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Politique - Conseil Des Ministres

Le gouvernement remet à plus tard la question du vote des expatriés, Aoun critique le blocage parlementaire

Après l'assassinat d'Élio Abou Hanna, Nawaf Salam a appelé à poursuivre le désarmement des camps palestiniens.

Le gouvernement remet à plus tard la question du vote des expatriés, Aoun critique le blocage parlementaire

Des ministres et le président de la République, Joseph Aoun (au centre), durant le Conseil des ministres au palais de Baabda, le 29 octobre 2025. Photo publiée sur le compte X de la présidence libanaise. @LBpresidency

Alors que le Conseil des ministres de mercredi était scruté avant tout sur la question brûlante du vote des expatriés, avant le scrutin législatif de mai 2026, le gouvernement a esquivé toute prise de décision, remise à sa prochaine réunion. Une démarche vraisemblablement motivée par une volonté du Conseil des ministres de trouver une entente entre les deux camps: celui de la majorité parlementaire, qui souhaite un amendement de la loi permettant aux expatriés de voter pour les 128 députés, et celui du Hezbollah et ses alliés, qui appellent à appliquer la loi actuelle en créant une circonscription spéciale de 6 députés pour la diaspora.

La veille, et en réponse au refus du président de la Chambre Nabih Berry de rajouter à l'ordre du jour un débat sur l'amendement de la loi électorale, la majorité des députés a boycotté une séance plénière du Parlement, provoquant un défaut de quorum. Lors du Conseil des ministres, Joseph Aoun a créé la surprise en critiquant le blocage au Parlement. « Le président Aoun a estimé que ce qui se passe au Parlement empêche les prises de décision, et qu’il n’est pas acceptable d’invoquer les prérogatives pour justifier le blocage, car le pays ne peut se permettre aucune secousse », a déclaré le ministre de l'Information Paul Morcos à la suite de la réunion, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Il a été « convenu que le gouvernement examinera, lors de sa prochaine séance, un rapport clair qui sera remis par la commission chargée du suivi de la loi électorale », a indiqué le ministre. La prochaine séance est prévue le jeudi 6 novembre, selon la chaîne locale MTV.

Mardi, le chef du Législatif, Nabih Berry, avait dû reporter, une nouvelle fois, une séance faute de quorum, après le boycott de la réunion par une majorité des députés du camp anti-Hezbollah. Ces députés, dont ceux des Forces libanaises (FL) en tête, militent pour un amendement de cette loi de 2017, ce qui permettrait aux émigrés de voter pour l’ensemble des 128 sièges en fonction de leur lieu d’origine, et espéraient que le Conseil des ministres prépare un projet de loi en ce sens.

La séance a permis, en outre, la formation d'une commission ministérielle « afin de trouver un mécanisme de financement pour la reconstruction et l’indemnisation des sinistrés de l’explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020 et de la guerre israélienne ». Parmi les points à discuter figurait aussi une demande d'approbation du mécanisme de « versement des aides pour les dommages causés aux unités résidentielles et non résidentielles à la suite de l'agression israélienne depuis le 8 octobre 2023 », sans mention de la double explosion au port.

« Les armes dans les camps constituent une menace pour le Liban »

Par ailleurs, l’assassinat du Libanais de 24 ans, Élio Abou Hanna, tué dans le camp de Chatila dans la banlieue sud de Beyrouth dans la nuit de samedi à dimanche, par des tirs de miliciens palestiniens, et les réactions extrêmement polarisées que ce drame a provoquées, a été longuement discuté durant la séance. Tandis que plusieurs suspects ont été remis à l’armée libanaise mardi, le chef de l'État « a souligné l’importance de mener à bien les enquêtes », selon M. Morcos.

De son côté, le Premier ministre, Nawaf Salam, a déclaré au début de la séance qu' « il faut tirer les leçons de ce drame », à savoir que « les armes qui demeurent entre les mains de certaines factions et groupes armés à l’intérieur des camps constituent une menace pour la stabilité du Liban et la sécurité de ses habitants, et ne servent en rien la cause palestinienne ». Dans un message publié sur son compte X à l'issue de la séance, il a indiqué que sept suspects sont désormais sous les verrous.

