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Environnement - Conseil Des Ministres

Les carrières de la Cimenterie nationale à l'ordre du jour, colère dans le Koura

Alors que la compagnie assure respecter les normes environnementales, la ministre de l’Environnement explique pourquoi le gouvernement planche sur l’affaire. Les écologistes, eux, sont aux aguets.

Les carrières de la Cimenterie nationale à l'ordre du jour, colère dans le Koura

Une carrière à Chekka. Photo d'archives Live Love/L’Orient-Le Jour

Depuis mardi, la colère ne retombe pas dans la région du Koura. En cause : le point numéro 27 de l’ordre du jour du Conseil des ministres de jeudi. « Le ministère de l’Environnement expose au débat une demande de la Cimenterie nationale pour l’obtention d’un permis concernant l’exploitation et la réhabilitation de ses carrières pour la production de ciment, dans les régions de Kfarhazir et de Bedbahon (caza du Koura, Liban-Nord) », peut-on y lire.

Pour certains, cette question réveille de très mauvais souvenirs. « Il est hors de question pour nous d’accepter une réouverture des carrières à Kfarhazir, nous avons déjà présenté des plaintes au Conseil d’État à plus d’une reprise et obtenu gain de cause contre les délais administratifs exceptionnels », s’insurge Farès Nassif, président de l’association écologique L’héritage de la terre.  

Les carrières des cimenteries du Koura sont au centre d'une longue histoire de confrontation avec les habitants qui se plaignent de la défiguration des paysages, de la dégradation environnementale, mais aussi des conséquences sanitaires de cette pollution.

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En mai dernier, le gouvernement avait annulé un délai exceptionnel de deux ans d’exploitation accordé aux cimenteries par le précédent cabinet. La ministre de l’Environnement, Tamara Elzein, avait alors expliqué à L’Orient-Le Jour que les cimenteries devaient présenter une demande pour un permis conformément au décret 8803 (le seul régissant ce secteur).

Or la présentation d’une telle demande est en gestation depuis l’été dernier. Cela a malgré tout provoqué l’ire des habitants qui ne veulent plus entendre parler de carrières. M. Nassif évoque à ce sujet un recensement effectué à la demande des autorités libanaises pour mesurer le degré d’acceptation du renouvellement des permis. Le sondage a montré « une majorité hostile au projet ».

Ibrahim Geha, président du conseil municipal de Kfarhazir, confirme à L’OLJ que la municipalité refuse la réouverture des carrières, en harmonie avec l’opinion de ses administrés. « Nous sommes très inquiets que la cimenterie n’utilise la réhabilitation des sites comme prétexte pour élargir les carrières », souligne-t-il, assurant que l’opposition aux carrières est généralisée dans le Koura.

Une reprise des carrières « vitale » ?

Mais selon Jalil Darzi, PDG de la Cimenterie nationale, la demande de permis présentée par la compagnie répond en tous points aux exigences du ministère de l’Environnement, en conformité avec le décret 8803. « Ce décret accorde, dans les cas de carrières de cimenteries, des permis de dix ans, contrairement aux autres sites qui ne bénéficient que de permis de cinq ans », dit-il à L'OLJ. En réponse aux recours présentés par les écologistes, il assure qu'il « ne s'agit plus de délais exceptionnels mais de permis réglementaires ».

Répondant aux craintes des élus et des écologistes, M. Darzi assure que « l’exploitation que l’on s’apprête à recommencer dans la zone répond à tous les critères des décisions gouvernementales concernant la réhabilitation des terrains dégradés et les mécanismes de contrôle écologique ». Il explique « s’être mis d’accord sur les conditions d’exploitation très strictes avec le ministère de l’Environnement », précisant qu’il s’agira d’exploiter les surfaces déjà dégradées sans élargir les carrières, et de réhabiliter systématiquement les zones creusées, comme la compagnie a commencé à le faire sur certaines superficies, selon lui. « Cette reprise des carrières est vitale pour la compagnie, qui importe actuellement le klinker (constituant du ciment) pour produire le béton, au lieu de le fabriquer localement, ce qui cause des pertes conséquentes », justifie-t-il.

