L’aéroport de Qleyaat, au Liban-Nord. Photo Michel Hallak
Le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, a annoncé depuis Tripoli, Liban-Nord, que « l’étude de faisabilité économique de l’aéroport de Qleyaat - dans le Akkar - a été achevée » et que « le projet est en attente des étapes exécutives pour sa remise en service », selon un communiqué publié mardi par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Le ministre a tenu ces propos lundi soir sur l’île Abdel Wahab, aux côtés du Premier ministre, Nawaf Salam, et du ministre de l’Économie et du Commerce, Amer Bsat, en marge d’une tournée passant par la Foire internationale Rachid Karamé, la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture, ainsi que le port de Tripoli. Le ministre n'a pas fourni de détail sur l'étude ni précisé si elle sera publiée. Il a souligné que « la remise en service de l’aéroport René Mouawad de Qleyaat constitue un pilier essentiel pour stimuler le mouvement commercial et touristique dans le Nord », précisant que « l’étude de faisabilité économique de l’aéroport a été achevée et que le projet est en attente des étapes exécutives pour sa remise en service ».
Incluse dans la déclaration ministérielle, la réhabilitation et la remise en service de l’aéroport de Qleyaat sont considérées comme une priorité par le gouvernement de Nawaf Salam. Cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’exécutif de doter le Liban d’une infrastructure complémentaire à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), afin de désengorger le trafic. Conçu pour accueillir six millions de passagers, l’AIB fonctionne régulièrement en surcapacité, ce qui entraîne une forte congestion lors des hautes saisons, lorsque de nombreux Libanais de la diaspora rentrent et repartent du pays.
La remise en service de ce second aéroport pourrait également contribuer à relancer l’activité économique dans le nord du pays, et plus particulièrement dans le Akkar, l’une des régions les plus rurales et les plus pauvres du Liban. Située à la frontière syrienne et voisine de Tripoli, deuxième ville du pays, cette région pourrait ainsi bénéficier d’un levier de développement stratégique.
Aménagé par l’armée française en 1938, l’aéroport de Qleyaat a été placé, en 1966, sous le contrôle de l’armée libanaise, qui l'a modernisé en base militaire. Il a été rebaptisé Aéroport René Moawad en 1989, en hommage au président de la République élu – sur les lieux mêmes – puis assassiné.
Lors de son allocution, Fayez Rassamny a aussi assuré que le gouvernement « s’attache à réaliser des accomplissements concrets », révélant que « Tripoli sera bientôt au rendez-vous de nouveaux projets en préparation qui contribueront à propulser la ville vers un avenir meilleur ». Le ministre a ajouté que Tripoli, qui « n’a besoin que de stabilité pour créer des opportunités d’emploi et relancer la roue du développement », possède « des ressources et des potentialités importantes qui en font un modèle économique et social à exporter vers les différentes régions libanaises ».
La question de l’ouverture d’un second aéroport au Liban se pose depuis de longues années. Les guerres successives qui ont mené au bombardement de la banlieue sud de Beyrouth (où se trouve l’actuel aéroport) ont poussé de nombreuses voix à s’élever pour en revendiquer un deuxième.
Nawaf Salam avait présidé le 18 juin une réunion au Grand Sérail consacrée au projet de réhabilitation de cet aéroport , en présence de Fayez Rassamny et des représentants du cabinet d’ingénierie Dar al-Handassa qui avaient présenté un plan directeur préliminaire qui comprend notamment une proposition pour le terminal passagers, la tour de contrôle, ainsi qu’un état des lieux des pistes.
Inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres les 16 et 20 juin derniers, le projet de loi autorisant le développement de cet aéroport – selon les modèles « BOT » (Build-Operate-Transfer) ou « DBOT » (Design-Build-Operate-Transfer), a dû être suspendu. Car le ministère des Travaux publics avait tenté de soustraire le projet des procédures encadrant les partenariats publics-privés, suscitant l’inquiétude de plusieurs ministres qui y ont vu une tentative de court-circuiter le Conseil supérieur de la privatisation (CSP). Un consensus s’est donc dégagé au sein du Conseil des ministres : avant d’aller plus loin, il faut réviser la loi n° 48 de 2017, pierre angulaire de la régulation des PPP au Liban, ce qui a été fait lors de la séance du 27 juin dernier, le texte étant transmis au Parlement pour adoption.




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11 h 41, le 21 août 2025