Alors que le gouvernement est critiqué, notamment par le Courant patriotique libre (CPL, aouniste), pour la lenteur du désarmement des camps palestiniens, M. Salam a vanté des « progrès notables » dans ce dossier. Selon le Premier ministre, « le nombre de camions chargés d’armes lourdes remis à l’État dépasse désormais la vingtaine », mais « cela reste insuffisant » et «le processus de remise des armes doit se poursuivre».

La collecte des armes palestiniennes au Liban a débuté en août dernier, suite à la rencontre entre le président Joseph Aoun et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui avait alors affirmé son soutien à la souveraineté de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire et à son monopole sur les armes. Le mouvement islamiste Hamas et les autres factions palestiniennes au Liban sont toutefois réticentes à leur désarmement.

Le Premier ministre a conclu en réaffirmant « l'engagement (du gouvernement) que les armes soient exclusivement détenues par l’État libanais et ses institutions légitimes, et que son autorité s’exerce pleinement sur l’ensemble de son territoire », dans une allusion aux armes du Hezbollah. Le parti chiite pro-iranien refuse de discuter de son désarmement tant qu'Israël bombarde le territoire libanais, dans le Sud et la Békaa, et occupe au moins six points au Liban près de la frontière.

Alors que le Conseil des ministres de mercredi était scruté avant tout sur la question brûlante du vote des expatriés, avant le scrutin législatif de mai 2026, le gouvernement a esquivé toute prise de décision, remise à sa prochaine réunion. Une démarche vraisemblablement motivée par une volonté du Conseil des ministres de trouver une entente entre les deux camps: celui de la majorité parlementaire, qui souhaite un amendement de la loi permettant aux expatriés de voter pour les 128 députés, et celui du Hezbollah et ses alliés, qui appellent à appliquer la loi actuelle en créant une circonscription spéciale de 6 députés pour la diaspora.La veille, et en réponse au refus du président de la Chambre Nabih Berry de rajouter à l'ordre du jour un débat sur l'amendement de la loi électorale, la majorité des...
commentaires (26)

A croire notre président est arrivé au pouvoir pour se faire des amis et non pour sauver le pays.

Sissi zayyat

17 h 07, le 30 octobre 2025

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Commentaires (26)

  • A croire notre président est arrivé au pouvoir pour se faire des amis et non pour sauver le pays.

    Sissi zayyat

    17 h 07, le 30 octobre 2025

  • "Chi va piano, va sano e va lontano" ? Si, ma non arriva maï ...

    Remy Martin

    14 h 39, le 30 octobre 2025

  • Aoun critique le boycottage parlementaire mais il ne critique pas les comportements anticonstitutionnels de son ami le chef de mouvement Amal. pourtant c’est le seul responsable d’état qui prête serment d’être le garant pour respecter la constitution

    William SEMAAN

    12 h 59, le 30 octobre 2025

  • Toutes les positions du president deviennet de plus en plus difficiles a comprendre.

    EL KHALIL ABDALLAH

    12 h 33, le 30 octobre 2025

  • Pour les sinistrés du port, on crée une commission pour trouver un mécanisme de financement qui permetra inchallah, inchallah, inchallah, si les astres sont alignés et que les températures sont appropriés et que la mer est calme, quand les américains auront colonisé Pluton de verser l'argent. Pour les dommages causés par l'agression israélienne on est déjà au mecanisme de versement de l'aide. Une question: Pourquoi on en est pas à ce stade pour les dégats de l'explosion du port? Puisque visiblement l'argent est là.

    Moi

    11 h 04, le 30 octobre 2025

  • Rendez votre temps, nous sommes déjà morts rien qu’en assistant à cette mascarade qui en dit long sur votre volonté de sauver votre pays. Le désespoir tue aussi.

    Sissi zayyat

    10 h 07, le 30 octobre 2025

  • On entend pas beaucoup notre président critiquer ceux qui refusent de se plier aux lois et aux traités signés depuis de décennies et à qui il accorde toute sa confiance et son amitié, sans se cacher, pour leur permettre de finir leur sale besogne qui consiste à paralyser notre pays jusqu’à ce que mort s’en suive. Son comportement est pour le moins désuet et dépourvu de tout bon sens. Il privilégie ceux qui sacquent le pays et ignore la volonté du peuple qui n’en peut plus de mourir en attendant le coup de grâce qui apparement viendrait de celui qui est sensé les sauver.

