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Environnement - Liban

Saddi interdit les activités dans le barrage de Chabrouh pour protéger la qualité de l'eau

« Des contacts sont en cours avec les bailleurs de fonds afin de financer des études sur les moyens de valoriser le site à des fins touristiques », affirme le ministère de l'Énergie.

Saddi interdit les activités dans le barrage de Chabrouh pour protéger la qualité de l'eau

Le lac artificiel de Chabrouh, dans le Kesrouan, le 21 juin dernier. Photo Philippe Hage Boutros

Tout accès ou activité dans l’enceinte du barrage de Chabrouh (Kesrouan) sont dorénavant interdits pour y préserver la qualité de l'eau, a annoncé le ministère de l’Énergie et de l’Eau Joe Saddi dans un communiqué publié samedi.

Le ministre a affirmé avoir pris cette décision afin de protéger la qualité de l’eau potable consommée par les habitants du Mont-Liban, d’éviter toute forme de pollution, de protéger le barrage et, en cas d’accident pouvant survenir aux visiteurs du site ou aux personnes pratiquant des activités dans ses environs, de dégager le ministère de toute responsabilité.

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Cette année, le barrage de Chabrouh n'a stocké que 30 % de sa capacité

Joe Saddi a aussi eu recours à une instance internationale spécialisée qui a élaboré une étude scientifique sur les risques que les activités dans le barrage représentent. Le rapport, publié le 6 août 2025, recommande de suspendre toute utilisation non nécessaire, considérée comme une priorité nationale pour garantir la continuité des ressources en eau potable lors des périodes de sécheresse ou de crises hydriques aiguës. Il a mis en garde contre les activités mécaniques (jet-ski, ski nautique à moteur) afin d’éviter la pollution et les perturbations, considérant qu’elles représentent de grands risques pour la qualité de l’eau et l’équilibre écologique (pollution pétrolière, bruit, tourbillons d’eau perturbants, remise en suspension des sédiments), appelant à les exclure des zones d’eau potable ou des zones fortement réglementées. Bien que le texte mentionne la possibilité d’autoriser certaines activités à faible impact (aviron, kayak, natation sous surveillance) avec un contrôle continu de la qualité de l’eau et l’application de mesures de contrôle inexistantes dans les barrages libanais, il a conditionné ces activités à ce qu’elles ne se déroulent pas pendant les périodes de sécheresse.

Le ministre s'est aussi appuyé sur plusieurs rapports dont les recommandations n’avaient pas été appliquées dans le passé. En juillet 2024, un rapport du service des recherches et installations techniques qui étudiait l’autorisation donnée à l’association «Kesrouan» d’organiser des activités et aménagements au sein du barrage avait conclu que ces activités « entraîneraient la pollution de l’eau du lac et endommageraient le lieu » et que la « pollution engendrée alourdirait le traitement nécessaire à la potabilisation ». Par ailleurs, le rapport rappelait que le barrage de Chabrouh « n’est pas équipé pour assurer la sécurité publique », que « tout travail sur les biens publics doit respecter les règles administratives, légales et financières ». Il souligne aussi que « le site et le lac étant des biens publics, il ne peut y avoir d’occupation sans base légale ni redevance », et que « le barrage n’est pas doté des équipements nécessaires pour ce type d’activités (toilettes, sanitaires, conteneurs à déchets, etc.) ».

Un rapport daté du 16 avril 2025, réalisé par le chef par intérim du service des recherches et installations techniques, l’ingénieur Georges Rizk, a relevé « des installations récentes et non permanentes dans l’enceinte du barrage, la présence de pédalos dans la salle de contrôle et sur le lac, l’ouverture d’une piste en terre sur la rive gauche, longeant le lac au niveau de la ligne d’eau en cas de remplissage, sans aucun plan disponible auprès du ministère ».

Dèjà en 2013, un rapport de Liban Consult AGM indiquait que « la navigation de bateaux rapides pendant environ un mois avait contribué de façon notable à l’augmentation et à la dispersion des sédiments légers en raison des vagues provoquées sur les rives du lac ».

Le ministère a ainsi ajouté que des « contacts sont en cours avec les bailleurs de fonds afin de financer des études sur les moyens de valoriser le site à des fins touristiques, tout en donnant la priorité absolue à la préservation de l’eau potable et à la santé des citoyens », alors que le Liban a fait face à un hiver 2024-2025 particulièrement pauvre en eau. À Beyrouth, il est tombé cette saison 382,1 millimètres de pluie, contre 1 051,3 l’année dernière, et 822 en moyenne sur trente ans, selon les chiffres de Météo-Liban. Cette année, le barrage de Chabrouh n’a stocké que 30 % de sa capacité.

Tout accès ou activité dans l’enceinte du barrage de Chabrouh (Kesrouan) sont dorénavant interdits pour y préserver la qualité de l'eau, a annoncé le ministère de l’Énergie et de l’Eau Joe Saddi dans un communiqué publié samedi.Le ministre a affirmé avoir pris cette décision afin de protéger la qualité de l’eau potable consommée par les habitants du Mont-Liban, d’éviter toute forme de pollution, de protéger le barrage et, en cas d’accident pouvant survenir aux visiteurs du site ou aux personnes pratiquant des activités dans ses environs, de dégager le ministère de toute responsabilité. Lire aussi Cette année, le barrage de Chabrouh n'a stocké que 30 % de sa capacité Joe Saddi a aussi eu recours à une instance internationale spécialisée qui a élaboré une étude scientifique sur les...
commentaires (5)

Bravo MR le ministre

William SEMAAN

14 h 38, le 24 août 2025

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Commentaires (5)

  • Bravo MR le ministre

    William SEMAAN

    14 h 38, le 24 août 2025

  • Great initiative

    Georges Khalil

    21 h 32, le 23 août 2025

  • C'est fou, il y avait un Parc d'attractions sur un domaine public et cela sans autre forme de procès ? Merci Mr le ministre de remettre de l'ordre dans ce b*****.

    Avette

    19 h 54, le 23 août 2025

  • Merci monsieur Saddi pour ces mesures indispensables. Nos commercants, non-contents de nous faire payer l'eau privatisee a prix d'or (saharij) veulent egalement polluer le peu d'eau publique qui nous reste.

    Michel Trad

    18 h 05, le 23 août 2025

  • On est curieux de savoir quel est le taux de remplissage des barrages cette année et à quoi est utilisée l'eau pour chacun. Aussi comment ils sonnt alimentés. A un moment où il y a une série de controverses politiques, environnementales sur le sujet, l'olj pourrait quand meme nous éclairer.

    Moi

    18 h 01, le 23 août 2025

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