La façade du Grand Sérail. Photo d'illustration Philippe HAGE BOUTROS/L'Orient-Le Jour
Les déclarations véhémentes de Naïm Kassem vendredi matin, dans lesquelles il a martelé que le Hezbollah refuserait d’abandonner ses armes à l’État libanais et que sa formation était prête à un affrontement si celui-ci lui était imposé, ont suscité de nombreuses réactions au vitriol au sein de la classe politique libanaise.
Le Premier ministre Nawaf Salam est monté au créneau dans un message publié sur son compte X, dans lequel il a cité un entretien donné le même jour à as-Sharq al-Awsat.
« Les propos du secrétaire général du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, contiennent une menace implicite de guerre civile. Or, personne au Liban aujourd’hui ne souhaite une guerre civile, et toute forme de menace ou d’évocation de celle-ci est totalement inacceptable », a déclaré le chef du gouvernement. « Nous mettons en garde contre tout comportement irresponsable qui pourrait encourager la discorde et la division », a-t-il ajouté.
« Nos décisions sont purement libanaises »
« Affirmer que le gouvernement libanais exécute un projet américano-israélien est infondé. Nos décisions sont purement libanaises, prises au sein de notre Conseil des ministres, et nul ne peut nous les imposer », a insisté le Premier ministre. « L’accord de Taëf est notre pacte fondamental et stipule explicitement : '' l’extension de l’autorité de l’État libanais sur l’ensemble de son territoire par ses propres forces ''. Aucun parti au Liban n’est autorisé à porter les armes en dehors du cadre de l’État » », a-t-il ajouté. Une réponse directe au secrétaire général du Hezbollah, qui avait déclaré que les armes de la « résistance » tiraient leur légitimité de l'accord de Taëf, qui ont mis fin à la guerre civile de 1975-1990.
« Personne n’a demandé que les armes du Hezbollah soient remises à l’ennemi israélien, comme certains le prétendent, mais bien à l’armée libanaise, dont nous refusons de mettre en doute le patriotisme », a encore déclaré M. Salam.
Plusieurs représentants chiites ont soutenu la position de Naïm Kassem, dont l'ancien ministre Moustafa Byram, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan ou encore le député Jamil el-Sayyed.
Une réunion entre les anciens présidents
Au cours de la même journée, les anciens présidents Amine Gemayel et Michel Sleimane, ainsi que les anciens Premiers ministres Nagib Mikati, Fouad Siniora et Tammam Salam, ont tenu une réunion par visioconférence via Zoom. À l’issue de celle-ci, ils ont également réagi au discours du chef du Hezbollah, après avoir condamné les actions israéliennes qui poursuivent quotidiennement leurs frappes, principalement au Liban-Sud.
Dans leur communiqué, ils ont exprimé leur « inquiétude » face aux propos du secrétaire général du mouvement chiite, « qui a affirmé son rejet de la position et des décisions du gouvernement libanais, de la politique de concentration des armes entre les mains des forces militaires et sécuritaires légitimes, et son refus de remettre les armes à l’État ». Ils ont également estimé que « l’escalade de Naïm Kassem et ses conditions politiques risquent de compliquer la situation et de mettre des obstacles sur le chemin de la restauration de l’autorité complète de l’État ».
Réactions sunnites, chrétiennes et druzes
Le député sunnite de Tripoli, Achraf Rifi, a été l’un des premiers à réagir dans la matinée, en mettant en garde le Hezbollah contre « le recours aux menaces de guerre civile », dans une déclaration faite à la suite du discours du secrétaire général du Hezbollah. « Le parti du cheikh Naïm Kassem a apporté l’occupation, la catastrophe humanitaire et l’effondrement économique au Liban. Aujourd’hui, après sa défaite, il menace l’État et le peuple libanais, se présente en victime et accuse la majorité de trahison », a-t-il déclaré, selon un communiqué publié par l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). « Assez de fuite devant les responsabilités. La seule solution est : l’État, l’État et l’État. Nous vous avertissons : cessez de menacer d’une guerre civile. Ce serait une catastrophe pour tous, et surtout pour vous, après avoir aliéné toutes les communautés libanaises et leur avoir nui », a-t-il ajouté avant d’inviter le parti chiite à abandonner son allégeance à l’Iran, qui « s’effondre aujourd’hui tant sur le plan interne que sur tous les terrains où il est intervenu ».
Le ministre de la Justice, Adel Nassar, dont une intervention donnée à al-Ghad TV a été également relayée par l’Ani, a critiqué : « La menace de certains de détruire le Liban pour défendre leurs armes met fin à l’argument selon lequel les armes seraient destinées à la défense du pays. » Dans son entretien, le ministre visait également le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, qui avait tenu un discours similaire sur le fond à celui de Naïm Kassem lors d’un long entretien accordé à la chaîne al-Manar il y a une semaine.
« La guerre au Liban n’est pas un jeu individuel… Sa décision ne se prend pas au nom d’une communauté, mais avec la signature de toute la nation » a lancé pour sa part le ministre de l’Industrie, Joe Issa Khoury, dans une publication sur X.
Dans un long message sur la même plateforme adressé à Naïm Kassem, le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a énuméré plusieurs articles du Code pénal libanais qui sanctionnent des propos similaires à ceux tenus par le chef du Hezbollah. Le chef du parti chrétien a notamment cité l’article 329, qui punit « tout acte visant à empêcher un Libanais d’exercer ses droits (comme le droit de circuler, par exemple) », ou encore l’article 314, qui dispose que « les actes visant à semer la panique, commis par des moyens susceptibles de créer un danger public, tels que les explosifs, les matières inflammables, les substances toxiques ou destructrices, les agents microbiens ou pathogènes », sont considérés comme terroristes. Son cousin et député du même parti Nadim Gemayel, a quant à lui directement apostrophé le chef du Hezbollah : « Il n’y a pas de vie pour le Liban tant que vos armes sont en dehors de l’autorité de l’État. »
Ghayath Yazbeck, député des Forces libanaises à Batroun, s’est lui aussi manifesté sur X : « Le cheikh Naïm combat Israël par ses paroles et détruit le Liban par ses actes, après que la guerre a paralysé son parti, le rendant hors-service et transformant son action en simple phénomène sonore », a-t-il publié avant de poursuivre : « Ne nous menacez pas, cheikh, avec la Karbalaïsation (en référence à la mort de l'imam Hussein à Karbala dans une phrase du discours du chef du Hezbollah) : nous sommes déjà plongés dans un massacre général, et le nihilisme mortel dans lequel vous avez plongé le Liban n’a aucun rapport avec l’esprit sacré et sublime de Karbala. Épargnez l’environnement martyr et épargnez le Liban. »
Le député Ragy el-Saad, du Parti socialiste progressiste du leader druze Teymour Joumblatt, s'est également exprimé en estimant que les propos de Naïm Kassem » constituent aujourd’hui un tournant dangereux, car ils traduisent un refus de l’État et une détermination à maintenir le Liban comme terrain des projets iraniens ».




En ôtant le voile du H symbolique de la légèreté dans le tableau de Mendeleev le virus Ebola a fini par se montrer sous son jour le plus sombre de l’histoire du Liban et c’est dans la dernière page du dictionnaire Libanais et à la lettre Z perdue sciemment afin de devenir ZinZin que nous aurons la vraie traduction du mot HeZbollah!
11 h 04, le 16 août 2025