    Sissi zayyat

    09 h 43, le 30 octobre 2025

  • Qu’est ce qu’il a fait « le PRÉSIDENT « de voir son ami Berri refuse de mettre sur l’ordre du jour le problème des expatriés? Rien

    Gebran Eid

    09 h 38, le 30 octobre 2025

  • Notre président revient à la charge et se croit légitime de critiquer le boycott du parlement présidé par un loubard qui se croit en terrain conquis et se comporte comme un caïd alors que sa fonction est bien définie, celle de permettre à tous les députés qui représentent les libanais, de voter et sortir le pays de cette impasse crée de toute pièce par les fossoyeurs de la république. Au lieu de critiquer les patriotes qui lui font barrage il devrait remettre ce président du parlement devant ses responsabilités en remettant les horloges à l’heure comme un président digne de ce nom aurait fait.

    Sissi zayyat

    09 h 36, le 30 octobre 2025

  • mr le president de la republique se fache? mr le president de la republique s'impatiente ? mr le president de la republique tance les parlementaires ? mr le president de la republique , soyez assure que nous autres citoyens libanais sommes bcp, bcp, bcp plus impatients que vous , impatients de voir l'etat agir plus vigoureusement mais surtout avec plus clarte

    L’acidulé

    09 h 25, le 30 octobre 2025

  • Aoun semble de plus en plus l'ami de Berry plutôt que du Liban. Il critique e boycott - parfaitement conforme à la Constitution, mais se garde bien de dire un mot de l'attitude du chef du Parlement qui en est une flagrante violation.

    Yves Prevost

    09 h 23, le 30 octobre 2025

  • يلي عند بيت اهلو على مهلو Celui qui habite chez ses parents n’est pas pressé » nos dirigeants semblent insister -aussi-sur un autre adage qui dit : "Chi va piano, va sano e va lontano

    L’acidulé

    09 h 22, le 30 octobre 2025

  • Et pourquoi ne pas critiquer l’attitude du président Berry qui agit, depuis des lustres, comme un dictateur sur le fonctionnement du parlement ?

    Ras le bol

    08 h 43, le 30 octobre 2025

  • Quand le destin de tout un pays est entre les mains de sbires, pleutres et larbins, voila ce qui en suit.....Remises à plus tard, ajournements, ajournements, indécisions, etc etc......

    Tabet Karim

    08 h 33, le 30 octobre 2025

  • Nawaf Salam semble donc pencher vers le compromissionisme de Joseph Aoun plutôt que vers la majorité parlementaire. Si ça continue comme ça, il arrivera un moment où les ministres souverainistes devront démissionner et même déposer une motion de censure contre le gouvernement et son compromissionisme. Peu de chances que cette démarche aboutisse étant donné la présence parmi eux des agents doubles haririens et joumblattistes, mais ça sera excellent pour unir les patriotes DANS ET PAR l’action en vue des législatives, union qui avait été l’élément manquant en 2022.

    MAKE LEBANON GREAT AGAIN

    08 h 08, le 30 octobre 2025

  • Tout qui s,est assigne le JOB du desarmement des milices avant la fin 2025 et se voit dans l,impossibilite de l,executer et se soumet aux chantages du Maitre Chanteur en ce qui concerne l,election de la diaspora n,a qu,a prendre ses vacances. Repandue dans tous les pays du monde peut-on demander a un Libanais de la diaspora qui vit au DUBAI d,elire un nomme elu inconnu par lui et qui vit en Argentine et ainsi de suite ? plutot qu,un de ceux de sa region au Liban bien connu par lui ? Les singeries du PERCHE et du GENDRE ne doivent pas passer.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    05 h 16, le 30 octobre 2025

  • Pour élire michel aoun, les deux frères et leur rejeton Bassil ont boudé le Parlement deux ans. On nous disait que les députés étaient libres de le faire (malgré la constitution). Alors critiquer ceux qui le font aujourd’hui est un peu hypocrite, d’autant plus que c’est pour défendre les Droits immuables de nos compatriotes à l’étranger, pas pour l’élection d’un opportuniste notoire. La Loi a bien été approuvée par ceux qui la critiquent aujourd’hui. Mais corriger l’erreur n’est pas une hérésie, et c’est parfaitement légal. En faisant pIaisir au berry il fallait aussi le lui dire.

