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Société - Liban

« Nos yeux sont vos yeux » : à Aïn el-Mreissé, des centaines de personnes commémorent l’attaque des bipeurs

Ce mardi marquait le premier anniversaire de l'attaque des bipeurs ayant fait 12 morts et au moins 2931 blessés au Liban.

« Nos yeux sont vos yeux » : à Aïn el-Mreissé, des centaines de personnes commémorent l’attaque des bipeurs

Deux femmes brandissant des pancartes à l'occasion de la commémoration de l'attaque des bipeurs, le 17 septembre 2025. Photo Mohammad Yassine/L’OLJ

« Ce n’était pas un épisode de Black Mirror. C’était notre sang. Notre sang rouge. » Une manifestante brandit une pancarte parmi la foule venue pour la marche organisée à l’occasion de la commémoration de l’attaque israélienne des bipeurs, à Aïn el-Mreissé, à Beyrouth, aux alentours de 17 h. Le 17 septembre 2024, l’explosion simultanée de milliers de ces appareils rudimentaires utilisés par le Hezbollah et piégés par l’armée israélienne a fait 12 morts et au moins 2 931 blessés.

Plus de 300 personnes, selon un policier libanais présent sur place, ont répondu à l’appel initié, entre autres, par Khalil Harb, ancien journaliste du journal as-Safir qui n'est plus publié. « Nous avons lancé cet appel avec des personnalités pour dire que notre sang n’est pas gratuit et que l’on ne doit pas accepter qu’un tel crime soit commis sur notre terre », déclare-t-il à notre journaliste sur place Lyana Alameddine. Le choix de Aïn el-Mreissé a été motivé « pour que personne ne lui attribue une affiliation politique », dit-il.

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Une dizaine de soldats libanais et de policiers ont été déployés pour assurer la sécurité. Sur place, des posters représentant des hommes blessés par les bipeurs sont distribués avec la phrase : « Nos yeux, sont vos yeux », en référence aux blessures infligées par la détonation. D’autres brandissent le drapeau libanais, ainsi que celui du Hezbollah et du Parti syrien national social (PSNS). « Je suis venue pour témoigner de ma solidarité avec les blessés des bipeurs, qui ont beaucoup sacrifié pour nous », partage Jana, la vingtaine, qui vit dans la banlieue sud de Beyrouth. « Si l’on se projette un an en arrière, c’était une journée terrifiante. Elle montre à quel point cet ennemi est criminel. Personne ne s’attendait à une telle attaque. Mais nous sommes forts et nous savons nous relever à chaque instant », confie-t-elle.

Plus loin, un homme est venu avec sa petite fille, qu’il porte dans ses bras. « Les blessés ont fait preuve d’honneur et de dignité. Ils ont sacrifié leurs yeux et leurs mains pour que nous puissions vivre. Sans eux, nous ne serions pas ici. Cette journée restera noire. C’est la première fois dans l’histoire que l’on voit une telle violence, ciblant des femmes et des enfants », dit-il. « Il y a des gens dans le pays qui se réjouissent de ce qui s’est passé, qui manquent d’honneur et de dignité. Le pays a toujours été divisé », critique-t-il.

À proximité de la marche, une jeune femme demande à un militaire ce qui se passe. « Je suis contre le fait que ce genre de marche se déroule ici. Qu’ils fassent ça sur leur propre territoire », critique-t-elle, sous couvert d'anonymat, près de son amie, Aïn el-Mreissé étant un quartier essentiellement sunnite. « Quel genre de message veulent-ils envoyer ? Ce qui est arrivé, est arrivé », dit la dame qui est originaire du Akkar (Nord).

Sur place, un communiqué est distribué aux manifestants, appelant le gouvernement à constituer « un dossier juridique complet, avec le recours à des experts et juristes libanais, afin de poursuivre l’entité israélienne pour ses crimes devant les juridictions internationales ». Le texte dénonce un « crime de guerre » et une « violation des droits de l’homme ». Il conclut que la démarche vise à «refuser d’être obligés par Israël d’accepter comme normale l’idée de nous tuer ».

« Garder la tête haute »

Avant que la marche ne commence, un blessé qui a « perdu ses deux yeux » lors de l’attaque des bipeurs, Ali Ibrahim, affirme, au micro, devant les manifestants que « la détermination est encore plus forte » malgré les « difficultés ». « L’ennemi voulait nous briser, mais cela ne se produira pas. Nous garderons la tête haute. Nous ne serons pas brisés », dit le trentenaire, dont la prise de parole se conclut sous les cris des femmes : « Labbayka ya Nasrallah ! (À tes ordres Nasrallah). » Certains reprennent le slogan, d’autres pas.

