Crédit: Tarek Moukaddem
Il y a ceux qui couvrent l’actualité et ceux qui prennent du recul pour en interroger le sens. Kim Ghattas a fait les deux. À l’âge de 13 ans, alors qu’elle grandissait dans le Beyrouth de la guerre civile, elle se décide à devenir journaliste, convaincue que si les gens comprenaient mieux, la guerre pourrait cesser. Après plus de vingt ans à couvrir le terrain pour la BBC, le Financial Times et le Volkskrant – décrochant au passage un Emmy –, elle se tourne vers l’écriture de livres : « D’une certaine manière, c’est écrire pour la postérité », confie-t-elle.
Son travail est désormais indispensable à quiconque cherche à comprendre la région : The Secretary, son récit de voyages aux côtés de l’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, et Black Wave, qui analyse comment l’année 1979 – avec la révolution iranienne et le tournant conservateur de l’Arabie saoudite – a redéfini le Moyen-Orient. Chroniqueuse rigoureuse, elle analyse comment cette année-là a déclenché une rivalité entre Téhéran et Riyad dont les répercussions se font sentir jusqu’à aujourd’hui, alimentant l’intolérance, muselant l’expression et redessinant la carte politique et religieuse de l’Égypte au Pakistan.
L’autrice travaille actuellement à son troisième ouvrage, qui explore la collision entre la révolution iranienne et l’invasion israélienne du Liban en 1982, donnant naissance à l’axe iranien et à quarante ans d’hostilité américano-iranienne.
Le dimanche 14 septembre à 17 heures, dans le cadre du festival de L’Orient-Le Jour « Un vent de liberté », Kim Ghattas participera à un entretien intimiste modéré par Iva Kovic-Chahine, responsable de L’Orient Today.
Une discussion ouverte qui naviguera entre les tranchées du journalisme quotidien et l’horizon du temps long des livres : pourquoi elle s’est éloignée de l’immédiateté de l’actualité, ce que signifie relier les points à travers les décennies, et comment suivre les ondes de choc des décisions passées et présentes. La conversation s’appuiera également sur la double perspective de l’invité : une Libanaise qui a vécu les conséquences des politiques étrangères et une correspondante à la Maison-Blanche qui a rapporté des informations au cœur du pouvoir.
Collaboratrice du magazine The Atlantic et éditrice au Financial Times, elle intervient régulièrement sur CNN, NPR et MSNBC. Née et élevée à Beyrouth, elle siège également au conseil d’administration de l’Université américaine de Beyrouth et du Global Centre for Pluralism, parmi d’autres fonctions. Mais ce mois de septembre, à l’hippodrome, c’est surtout dans son tout premier événement public au Liban qu’elle excellera : apporter une analyse aiguisée, sans complaisance – parfois même déstabilisante –, pour dissiper la confusion ambiante.
La conversation se tiendra en anglais. Entrée libre.




Kim Ghattas est une analyste du Moyen-Orient d’une grande érudition, finesse et lucidité. Excellente initiative de la part de l’OLJ de l’inviter au festival !
16 h 06, le 06 septembre 2025