L’entrée d’une école de l’Unrwa dans un camp palestinien au Liban. João Sousa/L’Orient-Le Jour archives.
Tandis que se poursuit la grève dans le camp des réfugiés palestiniens de Beddaoui, au Liban-Nord, initiée lundi, pour protester contre certains services de l’Unrwa, l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine, en raison des coupes budgétaires en son sein, une réunion s'est tenue mercredi entre le président du comité de dialogue libano-palestinien, Ramez Dimachkiyé, la directrice des affaires de l'Unrwa au Liban, Dorothee Klaus, et le ministre de l’Intérieur, le général Ahmad Hajjar, afin de « suivre les dossiers essentiels liés à la situation des réfugiés palestiniens au Liban », rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). L’Unrwa a transmis un communiqué à L’Orient-Le Jour, visant à apaiser les craintes des bénéficiaires des aides de l'agence.
La réunion entre les représentants a notamment abordé la question de l’émission de cartes d’identité biométriques, ainsi que celle des frais liés aux procédures légales et judiciaires. M. Dimachkiyé a souligné « l’importance d’une coordination permanente avec le ministère de l’Intérieur et des Municipalités pour améliorer les conditions de vie des réfugiés palestiniens à tous les niveaux ».
Début juin, la directrice du comité de dialogue libano-palestinien, Nadine Marouk, expliquait à L’Orient-Le Jour que les Palestiniens ne disposent actuellement que de « documents en carton qui peuvent être facilement falsifiés », et qu’un travail était en cours pour les remplacer par des cartes d’identité biométriques.
« Indifférence persistante aux revendications »
Mercredi, les habitants du camp ont annoncé dans un communiqué « la poursuite de la fermeture et de la grève ouverte dans toutes les installations de l’Unrwa du camp de Beddaoui, à l’exception des services de santé, et ce face à l’indifférence persistante aux revendications de notre population, à la poursuite de la politique de marginalisation pratiquée par la direction de l’Unrwa, et au comportement irréfléchi de son représentant ».
Le communiqué précise que la grève se poursuivra « jusqu’à la satisfaction des revendications légitimes, au premier rang desquelles la division des classes sur la base de 40 élèves par classe », appelant les habitants à « se joindre au mouvement et à agir collectivement pour réclamer les droits bafoués par la direction de l’Unrwa ».
Lundi, les habitants dénonçaient déjà « des classes surchargées » et demandaient notamment l’annulation d'une décision d’augmenter le nombre d’élèves par classe à 50, alors que « le plafond avait été auparavant fixé à 43 par accord avec le syndicat des enseignants palestiniens ». Un plafond jugé « excessif » compte tenu de la « taille réduite » des salles. S’ajoutent également aux revendications des grévistes la question des transferts médicaux pour les malades et celle des affaires sociales.
Les grévistes avaient ajouté que l’administration de l’agence faisait porter « les pressions américaines et sionistes injustes exercées sur l’Unrwa » sur les réfugiés palestiniens à l’intérieur, en particulier dans les camps, plutôt que de « trouver des solutions concrètes et de travailler à établir un réseau international de soutien alternatif ».
De son côté, l’Unrwa a transmis un communiqué à L’Orient-Le Jour pour dissiper les craintes. Elle rappelle d'abord que ses services essentiels restent opérationnels « malgré sa situation financière critique ». Selon le texte, « il n’y a aucune réduction des services de santé » et « 26 centres médicaux à travers le Liban continuent de fournir des consultations gratuites, générales et spécialisées, ainsi que les médicaments essentiels. Les réfugiés ont également accès à l’hospitalisation subventionnée dans 32 hôpitaux partenaires », ajoute l’agence.
Par ailleurs, concernant le volet éducatif, l'Unrwa précise que "des dispositions temporaires ont été mises en place dans une école à Tyr, regroupant les élèves de deux établissements dans un seul bâtiment, dans le seul but de garantir que personne ne soit laissé pour compte et que tous les élèves puissent poursuivre leur scolarité sans interruption, en attendant que l’Unrwa parvienne à sécuriser un nouveau bâtiment scolaire". "Les manuels, fournitures scolaires et autres matériels essentiels ont été sécurisés, et leur distribution aux écoles est déjà en cours" explique le communiqué, qui précise que " les écoles de l’agence au Liban se préparent à rouvrir et à accueillir plus de 37 000 élèves (le nombre total d'élèves au sein de l'agence sur l'ensemble du territoire libanais, NDLR) pour l’année scolaire 2025/26" .
"Ces services essentiels se poursuivent malgré la grave situation financière de l’Agence, qui gère actuellement son budget au mois le mois, tout en intensifiant ses efforts de collecte de fonds afin de maintenir ses écoles ouvertes et ses centres de santé opérationnels " conclut l'agence.
Il n’est pas rare que les camps de réfugiés palestiniens recourent à des grèves pour exprimer leur désapprobation face aux décisions de l’Unrwa. En février dernier, des réfugiés palestiniens avaient fermé des centres, des sièges et des écoles de l’Unrwa dans différents camps du Liban, notamment son siège principal à Beyrouth, en réponse à l'indifférence de l'organisation, selon eux, quant à leurs revendications concernant la suspension « arbitraire » de cinq enseignants depuis octobre 2024.