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Durant la marche, menée par une fanfare de jeunes garçons, tandis que résonnent des chansons de Julia Boutros, la voix de la « résistance », des manifestants portent à bras-le-corps le portrait de Hassan Nasrallah, éliminé par Israël en septembre 2024. Sur la corniche, certains crient « Mort à Israël », promettent de ne jamais abandonner la Palestine, de ne « jamais rendre les armes », devant des passants perplexes venus passer du bon temps sur la corniche du front de mer.

Posés sur un rocher au bord de l'eau, des hommes en maillot de bain, qui profitaient des derniers rayons du soleil, observent la marche, qui prend fin quelques minutes plus tard, au niveau de l'Université américaine de Beyrouth (AUB), et se termine par l’hymne national libanais.

« Ce n’était pas un épisode de Black Mirror. C’était notre sang. Notre sang rouge. » Une manifestante brandit une pancarte parmi la foule venue pour la marche organisée à l’occasion de la commémoration de l’attaque israélienne des bipeurs, à Aïn el-Mreissé, à Beyrouth, aux alentours de 17 h. Le 17 septembre 2024, l’explosion simultanée de milliers de ces appareils rudimentaires utilisés par le Hezbollah et piégés par l’armée israélienne a fait 12 morts et au moins 2 931 blessés.Plus de 300 personnes, selon un policier libanais présent sur place, ont répondu à l’appel initié, entre autres, par Khalil Harb, ancien journaliste du journal as-Safir qui n'est plus publié. « Nous avons lancé cet appel avec des personnalités pour dire que notre sang n’est pas gratuit et que l’on ne doit pas...
commentaires (6)

Quid des manifestants pacifiques blessés aux yeux par ce qui est appelé police du parlement

Ras le bol

10 h 05, le 18 septembre 2025

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Commentaires (6)

  • Quid des manifestants pacifiques blessés aux yeux par ce qui est appelé police du parlement

    Ras le bol

    10 h 05, le 18 septembre 2025

  • 300 personnes ? a se demander si l'OLJ a fait expres de publier cet article..... en tous cas bravo , c'est tres explicite pour ceux qui veulent bien y refrlechir.

    L’acidulé

    09 h 12, le 18 septembre 2025

  • Nos boites ne sont pas vos boites. Nos yeux ne sont pas vos yeux. Les unes sont vides, les autres sont pleines. Les uns ne voient que le sombre que l,iran leur ordonne de voir, les autres libres distinguent la nuit du jour. Dans le CHOC des DEUX SATANS autoritaires se perdent la SERViTUDE et L,HABILETE...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 11, le 18 septembre 2025

  • Nos yeux sont vos yeux dit le slogan ... mais c'est ainsi depuis longtemps non ? les foules qui sont acquises à la cause mafieuse sont aveugles depuis longtemps et ne perçoivent le monde et le Liban qu'à travers les yeux de leurs chefs eux aussi aveugles car ils ne voient qu'à travers les yeux de leur mentor assassin de son peuple, l'Iran.

    Zeidan

    09 h 06, le 18 septembre 2025

  • Les bippeurs furent tout aussi illégaux que les armes que le gouvernement dit vouloir supprimer. L’armée aurait dû intervenir pour interdire cette manifestation dans un quartier dont les habitants eux-mêmes refusent les armes illégales bippeurs compris. Il y a fort à penser que l’armée restera tout autant passive devant l’illumination annoncée de Raouché, et tous ces signes montrent clairement que sans contrainte externe l’armée ne mettra pas en œuvre son propre plan de collecte des armes illégales. Le gouvernement aurait pu lui-même exercer cette contrainte sur l’armée, il ne l’a pas fait.

    MAKE LEBANON GREAT AGAIN

    08 h 29, le 18 septembre 2025

  • Ils ont joué, ils ont perdu. Où est l'injustice? Quand on fait la guerre, il faut s'attendre à des surprises, pas toujours attendues et pas toujours bonnes. " ils se sont sacrifiés" pour qui? Et pour quel résultat. Il faut cesser ce genre de slogans d'un temps révolu.

    Citoyen

    22 h 05, le 17 septembre 2025

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