Des « start-upeurs » libanais en compagnie de membres du réseau LIFE, le 23 décembre 2025, au Beirut Digital District, lors d'une « Pitch Night ». Photo fournie à L'Orient-Le Jour par LIFE
Après New York, Londres, Paris et Dubaï, c'est à Beyrouth, mardi que LIFE, un réseau mondial de professionnels libanais de la diaspora, a organisé une « Pitch Night », la première du genre après six années d’événements tenus exclusivement à l’étranger. La rencontre, qui met en relation des mentors dans le milieu du capital-risque (venture-capital) et des start-up, a réuni dix entreprises fondées par des entrepreneurs libanais établis au Liban.
« Aujourd’hui, c’est le bon moment pour soutenir les entrepreneurs libanais et redonner un souffle à l’écosystème de l’entrepreneuriat au Liban », explique à L'Orient-Le Jour Zeina Mhanna, directrice exécutive de LIFE. L’organisation s’articule autour de quatre piliers : « Connect » (réseautage et événements), « Nurture » (éducation et bourses, avec près de 300 étudiants libanais soutenus chaque année), « Promote » (appui aux entrepreneurs, à la jeunesse et aux PME, notamment dans la tech et l’agri-business) et « Advocate » (sensibilisation aux réformes économiques et financières).
Basé à Londres, le réseau LIFE réunit plus de 1 900 professionnels libanais issus des secteurs de la finance, du conseil, du droit et de la technologie, répartis dans vingt chapitres à travers le monde. Au cours des trois dernières années, l’ONG a organisé huit « Pitch Nights » à travers le monde, permettant à 56 fondateurs d’accéder à du mentorat, des financements et des réseaux de soutien.
« À un stade précoce, ce n’est pas seulement l’idée qui compte, mais surtout l’entrepreneur lui-même. Les investisseurs misent avant tout sur la personne », explique Zeina Mhanna. « Les idées de génie sont rares : ce que l’on évalue, c’est le potentiel du fondateur, la capacité du projet à répondre à un besoin réel sur un marché suffisamment large et exportable, ainsi que sa composante technologique ». Selon elle, « les entrepreneurs ont avant tout besoin de soutien, entre investissements, accès à de nouveaux marchés, accompagnement stratégique et échanges entre pairs. C’est à ce niveau que LIFE intervient.
« Le Liban a toujours été un point de départ »
Même analyse du côté de Rabih Khoury, mentor au sein de l'équipe de LIFE, qui rappelle que le réseau n’est pas une plateforme d’investissement : « LIFE est avant tout une plateforme de connexions. Nous créons et finançons ces événements afin de rassembler les bonnes personnes et donner aux entrepreneurs les moyens d’avancer. » Il souligne que Dubaï est aujourd’hui le plus grand chapitre du réseau : « Le Liban a toujours été un point de départ. Autrefois, nous exportions surtout des talents humains ; aujourd’hui, nous exportons aussi des idées, de la technologie et des compétences, car le marché libanais est petit. » L’objectif est d’identifier des entrepreneurs prometteurs afin de les accompagner. « Nous coachons les fondateurs sur la structuration et la présentation de leurs projets. À ce stade, il s’agit d’entreprises capables d’attirer des ‘‘angel investors’’ qui apportent à la fois des fonds et leur savoir-faire. »
Les dix start-up présentes à la « Pitch Night » couvrent un large éventail de secteurs, de la publicité à l’énergie en passant par les ressources humaines, la cybersécurité et le sport. Parmi elles, Bilo, une plateforme publicitaire basée sur l’intelligence artificielle dédiée à l’affichage urbain, HR360, une solution RH digitale qui simplifie la gestion des présences, des salaires et de la formation du personnel, ou encore LOOP, qui développe une source durable et respectueuse du bien-être animal de bave d’escargot destinée aux industries cosmétique et pharmaceutique.
Hekmat Kassir cofondateur de Chimera, start-up spécialisée dans la cybersécurité à destination des petites et moyennes entreprises et qui a pris part à l'événement, se félicite de cette « Pitch Night ». « Au Liban, tout est contre nous : qu'il s'agisse de la géopolitique ou de la situation financière, regrette-t-il. Les fondateurs ont vraiment besoin de ce type d’événements pour un accompagnement et un véritable coup de pouce. »



