Le leader druze libanais Walid Joumblatt. Photo d'archives X/PSP
L'ancien chef du Parti progressiste socialiste (PSP), Walid Joumblatt, a dénoncé vendredi la présence de « figures du régime Assad au Liban » et appelé à mettre un terme à la « menace sécuritaire » posée par ces membres du régime syrien déchu, lors d'un entretien avec la chaîne syrienne Al-Ikhbariya. Il a par ailleurs commenté la situation des druzes de Soueida, en Syrie, appelant à « trouver une formule pour rapprocher les habitants de la ville du gouvernement syrien ».
« Certaines forces politiques au Liban n'ont pas compris l'histoire et n'ont pas vu que Bachar el-Assad et le parti Baas sont tombés », a commenté M. Joumblatt, en allusion à la chute de l'ancien dictateur syrien en décembre 2024, après la prise du pouvoir par le chef islamiste Ahmad el-Chareh. Le leader druze a par ailleurs révélé la présence de « figures du régime Assad au Liban qui sont protégées par les anciens alliés du régime, d'où l'importance de la coordination sécuritaire entre le Liban et la Syrie ». « Il est nécessaire de se débarrasser de ces personnes, car elles constituent une menace pour la sécurité libanaise et syrienne », a-t-il ajouté.
« L'échange sécuritaire entre le Liban et la Syrie est nécessaire, et nous voulons des relations normales entre les deux États, tout en tenant compte de certaines particularités entre le Liban et la Syrie », a déclaré M. Joumblatt.
Au sujet de l'éviction de Bachar el-Assad, M. Joumblatt a déclaré qu'il « se trouvait en France au moment de la chute du régime et qu'il avait alors appelé l'ancien Premier ministre Saad Hariri pour lui dire : « Allah Akbar » (Dieu est grand) ».
Détenus syriens au Liban
Au sujet des détenus syriens au Liban, Walid Joumblatt a souhaité « un règlement judiciaire et politique dans cette affaire, en tenant compte du fait que certains d'entre eux ont tiré sur l'armée (libanaise)». La Syrie appelle à la libération de tous ses ressortissants détenus au Liban et un accord judiciaire à ce sujet entre les deux pays est à l'étude.
Commentant la situation de la communauté druze en Syrie, M. Joumblatt a appelé à « trouver une formule qui rapproche les habitants de Soueida et le gouvernement syrien ». « Le fossé est important entre certains habitants de Soueida et le gouvernement de Damas », a-t-il ajouté, tout en affirmant qu'il « avait accompli son devoir humanitaire envers cette région par l'intermédiaire du Croissant-Rouge syrien, en collaboration avec le cheikh Aql de la communauté druze, Sami Abi el-Mona ». « Ce qu'il faut à Soueida, c'est l'enquête, la justice et la punition », a-t-il poursuivi.
Fin juillet, des violences sectaires entre tribus bédouines soutenues par les forces gouvernementales et factions druzes ont fait plus d'un millier de morts dans la région de Soueida, en majorité parmi la population druze. Walid Joumblatt a longtemps prôné le calme et le dialogue entre les druzes du Sud syrien, et a été le premier leader politique libanais à se rendre à Damas après la chute du régime Assad, exprimant alors son soutien aux nouvelles autorités syriennes. Il a par ailleurs dénoncé «une position druze qui n'est pas unifiée et des divergences profondes sur l'intervention israélienne et l'unité de la Syrie ». Peu après les accrochages à Soueida, Israël s’est érigé en protecteur de la minorité druze, en intensifiant la pression sur Damas et sa présence sur le plateau du Golan.
Au sujet de la centralisation du pouvoir en Syrie, M. Joumblatt a souligné que « le président Ahmad el-Chareh, ses collaborateurs et son ministre des Affaires étrangères doivent user de leur diplomatie pour préserver l'unité de la Syrie », précisant qu'« il n'est pas possible de revenir à l'ancien régime centralisé ». « Le gouvernement syrien doit tirer parti du réseau de relations qu'il a établi avec la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar pour faire face au projet sioniste qui vise à fragmenter la région afin de la contrôler », a-t-il poursuivi.
Concernant le rôle de l'armée libanaise au Liban-Sud, le leader druze a affirmé que la troupe « accomplit un travail formidable ». Il a en outre révélé que ses mémoires seraient bientôt publiées.



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Les mémoires de Walid K. Joumblatt seront bientôt publiées. Pour se hisser au rang des personnalités reçues dans son palais du Chouf, on peut deviner qu’il évoquera, photos à l’appui, Gorbatchev, Hollande, Perez, Sarkozy (actuellement en prison) et j‘en oublie. Il va déclarer son mea culpa sur la guerre de la Montagne, ou sur le mode de scrutin propre à son fief (imposé par l’occupant), ou bien cette victoire de la Montagne fait de lui, non pas seulement un zaïm watani, mais une entrée par la grande porte de l’Histoire ? Quelle vérité encore inconnu du grand public va-t-il révéler ? Wait&see.
12 h 23, le 26 octobre 2025