Des migrants marchent alors qu'ils sont rassemblés par les garde-côtes grecs après avoir débarqué d'un cargo, dans le port de Lavrio, au sud d'Athènes, le 10 juillet 2025. Photo AFP/ARIS MESSINIS
La justice grecque n'a pas autorisé l'expulsion de quatre ressortissants soudanais, après un recours en référé du Conseil grec pour les réfugiés (GCR) contre une récente loi du gouvernement grec qui suspend temporairement l'accès à l'asile, a annoncé mardi cette ONG. « La cour administrative de première instance d'Athènes a rendu lundi une ordonnance provisoire » qui n'autorise pas Athènes à procéder au retour de ces quatre personnes dans leur pays, a indiqué le GCR dans un communiqué.
Face à la forte recrudescence des arrivées en Crète depuis la Libye début juillet, la Grèce avait annoncé et voté dans la foulée au Parlement une loi qui suspend pour trois mois l'accès à l'asile pour les migrants arrivant à bord de bateaux en provenance des pays d'Afrique du Nord. Le GCR rappelle que « le 14 août 2025, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) avait également émis des mesures provisoires (...) indiquant au gouvernement grec de ne pas éloigner du pays ces quatre Soudanais ».
Plus de 10.000 personnes ont débarqué en Crète, destination touristique très prisée, et à Gavdos, petite île située à proximité, depuis le début de l'année, contre 4.935 en 2024, selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Près de 27% des exilés arrivant par cette route sont des ressortissants Soudanais tandis que 47% sont Égyptiens.
Début août, un mois après le vote de la loi sur la suspension temporaire de l'examen des demandes d'asile en Grèce, le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, s'est félicité de la réduction du nombre d'arrivées en Crète par l'Afrique du Nord. « Le message envoyé que la Grèce ne va pas examiner des demandes d'asile pour trois mois a eu un résultat », avait déclaré sur la chaîne de télévision publique ERT ce ministre, connu pour ses positions antimigratoires.
De nombreuses organisations internationales dont le HCR et le Conseil de l'Europe, ainsi que 109 ONG y compris le GCR, ont dénoncé la suspension de l'accès à l'asile en Grèce, en estimant que cette loi était contraire au droit international et européen. Au pouvoir depuis 2019, le gouvernement conservateur grec de Kyriakos Mitsotakis ne cesse de durcir sa politique migratoire.
La Grèce avait été critiquée pour des refoulements illégaux de migrants et réfugiés vers la Turquie par des organisations internationales dont l'ONU et l'UE, des accusations rejetées par le gouvernement.


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