    Goraieb Nada

    04 h 58, le 30 octobre 2025

  • Triste et pathétique: Le mot d ordre est: surtout ne rien faire - surtout ne rien decider. Lorsque possible, reculer puis reculer encore…. Y en a marre de vous toutes et tous…

    Farandole

    03 h 39, le 30 octobre 2025

  • Toujours la même rengaine... Quand allez-vous tenir compte de l'opinion de la majorité de la disapora ?

    Saliba Patricia

    23 h 36, le 29 octobre 2025

  • Il reste évident que le confessionnalisme doit être aboli, les armes ne doivent être que dans les mains de l’armée et que tous les libanais au pays et à l’étranger doivent pouvoir voter pour nos 128 députés. Il reste qu’au Liban rien ne peut-être évident !

    TrucMuche

    20 h 44, le 29 octobre 2025

  • Il ne faut surtout pas que les FL et les Kataeb flanchent.

    sancrainte

    20 h 42, le 29 octobre 2025

  • Incapables de prendre une décision. Des trouillards. Suis convaincu que si Berry esquive une concession il conditionnera ceci avec d’abord l’arrêt du boycott par l’opposition. Bide quassir rasoun.

    sancrainte

    20 h 41, le 29 octobre 2025

  • Jeter du lest et menager sans cesse le Maitre Chanteur est une mauvaise politique. Comme aussi traiter le tandem arme qui nous menace sans cesse de guerre civile en partenaire de l,ETAT contre l,avis de la majorite ecrasante des Libanais. Quand on ne peut pas executer ce dont on s,est charge on prend ses vacances.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    19 h 59, le 29 octobre 2025

  • Suite: Il est grand temps de penser à un LIBAN vraiment uni mais FEDERAL. Pour éviter de voir ces tronches déjà puis parce que LEUR Liban est à l'opposé de notre Liban. Le liban de BACHIR, RAFIC, GEBRANE et toutes les victimes assassinées ne ressemblent , pas au Liban des Mollah et autres enturbanés. Le Liban fédéral est la solution et nous perdons du temps encore et encore avec une fomule dépassée . Même la laicité sera mauvaise / dangeureuse face à des fous islamisés à l'iranienne intégristes qui ne conçoivent pas un pays "laic" alors qu'ils crient CHIA CHIA tout le temps. PAYS FEDERAL SVP

    LE FRANCOPHONE

    19 h 40, le 29 octobre 2025

  • Tout est à plus tard... Ajournez...Remettez à plus tard... Perdez votre temps... Ne décidez de rien surtout... Restez dépendants... mollusques et peureux...Laissez faire...Laissez aller... Parlez d'unité nationale bidon..Evidemment puisque tous les sujets de conflits sont "AJOURNÉS" du coup...Tout le monde est "souriant" et vit dans l'unité BIDON..Oui Messieurs ( et Mesdames) ne décidez de rien...Laissez faire le HEZBOLLAH et Cie..EUX, ILS DECIDENT et DECIDERONT pour vous et pour nous malheureusement..Puis ca fanfaronne les "mêmes phrases creuses" et vides de tout sens... BRAVO : De vrais NULS

    LE FRANCOPHONE

    19 h 34, le 29 octobre 2025

  • La prochaine séance prévue pour le 6 Nov, et le 6 Nov re-prévue pour le 13, et le 13 finalement pour le 31 Nov pour approbation unanime et imposition du vote des Libanais de la diaspora sur leur lieu de résidence. Qui ose dire avec ça qu'au Liban les décisions qui s'imposent ne sont jamais prises rapidement et une fois pour toutes ?

    Remy Martin

    17 h 48, le 29 octobre 2025

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