Ahmad el-Chareh dans la mosquée des Omeyyades à Damas, le 8 décembre 2024. Photo AFP
Les références à la dynastie arabe pullulent sur les réseaux sociaux et suscitent des controverses.
L'OLJ / Soulayma MARDAM BEY, le 20 octobre 2025 à 00h00
Ahmad el-Chareh dans la mosquée des Omeyyades à Damas, le 8 décembre 2024. Photo AFP
Je m’emporte pour rien, mais voilà qu’un rappel récent s’introduit dans le débat. Il n’a rien de religieux, sauf pour le culte du sport, qui selon un convaincu de sa cause dit vouloir rebaptiser la cité sportive d’un ancien président libanais, et qui n’était pas n’importe qui, par le nom d’un chef de guerre martyr de sa guerre de soutien au Hamas. Allons, allons, ce n’est pas ainsi qu’on fait honneur à notre passé…
Pour rappel : cette belle mosquée où se trouve le président intérimaire al Chareh était une cathédrale construite par la communauté orthodoxe de Syrie.
Que de bouleversements dans cette région. De "Bilad el Cham", du "Croissant fertile", de "l’Axe iranien", on n’en parle plus, et on a le tournis à les évoquer. ""Damas comme capitale des Omeyyades et de l'arabité, vous la retrouvez dans les poèmes de Nizar Kabbani, dans la voix de Feyrouz qui chante des vers de Saïd Akl sur un air des frères Rahbani "". Et les statues à la gloire des Assad (héros de l’arabité, du nationalisme arabe) sont d’inspiration soviétique. Si l’a composé pour l’arabité ?, J’ai voulu savoir si Ziad Rahbani (désormais au Paradis) a composé à la gloire des Omeyyades.
Le recours à l’histoire lors de relations entre pays est aussi de l’instrumentalisation, et l’ancien régime alaouite n’a pas manqué de s’en servir, surtout pour justifier l’occupation du Liban, son "frère et voisin". Si j’ai bien compris, c’est devant le zaïm politico-militaire de la communauté des Drouzes que le président El-Chareh a tenu ces propos : ""…Certains viennent se venger (d’eux) pour des événements survenus il y a 1 400 ans !"" Alors là, il ne joue pas ""la carte de l’ambiguïté"", et on voit bien le décalage de statut entre un président non élu démocratiquement et un chef de tribu.
On ne réclame jamais d’État, comme les Palestiniens, plutôt des régimes, pour que les peuples de la région aspirent à plus de démocratie. L’instrumentalisation d’un passé glorieux, son âge d’or pour faire un "roman national", mais finalement c’est la guerre, toujours la guerre. On l’a vu récemment, quand le président provisoire El-Chareh a voulu étendre son pouvoir sur la région des Drouzes, une frappe, dont l’origine est bien connue, a visé son ministère de la Défense et donc à l’avenir, il doit composer avec ses ennemis pour la création d’un État syrien.
Je m’emporte pour rien, mais voilà qu’un rappel récent s’introduit dans le débat. Il n’a rien de religieux, sauf pour le culte du sport, qui selon un convaincu de sa cause dit vouloir rebaptiser la cité sportive d’un ancien président libanais, et qui n’était pas n’importe qui, par le nom d’un chef de guerre martyr de sa guerre de soutien au Hamas. Allons, allons, ce n’est pas ainsi qu’on fait honneur à notre passé…
14 h 59, le 20 octobre 2025