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Nos lecteurs ont la parole

La langue du cœur

On arrive dans le pays d’accueil, porteurs de nos précieuses racines et de la douce mélodie de notre langue maternelle.

De nouvelles pousses de racines naissent, timides d’abord, puis elles s’enlacent profondément au sol qui nous accueille.

On crée une famille et petit à petit la terre étrangère devient notre terre d’attache.

Les premières années de leur vie, nos enfants entendent notre langue comme un chant familier, mais, peu à peu, leurs mots s’échappent dans une autre musique.

Ils grandissent à la croisée de deux horizons, héritiers d’une mémoire qui les précède et enfants d’un pays qui les façonne.

Entre deux cultures, leur âme apprend la danse de l’équilibre. Ils tissent des ponts entre hier et demain, entre l’origine et le devenir.

Les racines se mêlent, se ramifient, se transforment.

Et lorsque vient la génération suivante, celle de nos petits-enfants, la langue première s’efface davantage. Elle subsiste à l’oreille, se devine dans les intonations, mais ne trouve plus sa place sur leurs lèvres.

Si la langue s’estompe au fil des ans, le cœur, lui, bat au rythme de deux patries, parfois même de trois.

Alors, gardons-la vivante.

Ne laissons pas notre langue devenir un souvenir, ni nos petits grandir sans les mots qui racontent leur origine.

Apprenons-leur une chanson dans notre langue, lisons-leur une histoire sur la terre de leurs ancêtres…

Car chaque mot transmis est une graine semée dans leur mémoire, un fil qui relie le passé à l’avenir, un souffle d’appartenance qui ne s’éteint jamais.

Transmettre une langue est un acte d’amour et de mémoire. C’est offrir une clé pour découvrir le pays, même lorsque le pays n’est plus tout proche.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

On arrive dans le pays d’accueil, porteurs de nos précieuses racines et de la douce mélodie de notre langue maternelle.De nouvelles pousses de racines naissent, timides d’abord, puis elles s’enlacent profondément au sol qui nous accueille. On crée une famille et petit à petit la terre étrangère devient notre terre d’attache.Les premières années de leur vie, nos enfants entendent notre langue comme un chant familier, mais, peu à peu, leurs mots s’échappent dans une autre musique.Ils grandissent à la croisée de deux horizons, héritiers d’une mémoire qui les précède et enfants d’un pays qui les façonne.Entre deux cultures, leur âme apprend la danse de l’équilibre. Ils tissent des ponts entre hier et demain, entre l’origine et le devenir.Les racines se mêlent, se ramifient, se transforment.Et lorsque...
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