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Nos lecteurs ont la parole

Une paix possible

La paix semble être un état de quiétude et de tranquillité au niveau individuel et au niveau social. L’histoire est jalonnée de périodes successives, tantôt de périodes de guerres, tantôt de périodes de paix. À la base de ces états de guerres, nous retrouvons la nature humaine et ses déviances. Notre région n’a pas le monopole de la guerre et de la discorde. L’histoire nous apprend beaucoup sur les guerres, les massacres et les déportations. Ces facteurs varient de la conquête territoriale, de la domination des ressources, des conflits politiques, idéologiques et religieux, ainsi que des motivations économiques. Derrière tout cela, il y a l’être humain avec ses passions, ses croyances, et surtout ses convictions idéologiques jusqu’à la pathologie. Les causes s’interpénètrent, se reconnectent et se retrouvent dominantes au niveau individuel et du groupe. Cette prédisposition humaine à exterminer ses semblables existe partout dans le monde. Par ailleurs, une tendance pacifiste existe aussi et doit être soutenue par une dynamique rationnelle et humaniste.

Le pape Léon XIV lors de sa visite au Liban en novembre-décembre n’a cessé de proclamer la nécessité d’une paix et d’une réconciliation par la voie du dialogue.

La ferveur populaire exprimée par les grands et les petits aspire à une déconfliction, à une sérénité, mais ne connaît pas le chemin pour y arriver. Il faut bâtir la paix sur l’élan enthousiaste de la foule qui aspire tout bonnement à la paix, la tranquillité et l’apaisement. Pour cela, il faut des chefs, des dirigeants qui éclairent le chemin et qui peuvent décider.

En fait, nous assistons à une vague de tourments et de haine qui déstabilise le Liban. L’agressivité d’Israël, précisément de Netanyahu, ne fait que semer la mort, la destruction à Gaza, au Liban, en Syrie et ailleurs, guidé par ses références bibliques. L’Iran des mollahs qui veulent jouer dans la cour des grands insiste pour réaliser son programme nucléaire. De plus, les mollahs soutiennent le parti du Hezbollah en argent et en armes pour s’opposer à Israël, et toujours d’inspiration divine.

Le Liban, pris dans le piège de sa malédiction géographique, arrive à garder sa nature, son climat et son peuple serein. Mais l’existence d’un parti inféodé à l’Iran maintient l’état de tension et de malaise social. Le poids de la foi ne fait que jeter de l’huile sur le feu. Cette foi devient une vision, une façon de penser, et au bout du compte désir ardent de se battre.

La foi étant un élan intérieur doit élever l’individu vers un Dieu unique d’amour et de sérénité. Mais dans le vécu humain, cet élan devient une source d’agressivité, de haine et de lutte jusqu’au sacrifice.

D’où vient la paix ? Qui peut établir la paix ?

Les mêmes humains sont capables de guerres et sont capables de paix. Il faut dès l’école éduquer la jeunesse, lui insuffler l’esprit d’entraide et d’ouverture vers l’autre, et surtout la tolérance et la liberté de conscience. Les responsables de notre État sont tiraillés entre le pouvoir de convaincre et le pouvoir de contraindre. La plupart des politiques ressemblent aux influenceurs qui s’enrichissent en faisant rêver les pauvres. Ils abusent le peuple et le trompent en jouant les pacificateurs. Ils se contentent d’amasser de l’argent et d’abuser de l’entregent. On aboutit à un pays noyé dans la corruption et dans l’indigence. Tous les rouages de l’État sont bloqués, c’est en fait l’être humain corrompu et pervers qui abuse et profite. C’est le manque de surveillance et de sanction. La plupart des juges sont inféodés aux politiques et les décideurs n’osent pas décider. Toujours hésitant entre convaincre ou contraindre.

L’histoire libanaise est parsemée de périodes de tristesse, de désespoir et d’émigration par manque de perspectives. Plus que jamais nous avons besoin d’hommes de paix plutôt que des hommes qui brandissent la hache de la guerre. Il faut que les personnes de bonne volonté s’expriment, osent et aient le courage de guider le peuple vers la paix.

Les humains sont capables du meilleur et du pire. Pour aboutir à la paix, il faut écarter les extrémistes. La paix, l’apaisement nécessitent des voies saines et des personnes qui s’expriment et qui rassemblent. L’entêtement de certains fait réagir d’autres par un entêtement contraire. Un dialogue chaotique ne peut en aucun cas aboutir. Il faut un dialogue serein, une médiation et des négociations par des politiciens crédibles, des hommes d’État et non hommes d’affaires.

La plupart des politiques semblent modulables pour ce qui est des principes nationaux. Cela les rend faillible et manipulable. Il faut une diplomatie respectant les grands principes, les grands idéaux, et surtout rationnelle.

Le Liban doit collaborer avec les pays arabes sur plusieurs plans, et établir un front commun sur la Palestine, sur l’économie, en sachant garder sa particularité.

Voir les pourparlers que mènent les États-Unis pour brader l’Ukraine face à la Russie doit nous donner à réfléchir, à nous inquiéter. Le sort des petits États dépend des grands hommes et des grands États qui peuvent défendre leur cause et écraser les petits.

Où va le Liban ? Que dit notre diplomatie ?

L’intérêt d’Israël domine la région, soutenu par l’équipe du président Trump pour favoriser les échanges commerciaux, l’économie et le business. C’est la paix guidée par les intérêts économiques. Qui nous dira ce qu’il y a Inside Trump’s Head, le livre du journaliste Michael Wolff. Pour éviter l’effondrement de l’ordre public, il faut réarmer notre État pour endiguer la violence. C’est le travail des hommes d’État avec une vision de relève. La cohabitation entre les humains est délicate, mais elle est possible. La foi dans un Dieu unique doit rester à l’intérieur de l’individu, dans l’intime. La vie du quotidien doit se référer à un autre registre et favoriser les échanges terrestres sans juridiction divine. Dans le respect de la foi, il faut le respect du bien social. Cela nous évitera à chacun la plongée identitaire dans la prison de l’obscurantisme.

Héraclite, philosophe présocratique (500 av. J.-C.), nous dit que « la foudre gouverne le monde ». C’est en fait la bête qui est en nous qui risque de gouverner notre intelligence. Ainsi une paix constructive sera possible et non une paix imposée et contraignante pour nous éviter la foudre.

Adel AKL

Psychiatre, psychanalyste

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La paix semble être un état de quiétude et de tranquillité au niveau individuel et au niveau social. L’histoire est jalonnée de périodes successives, tantôt de périodes de guerres, tantôt de périodes de paix. À la base de ces états de guerres, nous retrouvons la nature humaine et ses déviances. Notre région n’a pas le monopole de la guerre et de la discorde. L’histoire nous apprend beaucoup sur les guerres, les massacres et les déportations. Ces facteurs varient de la conquête territoriale, de la domination des ressources, des conflits politiques, idéologiques et religieux, ainsi que des motivations économiques. Derrière tout cela, il y a l’être humain avec ses passions, ses croyances, et surtout ses convictions idéologiques jusqu’à la pathologie. Les causes s’interpénètrent, se reconnectent et se...
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