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Économie - Entreprises

Quatre ans après, le Medef revient en nombre au Liban, avant un crochet par la Syrie

La tournée au Liban s’inscrit dans une logique de participation à « la relance de l'ensemble de l'économie » libanaise, indique Gérard Wolf.

Quatre ans après, le Medef revient en nombre au Liban, avant un crochet par la Syrie

Gérard Wolf, qui mène la délégation du Medef International, s’exprimant à l’ESA, aux côtés de François Spiorrer, chef du service économique régional pour le Proche-Orient à l’ambassade de France, le 29 septembre 2025. Philippe Hage Boutros/L’Orient-Le Jour

En juillet 2021, une délégation restreinte d’entreprises françaises rassemblées sous la bannière du Medef International, la branche internationale du Mouvement des entreprises de France, venait à Beyrouth pour présenter son approche du chantier de la reconstruction de la capitale, ravagée par l’explosion du 4 août 2020. 

Après quatre ans d’absence, pendant lesquels la situation au Liban a beaucoup changé, c’est un contingent beaucoup plus important — 33 entreprises au lieu de 9 — qui a atterri à Beyrouth dimanche soir pour une visite de deux jours au Liban, suivie d’un aller-retour mercredi en Syrie. 

« C’est une délégation beaucoup plus grande qu’il y a quatre ans. Environ la moitié de ces entreprises sont déjà présentes au Liban », décrit à L’Orient-Le Jour Gérard Wolf, président de la Task Force Ville durable du Mouvement des entreprises de France à l’international (Medef International). français.

L’entrepreneur est également conseiller spécial – à titre permanent – du ministre français des Affaires étrangères. « Nous ne revenons que maintenant parce que nous n’avons pas pu le faire avant », ajoute celui qui menait déjà la délégation venue quatre ans plus tôt. Il ajoute que ces 33 entreprises représentent environ 80 % des grands noms du secteur privé français. 

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Programme chargé

La délégation devait initialement se rendre au Liban en juin, mais ce voyage a été annulé à la dernière minute, à la suite du déclenchement de la guerre entre Israël et l’Iran. Au Liban comme en Syrie, son programme est chargé.

Après un passage au Grand Sérail lundi pour une rencontre avec le Premier ministre Nawaf Salam et le ministre de l’Économie Amer Bsat, la délégation, accompagnée par l’ambassadeur de France Hervé Magro, a marqué une étape à l’École supérieure des affaires à Beyrouth (ESA), pour un déjeuner avec le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid, et le directeur de l’école, Maxence Duault. Plusieurs représentants du secteur privé libanais étaient présents, dont la présidente du Rassemblement de dirigeants et chefs d’entreprise libanais (RDCL), Oumana Saddi Chaya. Dans l’après-midi, les chefs d’entreprise français ont fait un détour par le Conseil économique et social présidé par Charles Arbid, où ils ont échangé avec le ministre des Finances Yassine Jaber.

Mardi, les entrepreneurs francais ont rencontré le président Joseph Aoun à Baabda. « Notre présence aujourd’hui témoigne de notre conviction qu’il est temps de reconstruire un partenariat étroit avec le Liban, et nous soutenons cette orientation de plus en plus » a déclaré Gérard Wolf depuis le palais présidentiel.

La délégation s'est ensuite rendue au ministère de l’Énergie, où l’Agence française de développement a signé un contrat avec EDF pour « la mise à jour du schéma directeur de la production électrique et du réseau de transport » d’électricité, en présence du ministre de l’Énergie Joe Saddi. « Cet appui s’inscrit dans le cadre du FEXTE (le Fonds d’expertise technique et d’échanges d’expériences, NDLR), un instrument mis en place par l’Agence française de développement avec le Trésor français, et illustre l’engagement de la France et de l’AFD aux côtés du Liban », a déclaré l’organisation sur les réseaux sociaux.

Les entrepreneurs français ont continué leur tournée chez le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, qui a assuré que « les projets actuellement menés par le ministère constituent la base d’une vision nouvelle et globale couvrant l’ensemble des secteurs » et que la transparence était le maître-mot du gouvernement Salam dans la passation des marchés publics. Elle a ensuite fait un détour par le port de Beyrouth pour une réunion avec son directeur général, Omar Itani, consacrée à la modernisation de cette infrastructure toujours partiellement détruite par l’explosion du 4 août 2020.

