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Politique - Repère

Cinq choses à savoir sur les relations entre le Liban et l'Iran

Reconstruction, financements, énergie, liaisons aériennes, tourisme religieux... « L'Orient-Le Jour » revient sur cinq points notables.

Cinq choses à savoir sur les relations entre le Liban et l'Iran

Une statue de l'ancien chef assassiné de la force Qods iranienne, Kassem Soleimani, le 5 janvier 2021 dans le quartier de Ghobeiri dans la banlieue sud de Beyrouth. Photo d'archives AFP/Joseph EID

Il y a quelques années, l'un de ses députés se vantait du fait que l'Iran contrôlait quatre capitales arabes, Sanaa, Damas, Bagdad, mais aussi Beyrouth. Toutefois, Téhéran, qui se remet d'une guerre de 12 jours avec Israël, se trouve désormais dans une position délicate alors que sa milice protégée, le Hezbollah, sort grandement affaiblie par 13 mois de guerre contre l'État hébreu, dans le sillage du conflit à Gaza. Autrefois principale puissance qui exerçait son hégémonie sur le pays du Cèdre à travers son allié chiite, l'Iran et son influence semblent en perte de vitesse à l'heure où les autorités libanaises, poussées par les puissances occidentales, veulent reprendre en main le monopole des armes qu'elles partageaient avec le Hezbollah. Une situation qui résultait de décennies d'efforts iraniens pour armer, financer et former le parti chiite, allant jusqu'à étendre son influence religieuse et culturelle dans le pays.

Reconstruction, financements, énergie, liaisons aériennes, tourisme religieux... L'Orient-Le Jour revient sur cinq points notables qui marquent les relations entre le Liban et l'Iran à l'heure où le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, Ali Larijani, menait mercredi une visite officielle à Beyrouth pour maintenir son influence sur la scène libanaise.

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1. Suspension des vols directs entre Beyrouth et Téhéran

Trois mois après la fin du dernier conflit entre le Hezbollah et Israël, le Liban suspend en février les vols en provenance et vers l'Iran, après avoir refusé d'accorder des autorisations d'atterrissage pour deux vols de la compagnie Mahan Air, suite à des menaces israéliennes de bombarder l'Aéroport international de Beyrouth (AIB), Tel-Aviv accusant Téhéran d'acheminer du cash au Hezbollah. Cette interdiction, toujours en cours, provoque des manifestations de partisans du Hezbollah qui ont bloqué la route menant à l'aéroport de Beyrouth, près de la banlieue sud de la capitale. En représailles, Téhéran interdit aux avions libanais de rapatrier des dizaines de ressortissants libanais bloqués sur place, ajoutant qu'aucun appareil ne serait autorisé à se poser en Iran tant que les vols iraniens ne seraient pas les bienvenus à Beyrouth.

2. Reconstruction en 2006 et cash

Lors d'un autre conflit entre le Hezbollah et Israël, la guerre de juillet 2006, l'Iran fait partie des pays ayant pris part aux efforts de reconstruction au Liban après 33 jours de guerre dévastatrice. En 2010, peu avant la visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au Liban, l'ex-chef du Hezbollah assassiné par Israël Hassan Nasrallah admet que son parti a reçu des aides iraniennes en espèces qui lui ont permis de reconstruire des habitations détruites en 2006. Selon un article de la BBC de 2013, qui cite notamment l'ancien chef du parti, la réhabilitation de la banlieue sud aurait coûté 400 millions de dollars, dont la moitié aurait été payée par l'Iran.

Durant la visite du président Ahmadinejad, quatorze accords de coopération sont signés, portant sur les échanges commerciaux, touristiques et médicaux, ainsi que sur le domaine de l'éducation, de la technologie, du sport, de l'énergie et de l'eau. Des accords qui resteront souvent lettre morte.

3. Fioul iranien et promesses pour le secteur de l'électricité

En 2021, en pleine crise économique et financière au Liban, le Hezbollah, au fait de sa puissance, achemine du fioul iranien via la Syrie, déboursant au passage plus de 10 millions de dollars, selon son ancien chef, alors que de nombreux produits de première nécessité sont en rupture.

Face au secteur public libanais défaillant de l'électricité, Téhéran exprime à plusieurs reprises sa disposition à fournir son aide aux autorités, promettant même en 2024 d'accorder du fioul au Liban, de réhabiliter les centrales électriques vétustes ou d'en construire de nouvelles. Mais face à un Iran sous sanctions occidentales, principalement américaines, les autorités libanaises ne donnent pas de suite à cette proposition. Il en sera de même pour une autre prévoyant un soutien à l'armée libanaise.

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4. Étudiants libanais en Iran

Sur le plan éducatif, de nombreux étudiants libanais majoritairement issus de la communauté chiite choisissent de poursuivre leurs études en Iran, notamment dans les domaines de l'ingénierie et de la médecine. Il y aurait 7 000 étudiants libanais en Iran, selon un article du quotidien Nida’ al-Watan publié cet été. Ces jeunes se sont retrouvés pris au piège, lors des frappes israéliennes et américaines sur l'Iran en juin. Il n'existe toutefois aucun chiffre sur le nombre d'étudiants iraniens au Liban actuellement.

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5. Tourisme religieux et lune de miel

Les relations libano-iraniennes sont également marquées par l'aspect religieux. Des dignitaires libanais chiites suivent ainsi des études de théologie dans la ville sainte de Qom, dans le centre du pays, l'une des références religieuses de l'islam chiite, aux côtés de la ville de Najaf, en Irak. De nombreux chiites libanais effectuent dans ce contexte des pèlerinages en Iran. Des voyages de groupes vers les « maqams » iraniens, des lieux saints où sont enterrés des figures de l'islam chiite, sont organisés à partir du Liban, notamment vers Machhad, dans le nord-est du pays.

Par ailleurs, l'île iranienne de Kish, dans le sud du pays, était considérée comme une destination prisée par certains couples libanais qui s'y rendaient pour y passer leur lune de miel.

Il y a quelques années, l'un de ses députés se vantait du fait que l'Iran contrôlait quatre capitales arabes, Sanaa, Damas, Bagdad, mais aussi Beyrouth. Toutefois, Téhéran, qui se remet d'une guerre de 12 jours avec Israël, se trouve désormais dans une position délicate alors que sa milice protégée, le Hezbollah, sort grandement affaiblie par 13 mois de guerre contre l'État hébreu, dans le sillage du conflit à Gaza. Autrefois principale puissance qui exerçait son hégémonie sur le pays du Cèdre à travers son allié chiite, l'Iran et son influence semblent en perte de vitesse à l'heure où les autorités libanaises, poussées par les puissances occidentales, veulent reprendre en main le monopole des armes qu'elles partageaient avec le Hezbollah. Une situation qui résultait de décennies...
commentaires (1)

"au fait de sa puissance" -> au faîte de sa puissance.

Nagi Nahas

19 h 39, le 13 août 2025

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Commentaires (1)

  • "au fait de sa puissance" -> au faîte de sa puissance.

    Nagi Nahas

    19 h 39, le 13 août 2025

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