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Nos lecteurs ont la parole

Les méconnus qu’on dit représenter

« Socrate l’Athénien, qui défendit par trois fois sa cité avec un courage exemplaire, ne vote pas (il s’en dit incapable) et ne se rend pas plus à l’assemblée, à l’Ecclésia, que dans les tribunaux. S’il se tient à l’écart des affaires de la cité démocratique, des procédures électives, délibératives ou judiciaires, c’est pour mieux les dénoncer à l’intérieur des murs athéniens qu’il ne franchit qu’exceptionnellement, par la faute d’une guerre ou attiré par un discours. L’abstention du citoyen n’est ainsi que le corrélat de la pédagogie ou de la polémique menées par le philosophe qui, à défaut de voter, se déclare utile à sa cité, dévoué au combat pour la justice… » Platon et la cité, par Jean-François Pradeau, Philosophies, 2010, Presses Universitaires de France, Cairn.Info.

Simon travaille non pour servir une fonction mais mû par une dynamique citoyenne délibérée, dégagée de tout attentisme. Il va à travers son nouveau projet culinaire initier les gens qui le souhaitent à découvrir un bien-être « handmade » de l’intelligence émotionnelle, indispensable aux dynamiques interactives. C’est bien au contact des goûts divers que ses invités vont découvrir des paysages et des lieux agricoles avant de décider les plats à composer. Les plantes sont là pour être reconnues et cueillies. Ils vont se courber pour rassembler les légumes et les herbes afin de combiner des recettes. En partenariat avec des séniors voués aux rapports agréables et utiles, il va exercer des dispositions humaines sensibles alors que tant de Libanais silencieux n’attendent plus que de recevoir de l’égard faute de justice. Les promesses et les priorités de tant de responsables ne correspondent à des manques considérables. Ils vont finalement apprendre à apprécier des espaces ouverts, à mijoter des plats et à recevoir des satisfactions indépendantes du calcul et des frustrations matérielles. L’objectif de Simon à 85 ans est de développer les vécus gustatifs et olfactifs entre des chefs amateurs pour finalement produire des goûts correspondants aux touches positives de chacun. Il dit à ce sujet : « Il est certes essentiel de réclamer des taxes. Néanmoins, depuis le déclenchement des guerres au Liban et des conflits sous-jacents, le citoyen qui remplit ses obligations subit surtout les faits accomplis des conjonctures ; régionales, internationales et locales comme si le prix à payer pour vivre est de survivre. Sinon, la valeur précieuse d’un élan démocratique demeure la célébration d’un personnage exceptionnel en fin de parcours. »

Simon propose aux personnes qui souffrent d’être négligées de découvrir enfin le plaisir du produit maison. Les priorités méconnues pourraient enfin se distinguer après plus d’un demi-siècle de traumatismes, d’expectatives décevantes et de résonances étatiques fort éloignées des souffrances profondes.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

« Socrate l’Athénien, qui défendit par trois fois sa cité avec un courage exemplaire, ne vote pas (il s’en dit incapable) et ne se rend pas plus à l’assemblée, à l’Ecclésia, que dans les tribunaux. S’il se tient à l’écart des affaires de la cité démocratique, des procédures électives, délibératives ou judiciaires, c’est pour mieux les dénoncer à l’intérieur des murs athéniens qu’il ne franchit qu’exceptionnellement, par la faute d’une guerre ou attiré par un discours. L’abstention du citoyen n’est ainsi que le corrélat de la pédagogie ou de la polémique menées par le philosophe qui, à défaut de voter, se déclare utile à sa cité, dévoué au combat pour la justice… » Platon et la cité, par Jean-François Pradeau, Philosophies, 2010, Presses Universitaires de France,...
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