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Nos lecteurs ont la parole

Retourner à l’observation

Jusque dans ses méthodes de travail, Jane Goodall refuse de réifier les animaux sur lesquels elle travaille, ce qui lui vaudra des reproches de la part de ses pairs. « En 1962, cela faisait deux ans que je passais mon temps à observer les chimpanzés. Je me suis rendue à l’université de Cambridge en Angleterre. Et ils m’ont dit que je n’aurais pas dû donner des prénoms aux chimpanzés, mais des numéros. Je ne devais pas parler de leur personnalité, de leur esprit, de leurs émotions, parce que tout ça, c’était le propre de l’humain, m’a-t-on dit. Et je ne pouvais pas avoir de l’empathie pour les chimpanzés, sinon je n’étais pas objective, et la science doit être objective. Mais heureusement, j’ai appris, dès l’enfance d’ailleurs, que tout ça, c’était complètement bidon, et cela, je l’ai appris auprès de mon chien, Rusty. » Jane

Goodall, Réconcilier l’humain et l’animal, publié le mardi 29 octobre 2024, France Culture.

Petit, on associe la peur à la petite lumière que maman éteint le soir. Passer à l’obscurité laisse vaquer l’esprit dans la nuit, porteuse d’étoiles et des fois de nuages blancs. Contacter le bien-être va de pair avec le ressentir. Cette expérience fascinante pour l’enfant lui permet de découvrir des situations. Il va explorer le présent avec ses dispositions sensori-motrices indiquant ce qui se passe ou pas. Cependant, le temps accordé au balayage visuel régresse insensiblement à mesure que les voix imposent leurs interprétations. Le propre du « faire face » est certes la spontanéité de l’acte mais surtout une confiance exprimée. Quand l’intelligence adapte l’élan au désir de connaître, l’individu explore sans devoir correspondre à quiconque. Pour résoudre des situations, on a besoin d’abord de les situer et de les parcourir. Cela dépend d’une observation et d’un toucher précieux. Ils deviennent secondaires quand on se contente de l’expérience virtuelle. L’émerveillement procure des instants de sérénité et une symbiose, mentale et émotionnelle. Ils nous engagent avant toute analyse. Le palper durant nos premières années de vie est un précieux acte non décalé.

Pour se prendre en charge sans accuser les autres de ses maux, l’individu a besoin de réhabiliter la sensibilité citoyenne dans un monde qui manque tant de rôles naturels, sains et humbles. En observant attentivement ce qui nous entoure, nous sommes bien plus soucieux de préserver des préconçus ou des rêves à accomplir que de répondre aux besoins vitaux. Le jardin d’éden va-t-il inspirer des êtres fidèles à la sauvegarde de l’humanité ou à son abandon ?

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Jusque dans ses méthodes de travail, Jane Goodall refuse de réifier les animaux sur lesquels elle travaille, ce qui lui vaudra des reproches de la part de ses pairs. « En 1962, cela faisait deux ans que je passais mon temps à observer les chimpanzés. Je me suis rendue à l’université de Cambridge en Angleterre. Et ils m’ont dit que je n’aurais pas dû donner des prénoms aux chimpanzés, mais des numéros. Je ne devais pas parler de leur personnalité, de leur esprit, de leurs émotions, parce que tout ça, c’était le propre de l’humain, m’a-t-on dit. Et je ne pouvais pas avoir de l’empathie pour les chimpanzés, sinon je n’étais pas objective, et la science doit être objective. Mais heureusement, j’ai appris, dès l’enfance d’ailleurs, que tout ça, c’était complètement bidon, et cela, je l’ai...
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