L'émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad al-Thani (à droite), reçoit le président américain Donald Trump à Doha, la capitale du Qatar, le 14 mai 2025. Photo d'archives AFP/BRENDAN SMIALOWSKI.
Le président américain Donald Trump, et ses principaux conseillers, soupçonneraient le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de chercher à saboter les négociations visant à obtenir un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, suite aux frappes israéliennes inédites le 9 septembre à Doha, visant des dirigeants du Hamas, ainsi qu'aux menaces ayant suivi, rapporte une personne proche de l'équipe de sécurité nationale du président, ayant requis l'anonymat, à Politico.
« Chaque fois qu'ils font des progrès, il semble que (M. Netanyahu) bombarde quelqu'un », a déclaré la source, expliquant que c'est la raison pour laquelle « le président et ses conseillers sont si frustrés par Netanyahu ».
Donald Trump, dans une rare rebuffade publique de son allié Benjamin Netanyahu, avait critiqué mardi l'attaque. « Je ne suis pas ravi » et « je suis très mécontent », avait dit le président américain pendant un bref échange avec la presse avant d'aller dîner dans un restaurant proche de la Maison Blanche, avait rapporté l'AFP.
La source américaine précitée, ainsi qu'un « responsable américain au fait de la situation », indiquent tous deux à Politico que la Maison Blanche s'efforce « d'apaiser » les Qataris. Dans ce cadre, la source proche du président révèle au site d'information que le secrétaire d'État Marco Rubio, qui doit se rendre en Israël la semaine prochaine, a évoqué « ces derniers jours » avec le Premier ministre qatari, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, « un plan d’élargissement de l’accord de coopération en matière de défense avec les États-Unis ».
La Syrie et le Qatar
Toujours selon le responsable américain proche de l'équipe de sécurité nationale, «l’incapacité de Trump à contrôler Netanyahu» est particulièrement « irritante » pour les responsables américains, « lorsque le Premier ministre israélien prend des initiatives qui affectent directement les relations des États-Unis dans des régions comme la Syrie et le Qatar ».
Israël a bombardé le 16 juin dernier des sites du gouvernement syrien à Damas et dans d'autres régions du pays, dans le contexte des exactions commises à Soueida contre les druzes, mettant déjà dans l'embarras son allié américain, soucieux de préserver la stabilité de la Syrie, sous la houlette de son nouveau dirigeant Ahmed el-Chareh. Lors de sa tournée au Moyen-Orient en mai dernier, lors de laquelle il avait rencontré M. Chareh, et levé les sanctions américaines sur la Syrie, Donald Trump avait déjà confié aux dirigeants d’Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis, nouveaux artisans de la politique de Trump dans la région, sa frustration à l'égard de M. Netanyahu, précise encore la source.
Le Premier ministre qatari devait se rendre à New York et à Washington vendredi pour rencontrer des responsables américains afin de discuter de la frappe israélienne ainsi que de l’état des pourparlers de cessez-le-feu à Gaza, rapportent les sites d'information Politico et Axios. Le cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani doit rencontrer à la Maison Blanche le matin Marco Rubio, ainsi que le le vice-président JD Vance, et le soir à New York Donald Trump et l’envoyé spécial de la Maison Blanche Steve Witkoff, rapporte Axios vendredi, citant « deux sources informées ». Le département d'État américain a confirmé la rencontre entre Marco Rubio et le cheikh Al-Thani, qui se tiendra à 11h15 heure locale.
Par ailleurs, Doha accueillera un sommet arabo-islamique d'urgence dimanche et lundi afin de discuter de l'attaque israélienne et d'une « réponse coordonnée ».
Mercredi, le lendemain des frappes israéliennes sur Doha, le Hamas a affirmé que ses plus hauts responsables avaient survécu à l'attaque, mais que cinq de ses membres avaient été tués, ainsi qu’un membre des forces de sécurité qataries. Jeudi, dans un entretien à CNN, le Premier ministre qatari avait déclaré espérer une réponse régionale collective à l’attaque et annoncé qu’un sommet arabo-islamique se tiendrait à Doha pour décider d’une ligne de conduite. « J’espère que la frappe israélienne au Qatar n’affectera pas les négociations sur Gaza. Nous voulons la libération des otages, et nous la voulons rapidement », a déclaré M. Trump à des journalistes jeudi, rapporte Axios.




C'est clair comme le nez au milieu de la figure ! A croire que Trump a inventé l'eau chaude.
12 h 18, le 14 septembre 2025