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Prise de contact avec la Syrie

Pour leur déplacement en Syrie mercredi, tous les rendez-vous avec les officiels et les représentants du secteur privés syriens sont déjà pris.

« Nous avons un agenda et des priorités pour chacun des pays que nous allons visiter, même si rien n’empêche d’envisager des synergies après coup. Nos relations avec le Liban sont beaucoup plus développées qu’avec la Syrie, où les entreprises françaises commencent juste à revenir », ajoute-t-il. Certains entrepreneurs venus au Liban ne seront pas du voyage en Syrie, précise Gérard Wolf, indiquant que lui-même sera absent pour honorer d’autres engagements déjà pris.

La Syrie a changé de visage depuis la chute du régime de Bachar el-Assad le 8 décembre dernier, renversé par une coalition de rebelles islamistes. Pour la première fois en douze ans, une mission diplomatique française s’était rendue à Damas une semaine plus tard, et la France a depuis rouvert son ambassade dans le pays. Une partie des sanctions qui ciblaient le régime Assad ont été levées depuis par l’Union européenne et les États-Unis.

Si l’objectif de la délégation du Medef en Syrie est d’établir le contact, la tournée au Liban s’inscrit dans une logique de participation à « la relance de l'ensemble de l'économie » libanaise, indique Gérard Wolf. « À l'époque, on était surtout sur la reconstruction de Beyrouth. Maintenant, on est dans une logique plus générale sur les infrastructures et les services essentiels, c'est-à-dire l'énergie, l'eau et le transport », précise-t-il. Le Medef international coopère « étroitement » avec la Banque mondiale, qui a déjà débloqué 250 millions de dollars de prêts approuvés par le Liban pour la reconstruction.

Aux côtés des entreprises, se trouvent également des représentants d’organismes hybrides, à l’image de la French Healthcare, une initiative public-privé qui s’est fixé pour mission de fédérer les acteurs français du secteur de la santé (entreprises, instituts, établissements) pour les promouvoir à l’étranger. Si tout se passe comme prévu, le Medef envisage de dépêcher une nouvelle délégation dès le prochain semestre, toujours selon Gérard Wolf.

En juillet 2021, une délégation restreinte d’entreprises françaises rassemblées sous la bannière du Medef International, la branche internationale du Mouvement des entreprises de France, venait à Beyrouth pour présenter son approche du chantier de la reconstruction de la capitale, ravagée par l’explosion du 4 août 2020. Après quatre ans d’absence, pendant lesquels la situation au Liban a beaucoup changé, c’est un contingent beaucoup plus important — 33 entreprises au lieu de 9 — qui a atterri à Beyrouth dimanche soir pour une visite de deux jours au Liban, suivie d’un aller-retour mercredi en Syrie. « C’est une délégation beaucoup plus grande qu’il y a quatre ans. Environ la moitié de ces entreprises sont déjà présentes au Liban », décrit à L’Orient-Le Jour Gérard Wolf, président...
commentaires (2)

Bon signe, les hommes d’affaires doivent penser qu’il est de nouveau possible de considérer le Liban comme un marché porteur. A vrai dire notre pays a toujours intéressé les autorités françaises, mais aussi sa communauté économique. La langue française y étant pour beaucoup. Tant mieux pour nous.

Goraieb Nada

07 h 20, le 01 octobre 2025

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Commentaires (2)

  • Bon signe, les hommes d’affaires doivent penser qu’il est de nouveau possible de considérer le Liban comme un marché porteur. A vrai dire notre pays a toujours intéressé les autorités françaises, mais aussi sa communauté économique. La langue française y étant pour beaucoup. Tant mieux pour nous.

    Goraieb Nada

    07 h 20, le 01 octobre 2025

  • Mauvais signe ce Medef au Liban, soit ils débauchent, soit ils exploitent, soit les deux. Mr Carlos Ghosn nous serait plus utile.

    Avette

    16 h 53, le 30 septembre 2025

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