Le secrétaire d'État américain Marco Rubio et son épouse Jeanette Dousdebes arrivent à l'aéroport international Ben Gourion, près de Lod, en Israël, le 14 septembre 2025. Photo Nathan Howard/Reuters
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé dimanche lors d'une rencontre avec le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio que sa visite en Israël montrait « la force » des liens entre les deux pays.
Cette visite « montre la force de l'alliance israélo-américaine. Elle est aussi forte, aussi durable que les pierres du mur des Lamentations que nous venons de toucher », a déclaré M. Netanyahu, au cours d'une visite conjointe au Mur des Lamentations, dans la Vieille ville de Jérusalem.
Cette visite intervient alors que le président américain Donald Trump s'est montré contrarié par l'attaque israélienne de mardi, qui visait les hauts responsables du mouvement islamiste palestinien au Qatar, autre allié des États-Unis, alors qu'ils étaient réunis pour examiner une proposition de cessez-le-feu envoyée par l'administration américaine.
Cette frappe sans précédent a été mené contre un complexe résidentiel en plein cœur de Doha, capitale du pays médiateur dans les négociations autour de la bande de Gaza, dévastée par près de deux ans de bombardements israéliens et rongée par la famine causée par le blocus israélien contre l'aide humanitaire.
La frappe à Doha « ne va pas changer la nature de notre relation avec Israël, mais nous allons devoir en parler, (parler) de quel impact cela aura », a déclaré le chef de la diplomatie américaine à des journalistes avant son départ de Washington.
Selon le département d'État, le but du voyage est d'assurer Israël du soutien des États-Unis, avant la reconnaissance prochaine par plusieurs pays, dont la France, d'un État palestinien lors de l'Assemblée générale de l'ONU.
À Jérusalem, M. Rubio doit se rendre dimanche au mur des Lamentations en compagnie de Benjamin Netanyahu, selon le bureau du Premier ministre israélien. Ses principaux entretiens, notamment avec M. Netanyahu, sont prévus lundi, avant son départ mardi.
Cette visite « montre la force de l'alliance israélo-américaine. Elle est aussi forte, aussi durable que les pierres du mur des Lamentations que nous venons de toucher », a déclaré M. Netanyahu, au cours d'une visite conjointe au Mur des Lamentations, dans la Vieille ville de Jérusalem.
« Obstacle »
« Les chefs terroristes du Hamas vivant au Qatar se moquent du sort des habitants de Gaza. Ils ont bloqué toutes les tentatives de cessez-le-feu afin de prolonger indéfiniment la guerre », a affirmé M. Netanyahu sur X. « Se débarrasser d'eux permettrait d'éliminer le principal obstacle à la libération de tous nos otages et à la fin de la guerre. »
Mais pour le Forum des familles d'otages israéliens retenus à Gaza, c'est M. Netanyahu qui représente un « obstacle » à la fin de la guerre. « Chaque fois qu'un accord est sur le point d'être conclu, Netanyahu le sabote », affirment-ils.
Dans la bande de Gaza, l'armée israélienne poursuit son invasion de Gaza-ville, plus grande aire urbaine de l'enclave, avec l'objectif affiché de la vider intégralement de sa population, estimée à environ un million de personnes, selon l'ONU.
Interrogé par des journalistes avant son départ samedi des États-Unis, M Rubio a déclaré considérer le lieu comme « l'un des sites archéologiques les plus importants au monde », minimisant la portée politique de sa visite dans cette partie de la ville sainte, occupée et annexée par Israël depuis 1967.
Lors de son premier mandat, Donald Trump avait pris une décision historique en transférant l'ambassade américaine à Jérusalem, rompant avec le consensus international et au grand dam des Palestiniens qui revendiquent la partie orientale de la ville comme capitale de l'Etat auquel ils aspirent.
Selon les correspondants locaux d'Al Jazeera, l'aviation israélienne a détruit dimanche la tour résidentielle al-Kawthar dans le quartier d'al-Rimal, dans le sud de Gaza-ville, à l'aide de plusieurs missiles, moins de deux heures après avoir averti les résidents de quitter les lieux.
Dans un message publié sur Telegram, l'armée israélienne, sans fournir aucune preuve, a accusé le Hamas d'utiliser la tour comme base de collecte d'informations, comme elle l'affirmait avant de détruire les précédentes grandes tours résidentielles de la ville ces derniers jours.
Selon des sources médicales hospitalières citées par Al Jazeera, au moins 31 Palestiniens ont été tués depuis l'aube dimanche par les attaques israéliennes menées à travers le territoire, tandis que la troupe a de nouveau ordonné aux habitants d'évacuer vers le sud dans des nouveaux ordres d'évacuation publiés par son porte-parole arabophone.
« Passivité alarmante »
Des images de l'AFP montrent une file de véhicules et de piétons quittant Gaza-ville en direction du sud, le long d'immeubles en ruines. Parmi eux figuraient un amputé avançant sur des béquilles, un couple avec un nouveau-né et un homme en fauteuil roulant tenant un enfant. De nombreux acteurs humanitaires jugent qu'un nouveau déplacement de la population du nord vers le sud du territoire est impossible et dangereux.
Bakri Diab, qui a fui l'ouest de Gaza-ville vers le sud, affirme que les frappes israéliennes se poursuivent aussi dans cette zone. « Le Sud n'est pas sûr non plus », dit ce père de quatre enfants âgé de 35 ans.
La visite de M. Rubio a peu de chances de déboucher sur une trêve, souligne Brian Katulis, chercheur principal au Middle East Institute. « Il y a une passivité alarmante dans les efforts pour parvenir à une trêve à Gaza », estime-t-il, ajoutant que « l'administration (américaine) semble davantage à l'écoute de sa propre base, composée de Huckabee et d'autres chrétiens évangéliques alliés à la droite israélienne », en référence à l'ambassadeur américain à Jérusalem, Mike Huckabee, pasteur évangélique et fervent soutien d'Israël.
Depuis le début de l'offensive israélienne contre la bande de Gaza en octobre 2023, au moins 64 756 Palestiniens ont été tués, selon les données officielles du ministère de la Santé de Gaza.




