L’entrée d’une école de l’Unrwa dans un camp palestinien au Liban. João Sousa/L’Orient-Le Jour archives
Les habitants du camp des réfugiés palestiniens de Beddaoui, dans le Liban-Nord, ont lancé un mouvement de grève générale « jusqu'à nouvel ordre » ce lundi, les institutions étant totalement fermées, à l’exception des centres de services de santé, rapporte l’Ani (officiel). L'appel a été mené par des forces étudiantes palestiniennes, le rassemblement de la jeunesse palestinienne et les comités de parents du camp.
La cause ? L’Unrwa (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) refuse de répondre à plusieurs de leurs « revendications », selon un communiqué des grévistes, énumérant plusieurs griefs, cité par l’Ani. Ces derniers dénoncent « des classes surchargées » et demandent notamment l’annulation d'une décision d’augmenter le nombre d’élèves par classe à 50, alors que le « plafond avait été auparavant fixé à 43 par accord avec le syndicat des enseignants palestiniens ». Un plafond jugé « excessif » compte tenu de la « taille réduite » des salles. S’ajoutent également aux revendications des grévistes la question des transferts médicaux pour les malades et celle des affaires sociales.
Les grévistes ont ajouté que l’administration de l’agence fait porter les « pressions américaines et sionistes injustes exercées sur l’Unrwa » sur les réfugiés palestiniens à l’intérieur, en particulier dans les camps, plutôt que de « trouver des solutions concrètes et de travailler à établir un réseau international de soutien alternatif ». Ils citent diverses décisions liées à l’éducation, telles que la fermeture de plusieurs écoles dans le Sud, la suppression de l'informatique et la dissolution de tous les comités scolaires, y compris le comité de santé. Ils ont donc annoncé une « grève générale et illimitée dans les écoles de l’Unrwa du camp de Beddaoui, ainsi que dans le bureau des affaires sociales et dans le bureau du directeur de l’Unrwa du camp, à compter d’aujourd’hui (lundi), et qui devrait s’étendre aux autres régions par la suite », conclut la déclaration.
De son côté, l’UNRWA a transmis un communiqué à L’Orient-Le Jour pour rappeler que ses services essentiels restent opérationnels « malgré sa situation financière critique ». Selon le texte, « il n’y a aucune réduction des services de santé » et « 26 centres médicaux à travers le Liban continuent de fournir des consultations gratuites, générales et spécialisées, ainsi que les médicaments essentiels. Les réfugiés ont également accès à l’hospitalisation subventionnée dans 32 hôpitaux partenaires », ajoute l’agence. Concernant l’éducation, l’UNRWA assure que « les écoles de l’agence au Liban se préparent à rouvrir et à accueillir plus de 37 000 élèves pour l’année scolaire 2025/26 ».
Il n’est pas rare que les camps de réfugiés palestiniens recourent à des grèves pour exprimer leur désapprobation face aux décisions de l’Unrwa. En février dernier, des réfugiés palestiniens avaient fermé des centres, des sièges et des écoles de l’Unrwa dans différents camps du Liban, notamment son siège principal à Beyrouth, en réponse à l'indifférence de l'organisation, selon eux, quant à leurs revendications concernant la suspension « arbitraire » de cinq enseignants depuis octobre 2024.




La Croix-Rouge libanaise évacue dix civils du caza de Nabatiyé