Un drapeau chinois. Photo d'illustration AFP
La Chine a fait état mercredi de discussions avec les Etats-Unis pour réduire leurs droits de douane sur des dizaines de milliards d'euros de marchandises, dans un effort de détente après la récente visite de Donald Trump. Le géant asiatique a également promis de prendre en compte les « préoccupations légitimes » de Washington en matière de terres rares, ces métaux cruciaux pour l'industrie moderne dont Pékin, leader mondial, contrôle les exportations.
Le président américain avait revendiqué lors de son déplacement en Chine la semaine dernière la signature d'accords commerciaux bilatéraux « fantastiques », dont la véritable nature est progressivement dévoilée des deux côtés. Les droits de douane, très utilisés par Donald Trump dans sa guerre commerciale mondiale lancée l'an passée après son retour à la Maison Blanche, constituent l'un des principaux différends entre Pékin et Washington car il pèse lourdement sur les entreprises chinoises exportatrices.
« Les deux parties sont convenues en principe de discuter d'un accord-cadre prévoyant des réductions de droits de douane réciproques sur des produits d'une valeur équivalente », couvrant « 30 milliards de dollars ou plus de chaque côté », a indiqué le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.
Ces discussions se dérouleront dans le cadre du nouveau conseil pour le commerce, dont la création a été annoncée la semaine dernière.
« S'ils réduisent les droits de douane sur environ 30 milliards de dollars de produits, cela représenterait près de 10% des importations américaines en provenance de Chine », analyse Zhiwei Zhang, économiste en chef du cabinet Pinpoint Asset Management, dans un commentaire transmis à l'AFP.
« Ce n'est pas suffisant pour changer les prévisions de croissance du PIB (...) Mais c'est un pas dans la bonne direction. Tant que les deux pays discutent pour stabiliser leurs relations, c'est une bonne nouvelle pour les investisseurs », souligne-t-il.
Terres rares
Sur la trêve commerciale d'un an décrochée en octobre lors de discussions à Kuala Lumpur, le ministère chinois du Commerce a assuré mercredi que « les équipes commerciales maintiendront une communication et des consultations étroites afin de prolonger l'accord conjoint ».
Les terres rares sont également au coeur des négociations commerciales. Les Etats-Unis veulent sécuriser leurs approvisionnements de ces métaux indispensables à de large pans de l'industrie mondiale, des missiles envoyés sur l'Iran aux smartphones, en passant par les voitures électriques.
Or la Chine reste pour l'heure incontournable. Les contrôles sur ses exportations, qu'elle a imposés l'an dernier face à la guerre commerciale menée par Washington, ont provoqué l'inquiétude de nombreux industriels américains dépendants de cette matière première.
« Les deux parties collaboreront pour examiner et résoudre les préoccupations légitimes » de chacune, a indiqué le ministère chinois du Commerce, défendant la légalité des contrôles chinois et promettant que « les demandes de licence conformes et destinées à un usage civil seront examinées ».
Avions
Le ministère a également confirmé que Pékin achèterait 200 appareils à l'avionneur Boeing, comme annoncé lors du sommet entre Xi Jinping et Donald Trump de la semaine dernière - mais sans communiquer sur le ou les modèles concernés.
Des médias américains évoquaient depuis plusieurs mois une commande potentielle record de Pékin portant sur environ 500 avions monocouloirs 737 MAX et une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777).


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