des pays du Golfe, notamment de l'Arabie saoudite, qui a été cruciale pour dissuader Donald Trump. Il partage avec vous les informations récoltées auprès de sources diplomatiques dans cet article : « Iran–États-Unis : la nuit où MBS a éloigné le spectre de la guerre ». - Dans un précédent article, Mounir Rabih rapportait que selon des sources diplomatiques concordantes, Washington veut procéder à un changement de régime de façon graduelle, en s'appuyant sur certains cadres. Il envisagerait, en outre, une frappe contre l’Iran en deux phases, pouvant inclure le Liban.
Cette question d'une intervention américain est au coeur de l'édito de notre corédacteur en chef Anthony Samrani « Le sort du soulèvement en Iran est (malheureusement) entre les mains de Trump » et de l'éclairage de Clara Hage, « Trump face au dilemme d’une intervention militaire en Iran ». À ce sujet, Craig Martin, avocat et professeur de droit à l’université Washburn, a analysé pour nous les implications juridiques d’un possible recours à la force contre Téhéran. - Côté iranien, le régime, confronté à la troisième semaine d’une contestation massive qui a gagné en envergure ces derniers jours avec des manifestations dans la majorité des provinces, semble dans une impasse. Sous pression, d’un côté, d’une population galvanisée par les effets d’une crise économique accentuée par les récentes sanctions occidentales, et de l’autre, par les États-Unis, quels sont les scénarios qui s’offrent actuellement à la République islamique ? C'est la question sur laquelle s'est penchée Laure-Maïssa Farjallah.
En Iran, c'est aussi l’heure de vérité pour les gardiens de la révolution. Depuis quarante ans, les pasdaran forment le roc inébranlable de la République islamique. Mais aujourd'hui, souligne Amélie Zaccour, l’institution la plus puissante du pays fait face à une série de défis pour conserver son influence.
Dans la même perspective, Anthony Samrani se demandait déjà, le 8 janvier, si Téhéran saurait assimiler les enseignements du coup de force américain au Venezuela dans son analyse intitulée « Après Maduro, Khamenei ? ».
- Comment se positionnent les puissances de la région sur ce dossier ?
Alors que l’administration Trump évoque ouvertement une possible intervention militaire contre l’Iran, l’inquiétude monte au Moyen-Orient où plusieurs États appellent à la retenue, redoutant un embrasement aux conséquences imprévisibles. Dany Moudallal fait le point. - Et au Liban ?
Au Liban, se pose la question du Hezbollah. Que fera-t-il si l'Iran est attaqué par les Etats-unis ? Des conseils lui ont été adressés à ce sujet, selon les sources de Mounir Rabih.
Mais aussi, le Hezbollah pourrait-il survivre à une chute du régime iranien ? Une question qu'étudie Salah Hajizi.
Nos journalistes ont d'ailleurs rencontré des représentants du Hezbollah ainsi que des membres de sa base pour prendre la température. - Au Liban, nos reporters ont également rencontré des Iraniens des deux bords qui restent scotchés à leurs écrans, suivant avec angoisse les derniers développements dans leur pays, depuis Beyrouth, sa banlieue sud et le sud du pays. Découvrez leur reportage : « Les impérialistes ne pourront jamais vous sauver » : au Liban, des Iraniens divisés face aux manifestations qui ébranlent leur pays.
- Nous avons également demandé à l’anthropologue Chowra Makaremi son avis d'expert sur les développement en cours en Iran. Voici sa réponse : « Nous n'assistons pas à une émeute de la faim. C'est une contestation politique »
- Un grand portrait d'Ali Khamenei
« À première vue, l’ayatollah Ali Khamenei est une énigme. Peu populaire, il n’a ni le charisme ni la profonde érudition religieuse de son prédécesseur, l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, celui qui changea en son temps la face du Moyen-Orient. Et pourtant, en plus de trois décennies, il a su naviguer dans les eaux troubles de la région avec ruse, mis hors d’état de nuire ses rivaux en interne, réprimé sans vergogne les vagues contestataires et étendu l’influence iranienne dans le voisinage arabe, transformant ces nouvelles « provinces » en lieux de conflit indirect avec son ennemi juré américain. » Au moment où son pouvoir semble plus fragilisé que jamais, nous vous invitons à relire ce grand portrait du guide suprême iranien, par Soulayma Mardam Bey.

- Et puis, comme en miroir, il y a Reza Pahlavi et son éternelle quête de revanche.
Stéphanie Khouri s'est penché sur le fils du monarque déchu lors de la révolution islamique de 1979 qui se revendique en effet depuis la Californie où il est exilé comme l’unique figure d’opposition à la République islamique.


Khamenei a prononcé lui même la sentence qui l’attend. Il a déclaré que tout dictateur sanguinaire et imbu de sa personne finit par être renversé. Il parlait de Trump mais tout le monde sait que le premier concerné n’est autre que lui et sa bande de voyous au pouvoir usurpé qui tuent leur propre peuple pour se maintenir au pouvoir et continuer à piller le pays en prétextant que c’est pour son salut. .Le prétexte de supprimer Israël pour dominer la région n’a jamais rien apporté au peuple iranien qui agonise et veut sauver sa peau et rien d’autre. Cela consiste à éliminer le régime en place.
11 h 37, le 14 janvier 2026