Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil (à gauche), et l’ancien président de la République, Michel Aoun, lors du dîner annuel du comité du CPL à Zahlé, le 29 août 2025. Photo ANI
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, a réitéré vendredi soir son soutien à l’armée libanaise, qui est chargée de préparer un plan de désarmement des milices, dont le Hezbollah, sous la pression de tensions entre le parti chiite qui refuse de remettre son arsenal sous la force et du cabinet qui s'est engagé à récupérer le monopole des armes avant la fin de l'année.
Cette pression a encore été accentuée par les États-Unis qui ont affirmé cette semaine qu'Israël refuse de se retirer du Liban-Sud, où son armée occupe encore au moins six positions, tant que le désarmement n'est pas effectif. Un sénateur de la délégation américaine présente à Beyrouth en début de semaine, Lindsey Graham, a en outre évoqué, alors qu'il se trouvait jeudi à Tel-Aviv, un éventuel rôle que Washington voudrait voir la troupe jouer dans le cadre d'un « plan B » pour un désarmement « par la force militaire ». De l'autre côté, le chef du parti chiite a menacé d'une « confrontation » en cas de désarmement par la force et ses responsables mettent régulièrement en garde contre des tensions internes.
C'est dans ce contexte que M. Bassil, qui s'est entretenu jeudi avec le commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal, a déclaré lors d'un dîner partisan à Zahlé, dans la Békaa, que le parti aouniste « se tient aux côtés de l’armée et la soutient ». S’adressant aux militaires, il a ajouté : « Ne laissez personne vous imposer plus que ce que vous pouvez assumer, ni alléger votre fardeau si vous êtes capables de le porter. »
L'ancien président de la République, et fondateur du CPL, Michel Aoun, était présent au dîner à Zahlé, ainsi que des dignitaires religieux, des élus et anciens élus du parti et des partisans, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
« Nous nous sommes retournés contre les armes du Hezbollah »
Dans son discours, le chef du CPL est également revenu sur les raisons ayant poussé le parti à couper les ponts avec le Hezbollah, son ancien allié. Il a souligné que lors de la signature de l'entente de Mar Mikhaël, en 2006, le CPL considérait alors qu’il confiait « une seule mission aux armes du Hezbollah : la défense du Liban, dans le cadre d’une stratégie de défense approuvée par l’État libanais, et dans laquelle cet arsenal serait intégré. » Toutefois, « nous nous sommes détournés de ces armes lorsqu’elles nous ont entraînés dans une guerre et un axe régional qui n’a rien à voir avec nous », a-t-il poursuivi.
Le Hezbollah avait ouvert, le 8 octobre 2023, au lendemain de l'attaque meurtrière du Hamas en Israël et du début de l'offensive israélienne sanglante sur Gaza, un « front de soutien » au Hamas. Ces tirs de roquettes ont lancé une guerre ouverte avec l'armée israélienne, qui a culminé, à l'automne dernier, en offensive violente, avec des bombardements de plusieurs régions du Liban, l'explosion de bipeurs piégés par le Mossad, l'élimination du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 27 septembre, ainsi que celle de nombreux cadres et commandants et la destruction d'une bonne partie de l'arsenal du groupe, jusqu’à la trêve du 27 novembre 2024. Malgré le cessez-le-feu, Israël continue d’occuper au moins six zones dans le sud du Liban et de mener des frappes quasi quotidiennes sur le pays.
Gebran Bassil a ajouté que « lorsque ces armes n’ont plus eu d’effet dissuasif pour empêcher Israël de nous attaquer, nous avons déclaré qu'elles devaient être exclusivement détenues par l’État ». Il a réclamé dans ce cadre que c'était le « prix à payer » par le Liban pour « le neutraliser des conflits régionaux et parvenir à combiner protection et souveraineté. »
Relations avec la Syrie
À propos des liens du Liban avec Damas, M. Bassil, qui a souvent exprimé sa méfiance vis-à-vis du nouveau pouvoir syrien, a affirmé vouloir « de bonnes relations avec la Syrie. » « Nous devons dépasser l’idée d’une hostilité ou d'une soumission » envers le pays voisin, a-t-il indiqué. Il a averti qu’une éventuelle division de la Syrie, qui connaît des épisodes de violences intercommunautaires, avec des éléments proches du pouvoir accusés de massacres notamment au sein des communautés druzes et alaouites, « rejaillirait sur le Liban ».
M. Bassil a également appelé l’État libanais à adopter une « politique claire » à l’égard de Damas, notamment en ce qui concerne les migrants et réfugiés syriens au Liban. Le député de Batroun a en outre jugé « inacceptable que de nombreux responsables libanais se rendent en Syrie, alors qu’aucun responsable syrien ne soit venu Liban » depuis la prise de pouvoir d'Ahmad el-Chareh.
Une délégation syrienne était attendue au Liban plus tôt cette semaine mais a finalement reporté sa visite, qui pourrait avoir lieu lundi. Ce déplacement visait entre autres à finaliser un accord sur le transfert des détenus syriens des prisons libanaises vers la Syrie, et à établir des mécanismes pour réguler l’entrée et la sortie des citoyens syriens au Liban.




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Gebran Bassil est un homme d’Etat qui soulève tous problèmes avec un raisonnement logique et rationnel .
12 h 40, le 01 septembre 2025