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Société - Réchauffement Climatique

La vague de chaleur au Liban accroît un risque d'incendie déjà élevé

Plus de 2 000 départs de feu dans des zones boisées ont été enregistrés en 2026, selon la Défense civile, qui assure que ses effectifs ont maîtrisé la grande majorité de ces incidents.

La vague de chaleur au Liban accroît un risque d'incendie déjà élevé

Un bois en flammes près du village d'Akroum dans le akkar, le 31 juillet 2026. Photo relayée par notre correspondant Michel Hallak

La vague de chaleur estivale au Liban depuis le début de la semaine, qui affecte surtout les hauteurs et la plaine de la Békaa, accroît considérablement le risque de propagation des incendies dans les zones boisées, estiment Météo Liban et la Défense civile, contactés par L'Orient-Le Jour.

Plusieurs pays du bassin méditerranéen et d'Europe — notamment la France, l'Espagne, la Turquie, l'Italie et la Grèce — sont ou ont été ravagés par les flammes ces dernières semaines. Deux pompiers sont notamment décédés jeudi sur l'île de Crète en tentant de contenir un incendie qui menace des stations balnéaires et des villages.

« Au Liban, le risque reste faible qu'un départ de feu se déclenche spontanément sous l'effet de la chaleur. En revanche, la probabilité qu'un départ de feu d'origine humaine dégénère en un incendie majeur augmente considérablement dans les conditions météorologiques actuelles, où les températures dépassent de plusieurs degrés les normales de saison, déjà élevées, particulièrement dans la Békaa », explique la cheffe de division à Météo Liban, Jocelyne Abou Farès.

Un porte-parole du bureau de communication de la Défense civile a confirmé ce diagnostic, indiquant que la chaleur, qui assèche la végétation, et le vent qui balaie certaines régions rendent les conditions particulièrement propices à la propagation des incendies. Il précise que les pompiers avaient, par exemple, dû intervenir sur plus de 140 départs de feu pour la seule journée de mardi.

« Il s'agissait de départs de feu dans des zones boisées, principalement d'origine humaine, que nous avons pu maîtriser avant qu'ils ne se propagent », a indiqué le bureau, assurant que la Défense civile était pleinement mobilisée afin d'éviter de se retrouver confrontée à des incendies incontrôlables.

40 degrés dans la Békaa

Le porte-parole a ajouté que l'alerte incendie concernait une vaste zone qui incluait le Akkar, le Mont-Liban, le Liban-Sud et l'ouest de la Békaa.

Selon les statistiques fournies par le porte-parole, 2 097 incendies et départs de feu hors bâtiments ont déjà été enregistrés en 2026, contre 3 412 en 2025, une année pourtant particulièrement pauvre en précipitations. « La majorité de ces incidents se produit entre juin et novembre », précise-t-il. En 2024, ce nombre avait atteint 6 412, un niveau particulièrement élevé. En 2023, 4 276 départs de feu ont été recensés. Ces statistiques incluent les incendies détectés au Liban-Sud, y compris ceux dans les zones occupées par Israël, où la Défense civile n'a pas pu intervenir, toujours selon le porte-parole. La grande majorité de ces feux sont d'origine humaine, qu'il s'agisse d'actes volontaires, généralement perpétrés par des individus cherchant à déboiser illégalement des terrains afin d'obtenir des permis de construire, ou d'actes de négligence, ajoute-t-il.

Selon notre correspondant au Liban-Nord, Michel Hallak, les hélicoptères de l'armée et les équipes de la Défense civile sont parvenus à empêcher la propagation d'un incendie qui s'est déclaré dans la nuit de jeudi à vendredi dans les forêts de Jabal el-Hosn, sur les hauteurs de Akroum, près de la frontière libano-syrienne, dans une zone montagneuse escarpée inaccessible aux camions de pompiers.

La vague de chaleur actuelle, principalement alimentée par des masses d'air chaud en provenance du golfe Persique et d'Égypte, a commencé lundi, après un épisode inhabituel et ponctuel de précipitations sur une partie du pays. « Elle s'est fait moins ressentir entre lundi et mercredi sur la côte que dans les hauteurs et la Békaa, mais la situation s'est homogénéisée depuis », souligne Jocelyne Abou Farès.

Sur la côte, les températures oscillent entre 32 et 34 degrés, de Beyrouth à Tripoli, ce qui reste relativement proche des normales de saison. En revanche, le mercure a frôlé, voire dépassé, les 40°C dans la Békaa et risque de le faire à nouveau d'ici dimanche. L'air est plus sec sur les hauteurs, tandis que les vents de sud-est à est, qui poussent la masse d'air chaud venue d'Égypte, balaient également la mer et renforcent l'humidité sur la côte et les premiers contreforts, ajoute la même source.

Cette vague de chaleur devrait commencer à s'atténuer en début de semaine prochaine, conclut Jocelyne Abou Farès, en avertissant également contre le risque d'insolation.

La vague de chaleur estivale au Liban depuis le début de la semaine, qui affecte surtout les hauteurs et la plaine de la Békaa, accroît considérablement le risque de propagation des incendies dans les zones boisées, estiment Météo Liban et la Défense civile, contactés par L'Orient-Le Jour.Plusieurs pays du bassin méditerranéen et d'Europe — notamment la France, l'Espagne, la Turquie, l'Italie et la Grèce — sont ou ont été ravagés par les flammes ces dernières semaines. Deux pompiers sont notamment décédés jeudi sur l'île de Crète en tentant de contenir un incendie qui menace des stations balnéaires et des villages.« Au Liban, le risque reste faible qu'un départ de feu se déclenche spontanément sous l'effet de la chaleur. En revanche, la probabilité qu'un départ de feu...
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