Le chef du CPL, Gebran Bassil. Archives AFP
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) Gebran Bassil a affirmé vendredi soir être en faveur du désarmement des milices au Liban, critiquant toutefois la manière dont les autorités s'y prennent, notamment après le coup d'envoi du désarmement des camps palestiniens jeudi.
« Nous sommes avec vous pour que les armes soient remises, pas pour faire du théâtre. Nous sommes avec vous pour confier à l'armée une mission qu'elle est réellement capable d'accomplir (...) mais non pour l'envoyer dans l'abîme afin qu'elle échoue », a souligné M. Bassil lors d'un dîner organisé par son parti à Zahrani (Liban-Sud), selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Il a ainsi prévenu que « la catastrophe serait que vous preniez une décision et la mettiez en œuvre d'une manière conduisant à la guerre, ou que vous ne la mettiez pas en œuvre et que vous perdiez à nouveau l'autorité de l'État ».
Commentant le début du désarmement des camps palestiniens, entamé jeudi soir à Bourj el-Brajné, dans la banlieue de Beyrouth, M. Bassil a ironisé : « De qui vous moquez-vous ? Est-ce ainsi que vous voulez récupérer les armes palestiniennes ? ».
Le désarmement par l'armée libanaise des camps palestiniens a commencé conformément à un accord conclu en mai dernier lors d'une visite à Beyrouth du président de l'Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas, afin de garantir le monopole de l’État libanais sur les armes.
Les autorités libanaises ont chargé l'armée, début août, d'élaborer un plan, dans un délai d'un mois, pour désarmer le Hezbollah. Une décision que le parti-milice, longtemps allié du CPL, refuse après la récente guerre, tant que l'armée israélienne maintient une présence au Liban-Sud et poursuit ses frappes dans plusieurs régions du pays. Jeudi, l’émissaire américain Tom Barrack, qui a plaidé lors de ses déplacements à Beyrouth en faveur d'un monopole complet de l'État sur les armes, a salué le début du désarmement des camps palestiniens. Il avait présenté une feuille de route, avalisée le 7 août par le gouvernement, pour parvenir à un respect total des modalités de la trêve entre le parti chiite et Israël. Le « plan Barrack » prévoit des échéances claires pour le désarmement et le retrait de l'armée israélienne des territoires libanais qu'elle continue d'occuper.
« Le danger de la guerre »
S'adressant aux autorités, Gebran Bassil a ajouté : « Vous faites des concessions sans rien obtenir en retour et donnez une excuse pour ne pas remettre les armes, ce qui conduit à de nouvelles erreurs et nous expose au danger de la guerre et de la destruction. Où est le gouvernement et pourquoi ne parle-t-il pas de la reconstruction comme il parle de la remise des armes ? ».
Le leader maronite a affirmé vouloir « une armée unique et une seule arme, nous voulons la primauté du monopole des armes et que le Hezbollah, ainsi que tous ceux qui détiennent des armes, comprennent que les circonstances ont changé et que la défense du Liban a d’autres exigences ». Il a aussi fait valoir que « l’erreur vient de ceux qui ont établi une politique erronée liant le Liban à des politiques et des intérêts étrangers, dont nous avons payé le prix ici et à l’étranger, et nous nous y sommes opposés depuis 2006 ». Selon lui, « depuis lors, le président Michel Aoun parle d’une stratégie de défense du Liban et n’a jamais évoqué de stratégie offensive contre Israël ou pour libérer la Palestine ». « Notre mission est de défendre le Liban et celle des Palestiniens est de défendre la Palestine, c’est pourquoi nous ne soutenons pas l’armement palestinien, ni à l’intérieur ni à l’extérieur des camps », a conclu Gebran Bassil.




0 charisme… 0 crédibilité… il n’a jamais rien prouvé en 20 ans et il ose faire des leçons de morale.
13 h 19, le 24 août 2025