La municipalité de Kfarhazir compte faire face

Malgré leurs différences, les protagonistes se posent tous la même question : pourquoi la ministre de l’Environnement a-t-elle décidé de soumettre cette question au Conseil des ministres au lieu de la trancher elle-même ? « Je suis bien au courant du refus des autorités locales et des écologistes, et cela fait écho à mon propre refus du renouvellement de ces permis », répond-elle dans des propos à L'OLJ.

La ministre commence par expliquer que les permis sont accordés par le Haut Conseil des carrières, qui regroupe des représentants de différents ministères, et non par le ministre. « Suite à ma position de principe et à celle, similaire, du département d’environnement et d’urbanisme, le Haut Conseil des carrières s’est réuni exceptionnellement, non sous ma direction mais sous celle du directeur général, et il n’est pas parvenu à une décision, d’où la nécessité de le soumettre au Conseil des ministres conformément aux lois en vigueur », affirme-t-elle.

Mme Elzein évoque ensuite un « lobbying intense » effectué par les cimenteries, sur fond des pertes présumées causées par l’achat du klinker, « sous prétexte du risque de licenciement d’employés ». Elle estime donc que leur requête pourrait être approuvée en Conseil des ministres, mais que, le cas échéant, son ministère « compte imposer des conditions d’exploitation très strictes, différentes du passé ».

Au cas où la requête est approuvée par le gouvernement jeudi, la municipalité de Kfarhazir et les écologistes ne comptent pas, eux, se taire. « Nous ferons face à cette décision par tous les moyens, y compris les moyens légaux, en présentant un recours au Conseil d’État », assure Ibrahim Geha.

Depuis mardi, la colère ne retombe pas dans la région du Koura. En cause : le point numéro 27 de l’ordre du jour du Conseil des ministres de jeudi. « Le ministère de l’Environnement expose au débat une demande de la Cimenterie nationale pour l’obtention d’un permis concernant l’exploitation et la réhabilitation de ses carrières pour la production de ciment, dans les régions de Kfarhazir et de Bedbahon (caza du Koura, Liban-Nord) », peut-on y lire.Pour certains, cette question réveille de très mauvais souvenirs. « Il est hors de question pour nous d’accepter une réouverture des carrières à Kfarhazir, nous avons déjà présenté des plaintes au Conseil d’État à plus d’une reprise et obtenu gain de cause contre les délais administratifs exceptionnels », s’insurge Farès Nassif, président de...
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Protester pour protester : Les cimenteries de Chekka + Sibline : Pour fabriquer du ciment il faut de la MATIÈRE PREMIÈRE : un mélange de calcaire et d'argile à plus de (1450\ °C dans un four pour obtenir du clinker. Ce CLINKER est refroidi puis broyé finement avec du GYPSE pour produire la poudre de ciment finale. Nos Écolos et Cie disent : STOP.!? Le mieux c’est importer du Clinker + Gypse – ou du ciment fabriqué ! - DONC Chekka ,après le chômage technique 95% de ses employés en 2020, reste +/- 800 employés/familles ! ON FAIT QUOI ? Employés de magasins/boutiques ?

aliosha

15 h 02, le 20 novembre 2025

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Commentaires (2)

  • Protester pour protester : Les cimenteries de Chekka + Sibline : Pour fabriquer du ciment il faut de la MATIÈRE PREMIÈRE : un mélange de calcaire et d'argile à plus de (1450\ °C dans un four pour obtenir du clinker. Ce CLINKER est refroidi puis broyé finement avec du GYPSE pour produire la poudre de ciment finale. Nos Écolos et Cie disent : STOP.!? Le mieux c’est importer du Clinker + Gypse – ou du ciment fabriqué ! - DONC Chekka ,après le chômage technique 95% de ses employés en 2020, reste +/- 800 employés/familles ! ON FAIT QUOI ? Employés de magasins/boutiques ?

    aliosha

    15 h 02, le 20 novembre 2025

  • Pas nette cette ministre.

    Avette

    22 h 22, le 19 novembre 2025

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